dimanche 25 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

L’artémisinine, dernière arme thérapeutique contre le paludisme, est menacée


Les traitements associés combinant l’artémisinine, font partie des traitements recommandés de première ligne contre le paludisme à plasmodium falciparum. En particulier l’association méfloquine-artémisinine est utilisée en Thaïlande depuis 1994, avec une efficacité >90% avec 42 jours de traitement. Mais une résistance du parasite à l’artémisinine, a été découverte dans l’ouest du Cambodge à Pailin, mettant à mal la volonté d’éradiquer la maladie. Les résistances aux médicaments précédemment de première ligne, comme la chloroquine et l’association sulfadoxine–pyrimethamine, avaient également pris naissance dans l’ouest du Cambodge avant de diffuser à l’ensemble de l’Asie du sud et puis à l’Afrique. Si la résistance à l’artémisinine est restée confinée à l’ouest du Cambodge, le long de la frontière Thaïlandaise, il sera nécessaire de mettre en place une zone de contingence et d’élimination régionale du parasite. Si la résistance à déjà diffusé, la zone de contingence devra être élargie et une nouvelle stratégie devra être mise en place.

Le long de la frontière Nord-Ouest de la Thaïlande, les échecs thérapeutiques à la combinaison artémisine-méfloquine ont augmenté. Une étude a donc été mise en place en Thaïlande à 150 kilomètres de cette frontière, afin d’évaluer la diffusion potentielle de la résistance du plasmodium falciparum à l’artémisinine (dans les villages de Maela, Wang Pha, Mae Kon Khen et Mawker).

Au cours des 10 années de suivi, le nombre de cas sévères n’a pas augmenté, ni la mortalité. Cependant les analyses montrent une résistance qui s’est progressivement accrue du parasite à l’artémisinine.

Si cette augmentation de la résistance constatée en Thaïlande continue à s’accroitre à la vitesse enregistrée dans l’étude, le niveau de résistance sera équivalent à celui de l’ouest du Cambodge dans 2 à 6 ans. Cette résistance va entrainer une augmentation des échecs thérapeutiques et un ralentissement de la vitesse de guérison des patients traités.

Est-il véritablement utile de tenter d’éradiquer le parasite au Cambodge alors que la résistance s’est génétiquement diffusée sur la frontière de la Thaïlande et du Myanmar ? Non, mais la zone de contingence doit être élargie, ceci d’autant plus que le risque que le Myanmar soit atteint, un pays à risque et au système de santé déficient, est grand. Si la résistance à l’artémisinine s’étend, c’est la dernière arme antiparasitaire efficace qui disparait et il n’existe à ce jour aucun produit pour le remplacer. Déjà, l’histoire de l’artémisinine était épique (voir article Docbuzz)

Source

Emergence of artemisinin-resistant malaria on the western border of Thailand: a longitudinal study
Aung Pyae Phyo, Standwell Nkhoma, Kasia Stepniewska, Elizabeth A Ashley, Shalini Nair, Rose McGready, Carit ler Mob, Salma Al-Saai,Arjen M Dondorp, Khin Maung Lwin, Pratap Singhasivanon, Nicholas PJ Day, Nicholas J White, Tim JC Anderson, François Nosten
The Lancet, Early Online Publication, 5 April 2012

Articles sur le même sujet