Baclofène dans le sevrage alcoolique : 100 millions de comprimés vendus sans aucune étude clinique sérieuse mais avec le consentement de l’Afssaps

On nous avait dit plus jamais ça, mais le plus jamais n’existe vraisemblablement pas. Il y a quelques jours, cédant à des pressions d’ordre divers l’Afssaps a émis un avis favorable à la prescription d’un médicament chez les patients alcooliques nécessitant un sevrage, le baclofène. 25 000 patients sont traités par ce médicament en France sans qu’aucune étude clinique ne valide cette stratégie thérapeutique et surtout sans que le rapport bénéfice/risque du produit ne soit démontré.

Aujourd’hui, pour qu’un médicament soit prescrit en France, il faut (normalement) qu’il ait un dossier clinique complet déposé auprès des autorités Européennes puis Françaises permettant de démontrer non seulement son efficacité clinique dans une indication précise, chez des patients précis, mais aussi un bilan de pharmacovigilance faisant état des effets secondaires potentiels. Autoriser un médicament à la prescription sans aucun de ces deux critère est-il possible en 2012 en France ? Oui, nous démontre l’Afssaps par son communiqué de presse du mardi 24 Avril, autorisant la prescription du baclofène dans le sevrage alcoolique.

Qu’est-ce que le Baclofène? Le Baclofène est un médicament myorelaxant utilisé dans quelques pathologies neurologiques graves, sclérose en plaque, blessure de la moelle épinière, pour soulager des spasmes musculaires. Dans cette indication, les études restent parcellaires et n’incluent généralement que quelques cas. L’AMM a été délivré en 1975, soit il y a 37 ans. Dans aucun pays au monde le baclofène n’a d’autorisation de mise sur le marché dans le sevrage alcoolique.

Mais depuis un an, les médecins ne font plus de science, ce sont les associations et la presse grand public qui modèle les avis de l’Afssaps et de l’opinion dans son ensemble : Par exemple, aucun journal, aucun journaliste ne trouve curieux que l’Afssaps autorise la prescription du baclofène sans pour autant qu’aucune étude scientifique sérieuse n’ait été réalisée ni publiée. L’association qui milite pour la reconnaissance du Baclofène comme traitement du sevrage alcoolique a plaisir à citer ces nouvelles revues médicales : « De très nombreux médias ont repris l’information de concernant la position de l’Afssaps de façon  positive y voyant une avancée. Parmi eux : France soir.fr – Alcoolisme : Le Baclofène autorisé au cas par cas Destination Santé.com – Alcoolo-dépendance : le baclofène « au cas par cas » L’alsace.fr – Maladie : l’agence du médicament admet l’usage… ». La presse contribue fortement à « vendre » ce médicament dans cette indication alors que rappelons-le, la loi interdit en France de faire de la promotion pour un médicament auprès du grand public : La journaliste Lyse Lucet parle de « médicament révolutionnaire », David Pujadas pour France 2 évoque « la pilule de l’espoir contre l’alcoolisme », pour BFM TV, « l’autorisation du baclofène par l’Afssaps est une victoire »…

Cette même association, convaincue de l’efficacité du baclofène dans le sevrage alcoolique a lancé une pétition, intitulée « Le SCANDALE du Baclofène ! Obtenons au plus vite une extension de l’AMM« . Encore un scandale, le mot est à la mode. Cette pétition prétend que « La découverte d’un médicament enfin efficace dans l’alcoolisme, le Baclofène, suscite un formidable espoir« , que « Cette avancée thérapeutique » a été révélée au grand public en 2008 par la publication du livre «Le dernier verre» écrit par le Professeur Olivier AMEISEN » (18,29 euros), que « Le Baclofène au prix modique, peut sauver des dizaines de milliers de vies » que « des médecins obtiennent des résultats exceptionnels pour cette maladie dite inguérissable et des malades ainsi traités témoignent de leur guérison« . Et l’affaire marche, les médias sont là, relayent l’information sans aucun esprit critique, sans rechercher les publications qui permettraient d’étayer ces dires. Nous voilà revenu au temps des rebouteurs guérisseurs, quelques cas positifs et on se met à prescrire. Peu importe, les journalistes tiennent une histoire, ils publient ; que des milliers de patients utilisent ensuite un médicament dans une indication non validée n’intéresse finalement personne. Et évidemment l’efficacité prétendue n’est pas référencée sinon par un livre, encore un, une méthode peu scientifique surtout quand on juge de l’efficacité d’un médicament sur un seul patient. Dans certaines pathologies, les placebos ont une efficacité qui va jusqu’à 20-30% des patients, c’est pour cela que l’on mène dorénavant des études contrôlées, randomisées, en double aveugle et contre placebo avant de prétendre à l’efficacité d’un médicament. L’Afssaps a une nouvelle fois violée cette règle de base de la sécurité scientifique.

