lundi 5 décembre 2016

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Vaccination anti-HPV : un peu moins de récurrence après une chirurgie du col

Une analyse rétrospective réalisée à partir d’un sous-groupe de patients issus de deux études d’évaluation de l’efficacité de la vaccination contre le HPV, tend à montrer que chez les femmes ayant eu besoin d’une chirurgie cervicale, ou chez qui une pathologie vulvaire ou cervicale avait été diagnostiquée (verrue génitale, néoplasie vulvaire ou vaginale), le fait d’avoir antérieurement reçu un vaccin contre le HPV, réduisait de 46% les conséquences d’une récurrence d’infection.

L’étude est publiée dans la revue Britannique The British Medical Journal. Lors d’un frottis, une anomalie des cellules  peut conduire les médecins à proposer aux femmes une conisation, c’est à dire une exérèse de la partie lésée du col utérin. Il a été montré que certains virus HPV pouvait faciliter la survenue de ces anomalies du col, comme la survenue de verrues génitales. Ce sont 1350 femmes de 15 à 26 ans ayant eu recours à une chirurgie du col utérin pour une pathologie vulvaire ou cervicale, qui ont été extraites de 2 études de plus grande envergure (plus de 17 000 femmes incluses). Parmi elles, certaines avaient reçu un vaccin anti-HPV (587) et d’autres non (763). On constatera d’abord que la vaccination contre le HPV n’empêche pas toujours la survenue de dysplasie du col, un stade précoce du cancer du col.

Cependant, selon les analyses statistiques réalisées, celles qui avaient reçu le vaccin bénéficiaient d’une réduction de 46% du risque de souffrir d’une pathologie du col liée aux virus HPV (cancer ou verrue génitale), et de 64% du risque d’un cancer du col le plus sévère. 

Cette étude rétrospective pose donc l’hypothèse d’un intérêt de la vaccination contre les virus HPV chez les femmes ayant présenté une pathologie vulvaire ou vaginale, précancéreuse ou non. Après traitement pour une dysplasie du col, une femme subi un risque de récidive de cancer du col. Une vaccination anti-HPV pourrait donc réduire ce risque comme chez les femmes chez qui une anomalie à type de verrue génitale a été diagnostiquée.

Les auteurs tempèrent cependant ces résultats puisque l’étude n’avait pas été lancée pour évaluer cet effet et que l’analyse est rétrospective. Par ailleurs, la prévalence des virus HPV étant très différentes en fonction des pays, cette étude rétrospective mélange des populations des différents continents aux prévalances diverses ne permettant pas de répondre à la question d’un impact plus important ou moins important en fonction du taux de prévalence moyenne des virus dans une population donnée (initialement, les femmes incluses ont été recrutée dans 13 pays, en Europe, en Amérique Latine, aux Etats-Unis et en Asie).

Cette hypothèse d’une réduction des conséquences d’une nouvelle pathologie à HPV après une chirurgie vulvaire ou vaginale est séduisante mais nécessite d’être dorénavant démontrée dans un essai clinique créé pour l’occasion afin d’être validée.

Source

Effect of the human papillomavirus (HPV) quadrivalent vaccine in a subgroup of women with cervical and vulvar disease: retrospective pooled analysis of trial data
Elmar A Jour, Suzanne M Garland, Jorma Paavonen, Daron G Ferris, Gonzalo Perez, Kevin A Aul, Warner K Huh, Heather L Sings, Margaret K. James, Richard M Haupt, for the FUTURE I and II Study Group
BMJ 2012;344:e1401

Crédit Photo Creative Commons by  in search for a new country of residence

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