Quelles preuves possède le Baclofène dans le sevrage alcoolique? Mettons de côté le fameux ouvrage, nouvel exemple de la guérison miraculeuse, à ranger dans la catégorie de la perte de poids prodigieuse de la dernière héroïne de série télévisée, ou au recouvrement du vol ascensionnel de la fée clochette.

Le même auteur qsue celui du livre à 18, 26 euros, A. Ameisen a publié un essai en ouvert, de 60 patients suivi pendant 3 mois seulement. La méthodologie est digne des début du vingtième siècle. Les auteurs rapportent que « 88% des patients étaient catégorisés comme succès et 12% comme échecs ». Et si 80% des patients ont présentés des effets secondaires, « ils ne devraient en rien constituer une limite à l’utilisation du baclofène à haute dose » estiment encore les auteurs.

Cet article récemment publié est l’occasion de  revoir les références des études déjà publiées sur le baclofène : Une première étude de 2000 a inclus 9 patients. Une seconde étude de 2007 publiée dans la revue anglaise The Lancet a inclus 148 patients cirrhotiques suivis également pour 3 mois : mais seulement 30 patients sous baclofène ont fini l’étude obtenant certes une durée d’abstinence doublée (une série sur 1 an de suivi ayant inclus 132 patients est en cours de publication). Une troisième publication concerne le cas unique d’un patient schizophrène alcoolo-dépendant, une quatrième le cas particulier du Dr Ameisen, une cinquième encore un cas unique de patient traité par 140 mg de baclofène. On trouve une sixième étude de 2004 ayant inclus 12 patients en ouvert et une autre en 2002 avec 39 patients dont 20 traités par baclofène, et voilà, c’est tout. Voilà le dossier clinique du baclofène dans l’alcoolo-dépendance avec lequel les experts de l’Afssaps s’autorise à délivrer une autorisation de prescription ; au total moins de 200 patients sous baclofène, à des doses variables, pour des durées courtes, avec des résultats difficilement quantifiable. En 2012, la vérité scientifique ne devrait plus se baser sur des cas miraculeux et rares.

Dans son point d’information l’Afssaps reconnait d’ailleurs :

– Que « l’efficacité du baclofène dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance n’est pas encore démontrée à ce jour« ,
– Que seules des « données observationnelles montrent des bénéfices cliniques » et cela uniquement « chez certains patients« ,
– Que « les données de pharmacovigilance sont très limitées »
– Qu’une « meilleure connaissance du profil de sécurité d’emploi du baclofène (..) est absolument nécessaire« ,
– Que les données dont on dispose ne « permettent de définir ni la fourchette thérapeutique optimale, ni le schéma d’augmentation des doses« , autrement dit personne de sait à quelle dose prescrire le baclofène, à quelle dose il va être toxique, etc

Et malgré cela, malgré l’absence de preuve, de connaissance des effets secondaires, qui sont nombreux et potentiellement grave, comment expliquer que l’Afssaps autorise la prescription?

Un médecin peut-il prescrire dans ces conditions? Se dire que l’on a rien d’autre ou peu de chose est-il suffisant pour exposer le patient à un risque sachant que le rapport bénéfice/risque n’est pas établi? L’Afsaaps justifie sa décision par « l’enjeux de santé publique que représente la lutte contre l’alcoolisme » ainsi que par « de nouvelles données relatives à l’utilisation et à la sécurité d’emploi du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance ». Ces nouvelles données sont en fait un receuil des effets secondaires provoqués par le baclofène. Le auteurs concluent qu’en fait moins de 0.5% des cas sont déclarés créant ce un frein à la bonne connaissance du profil de sécurité du baclofène dans le traitement des addictions, jugeant cependant que « les effets indésirables observés du baclofène ne remettent pas en question la poursuite de son utilisation hors AMM » tout en réclamant une poursuite de la surveillance en ce qui concerne de nombreux effets incluant des cas de décès:
–  troubles neurologiques: convulsions, syndrome des jambes sans repos, déclenchement d’encéphalopathie hépatique,     troubles extrapyramidaux
– troubles cardiovasculaires,
– accumulation en cas d’insuffisance rénale,
– troubles cardiovasculaires,
– troubles hépatiques,
– abus, pharmacodépendance, recherche d’effet plaisant,
– syndrome amotivationnel,
– hémorragies digestives,
– syndrome de sevrage sérotoninergique,
– interaction alcool-baclofène chez les patients non-abstinents,
– décès qui s’élèvent à 4% des notifications.

« l’enjeux de santé publique que représente la lutte contre l’alcoolisme » justifie t-il de prescrire un médicament sans démonstration identifiée? Cette lutte ne devrait-elle pas commencer en amont avant que les individus deviennent alcooliques, avant que les publicités et autres moyens marketing des industriels de l’alcool n’influence les plus faibles? Les lobbys sont-ils trop fort? Est-ce ainsi que le ministère de la santé gère la fonction préventive de la santé publique?

L’état paye des milliers de scientifiques dans différents centres de recherche chaque années. Ne serait-ce pas le moment  que nos scientifiques fonctionnaires fassent un peu de développement pharmaceutique et évaluent l’efficacité réelle du baclofène avant de tirer des conclusions (une étude a été débutée en 2012 mais ne remplira à priori pas les conditions minimale des études réclamées pour un dépôt d’AMM).  Récemment, il a même été proposé que les nouveaux AMM ne soient délivré qu’à la condition qu’un médicament fasse la preuve d’une efficacité supérieure aux produits existant déjà sur le marché. L’idée est bonne. Sauf pour le baclofène? Les bonnes résolutions d’il y a un an sont donc déjà devenues caduques? Un article publié dans la Presse Médicale et écrit par le Dr Rolland du service d’addictologie du CHRU de Lille, le réclame pourtant.

Cette situation est unique et la démarche de la France et de l’Afssaps l’est également. Si on peut comprendre la démarche d’une association qui défend une idée et la médiatise, si on peut comprendre la volonté d’aider des patients en quête d’une guérison salvatrice, qu’arrivera t-il si demain, après que des milliers patients aient été traités par le baclofène avec la bénédiction de l’Afsaaps, soit finalement découvert  une augmentation de la mortalité sous baclofène, alors que toutes les règles modernes d’autorisation d’un médicament aient été violées ?

Source

Ability of baclofen in reducing alcohol craving and intake: II–Preliminary clinical evidence
Addolorato G, Caputo F, Capristo E, Colombo G, Gessa GL, Gasbarrini G
Alcohol Clin Exp Res. 2000 Jan;24(1):67-71.

Effectiveness and safety of baclofen for maintenance of alcohol abstinence in alcohol-dependent patients with liver cirrhosis: randomised, double-blind controlled study
Giovanni Addolorato, Lorenzo Leggio, Anna Ferrulli, Silvia Cardone, Luisa Vonghia, Antonio Mirijello, Ludovico Abenavoli, Cristina D’Angelo, Fabio Caputo, Antonella Zambon, Prof Paul S Haber, Prof Giovanni Gasbarrini
The Lancet, Volume 370, Issue 9603, Pages 1915 – 1922, 8 December 2007

[PDF] Point d’information Mise en garde sur l’utilisation hors … – Afssaps
www.afssaps.fr/content/download/…/Point-info-Baclofène-2011.pdf
Format de fichier: PDF/Adobe Acrobat – Afficher
3 juin 2011 – L’utilisation hors AMM du baclofène (Lioresal® et génériques) dans le bénéfice du baclofène dans l’alcoolo-dépendance n’est pas démontré 

25 thoughts on “Baclofène dans le sevrage alcoolique : 100 millions de comprimés vendus sans aucune étude clinique sérieuse mais avec le consentement de l’Afssaps

  1. Bonsoir.

    Bravo pour cet excellent article. J’espère que cet article sera largement publié.

    Blasius

  2. Bonsoir

    Dans cette histoire vous oubliez au moins trois choses.

    – Que ses études sérieuses, baclofène contre Naltrexone ont été réclamées en vain par Olivier Ameisen depuis 2005 et sabotées ou repoussées à dessein par ceux qui n’avaient aucun intérêt à voir le baclofène reconnu.

    – Que l’alcoolisme fait 120 morts par jour sans qu’aucun traitement ne soit capable d’enrayer cela, alors que le baclofène, connu depuis 40 ans, n’a jamais tué quiconque en prise orale.

    – Que le baclofène est prescrit depuis 2009 par des médecins qui ont pris leur responsabilités et que par conséquent les succès se comptent désormais en milliers sur des durées largement supérieures à 3 mois

    Quant à l’Afssaps, elle n’a pas reculé sous la pression des médias mais plutôt par peur d’un procès dénonçant sa responsabilité, avec d’autres, dans un scandale qui dure depuis 7 ans.
    Je vous invite à lire ceci http://www.books.fr/blog/la-saga-du-baclofne-3-le-vent-tourne/ ainsi que les tomes 1 et 2

    Sylvie Imbert – Présidente de l’association BACLOFENE

  3. Lutter contre l’alcoolisme et aider les personnes en souffrant est absolument indispensable. Les meilleurs arguments du monde ne permettent pas d’éviter de réaliser des études d’efficacité avant d’utiliser un traitement médical dans une indication propre. C’est la meilleure manière de tenter d’éviter de découvrir des années après un effet secondaire ignoré ou un manque d’efficacité.
    Merci de votre commentaire

  4. 120 morts par jour, la moitié au minimum pourrait être sauvée grâce à un vieux médicament qui a fait zéro mort en 40 années d’utilisation… pas besoin d’être un grand « expert » pour avoir une petite idée sur le bénéfice/risque !

    Aucun décès dû au Baclofène, un rapport commandité par l’Afssaps le confirme : http://www.baclofene.com/index.php?p=topic&t_id=56

    TOUS les effets secondaires rencontrés pendant le traitement sont réversibles et disparaissent totalement après guérison lorsque le malade est redescendu à sa dose d’entretien.

    Bien sûr attendons les résultats des essais cliniques qui n’ont jamais commencés depuis 2006 ! si d’aventures ils commencent nous aurons des résultats vraisemblablement inutilisables en 2014.
    Aucun labo ne fera une demande d’AMM pour un médicament générique à 3 € la boite et qui fera perdre des millions d’euros sur des médicaments tout aussi inefficaces que rentables !

    Et d’ici à 2014, cela ne fera que 80 000 morts de plus, un détail par rapport au 300 000 morts déjà comptabilisés depuis 2004 !

    C’est certain, le Médiator c’est de la « rigolade » comme scandale de santé, 2 000 à 5 000 morts… la belle affaire ! celui qui ce dessine, a plutôt des allures de génocide !

    La solution n’est plus médicale, elle est politique, c’est la raison pour laquelle nous avons mis en ligne une pétition : « Le SCANDALE du Baclofène ! Obtenons au plus vite une extension de l’AMM » http://liencs.fr/040

    Yves BRASEY Vice-Président de l’Association Baclofène http://www.baclofene.org et http://www.baclofene.com pour le forum d’entraide.

  5. L’auteur anonyme de cet article partial a-t-il des conflits d’intérêts? Qui est-il ? Un peu de courage!

  6. Quel type de conflit d’intérêt pourrait avoir les auteurs? Curieuse approche. En tous les cas soyez rassuré, ils n’en ont aucun. Votre attaque nous rappelle celle que les journalistes de Science et Avenir qui prétendaient que les benzodiazépines provoquaient la maladie d’Alzheimer à l’aide d’une étude non publiée, ont tenté suite à notre article sur le sujet…Cette fameuse étude devait être publiée en décembre 2011, on l’attend toujours et probablement attendra t-on longtemps.
    Notre article se base sur les publications scientifiques existantes. Si nous en avons oublié dites le nous. Il ne semble pas. Et ces publications ne sont, à notre avis, absolument pas suffisamment rigoureuses pour obtenir une AMM en 2012. Notre état finance suffisamment de brillants scientifiques pour mettre en place une ou plusieurs études cliniques qui prouverait l’intérêt du Baclofène. L’histoire de notre médecins a trop souvent vu des médicaments « miracles » s’effondrer pour effets secondaires ou insuffisance d’efficacité après que les bonnes études aient été réalisées. Faire des études rigoureuse est la seule manière de protéger les patients.
    Merci de votre commentaire

  7. « Quel type de conflit d’intérêt pourrait avoir les auteurs? »

    Je comprends la question du Pr GRANGER, cet article est digne d’être écrit par un des très médiatisés anti-baclo.

    Un de ces Pr ou Dr très haut placé à la SFA et/ou à la FFA, pourfendeur du Baclofène et défenseur/promoteur du Nalmefène bientôt commercialisé sous le nom de Selincro.
    Il s’agit des Pr PAILLE et AUBIN, du Dr BATEL, qui sont Président d’honneur, Vice-Président, administrateurs… et TOUS en plein conflits d’intérêts avec le laboratoire Lundbeck fabricant du Nalmefène… tous les détails et documents officiels sont ici : http://www.baclofene.org/baclofene/category/sfa-ffa-afssaps/conflits-dinterets
    A moins qu’il ne s’agisse des Pr Detilleux ou Reynaud sabordeurs des essais cliniques… ou d’autres du même acabit… enfin tous ceux qui profitent et ne veulent pas lâcher la poule aux œufs d’or : les 20 milliards d’euros que nous leur donnons chaque année pour des résultats plutôt médiocres et largement inférieurs à ceux du Baclofène.
    A moins qu’il ne s’agisse d’un ardent défenseur qui depuis 1935 prône « point de salut hors de l’abstinence à vie ». C’est dur de voir s’effondrer un fond de commerce et 77 ans de croyance. Dur aussi pour les guéris qui subissent les affres de l’abstinence…
    Qu’on se le dise, l’alcoolo-dépendance est une véritable maladie (OMS), ce n’est ni une tare, ni un péché, ni un manque de volonté. Une fois le malade guérit, il redevient normal et retrouve son libre arbitre vis à vis de l’alcool. En France c’est 80% de consommateurs et 20 % de non consommateurs comme certains n’aiment pas la viande ou le fromage.

    Je ne sais pas si vous avez oublié des publications scientifiques, mais peut-être n’avez-vous pas pris en considération :
    – cette thèse de médecine http://www.baclofene.org/baclofene/alcool-et-baclofene-etude-de-132-personnes-suivies-pendant-un-an-en-ambulatoire 132 malades suivis pendant un an en ambulatoire, 80 % de réussite.
    – notre forum où nous enregistrons chaque mois une vingtaine de guérisons (140 guéris et 3 abandons en quelques mois). http://www.baclofene.com
    – les médecins généralistes et psy qui sont de plus en plus nombreux à prescrire : leurs propres constats d’efficacité et le bouche à oreille correspondant.
    – les hôpitaux, voire CHU qui prescrivent.
    – etc…

    Yves BRASEY Association Baclofène http://www.baclofene.org

  8. Je suis bien dubitative devant votre article. Si vous étiez ou aviez été concerné directement par ce lourd problème d’alcool, si quelqu’un qui vous est très cher en était au point de se supprimer à petit feu avec tantôt une bouteille de whisky, tantôt une bouteille de Vodka, sans rien avaler d’autre, ni eau, ni aliment, à deux doigts de devenir SDF, en était à subir des douleurs physiques insoutenables, des nuits atroces, des jours terribles, à n’avoir comme raison d’exister que le souci d’aller s’approvisionner, tout ceci après avoir connu, durant des mois, hospitalisations, traitements par antidépresseurs, anxiolytiques, Révia et Aotal, consultations chez divers psychiatres et médecins, cures, et si vous assistiez à la guérison de cette personne, après un petit mois de traitement au baclofène, votre raisonnement serait-il le même ?
    hbbb

  9. Merci à Aubes (baclofène.fr) de m’avoir soutenue dans ce lourd combat contre l’alcool et le monde médical réticent.

  10. Bonsoir. Avec les réponses de ce jour il y a la possibilités de constater encore une autre particularité des amis du baclofène en France.

    En France on trouve deux associations Baclofène qui se tirent joliment dans les jambes.

    Je crois qu’il fallait rien d’autre …. pour se rendre ridicule.

    Il me semble que le chiffre de 120 morts par jour ne touchant pas des « malades » alcoolo-dépendance, de se fait pas de « consommateur du baclofène ».

  11. Merci de votre réponse. Vous dites ne pas avoir de conflits d’intérêts. Tant mieux, même s’il est impossible de le vérifier. Je regrette que l’auteur de cet article s’abrite derrière un confortable anonymat et n’assume pas ses positions.
    La question des conflits d’intérêts se pose toujours et il a été sufisament démontré qu’un auteur ayant des liens d’intérêt avec une firme ou une institution a tendance à favoriser ces dernières plutôt que de suivre une approche plus objective des problèmes. Beaucoup d’opposants au baclofène, qui tiennent d’ailleurs souvent des discours plus mesurés et plus informés que le vôtre, ont effectivement des conflits d’intérêts, d’où ma légitime interrogation.
    Dans votre article, avec un manque de sérieux assez frappant, vous omettez de citer l’étude récente de Rigal et coll. (Alcohol and Alcoholism, 2012, 19 mars) qui porte sur 181 patients alcoolodépendants suivis pendant un an et qui montre une efficacité de 58 % du baclofène pour supprimer la consommation d’alcool ou la rendre normale (si on considère que les perdus de vue sont des échecs).
    Les preuves d’efficacité du baclofène reposent aussi sur un très grand nombre d’observations cliniques et de témoignages qui, curieusement, ne sont pas pris en compte par certains « savants » qui, tel l’auteur anonyme de ce texte, travaillent derrière leur ordinateur, ne semblent avoir aucune expérience concrète de ce dont ils parlent, et abandonnent tout bon sens au profit d’une vision étroite de la preuve. Certaines de ces observations, très éloquentes et que vous ne citez pas, viennent d’être publiées par le Journal of Clinical Psychopharmacology (vol. 32, p. 266-268).
    Par ailleurs, les retombées financières liées au baclofène n’intéressant pas les firmes pharmaceutiques et la recherche publique française étant entravée par la bureaucratie sanitaire, les études que méritent le baclofène, et dont vous déplorer à juste titre l’absence, se font avec un retard préjudiciable pour les patients. Cela ne signifie pas qu’il est inefficace et qu’il faille attendre encore des années.
    De plus, les méthodes qui sont pour vous l’alpha et l’oméga de la démonstration scientifique sont malheureusement faillibles et souvent suspectes, car presque toujours mises en oeuvres par les laboratoires dans l’espoir de faire des bénéfices, comme l’a montré le scandale du Vioxx, par exemple.
    Le baclofène est un produit ancien, relativement bien connu dans ses effets indésirables, y compris à fortes doses. De toute façon,comme cela se fait avec tous les autres médicaments, la seule façon de connaître ses effets à long terme est de le prescrire sous surveillance, ce que recommande l’Afssaps et ce que font les prescripteurs de baclofène.
    Pour finir, l’alcoolisme est un fléau tel que votre raisonnement pourrait s’admettre pour une maladie bénigne, par pour une maladie potentiellement mortelle.

  12. Article intéressant, commentaires passionnants, notamment ceux du Pr Granger. Au lieu de riposter sur le plan scientifique, il se contente de dénigrer l’auteur, de le rendre suspect. A défaut de répartie, on discrédite…

    Dommage que le Professeur Granger n’ait pas non plus déclaré ses propres conflits d’intérêts…

  13. J’argumente longuement sur le plan scientifique et je cite deux publications non référencées par l’article, dont la plus importante série de patients traités par baclofène jamais publiée : cela discrédite effectivement l’auteur de cet article qui ne rend pas compte de façon complète des données de la littérature sur le baclofène, contrairement à ce qu’il affirme. Je souligne le fait que l’auteur reste anonyme, ce qui rend la discussion déséquilibrée. J’ajoute que je n’ai aucun lien d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique.

  14. On peut remercier le Pr Granger pour la qualité de ses éclaircissements et la patience de ses réponses.

    Pour reprendre sa conclusion, j’ajoute comme chacun des intervenants que la liste des effets secondaires de l’alcool est elle aussi conséquente, dont celui-ci : c’est un psychotrope puissamment addictif pour certains — on parle de 5% de la population — qui est donné pour mener à la mort ± 30 000 personnes par an.
    Alors même qu’on peut s’en procurer sans ordonnance à toute heure du jour et de la nuit, on ne trouve pas de mises en garde contre l’alcool dans la littérature de l’Afssaps.

    Par ailleurs, l’Afssaps a dénombré 20 000 prescriptions de baclofène contre l’alcoolisme ; c’est dire à l’auteur que l’essai qu’il réclame est en train de se dérouler, en vraie grandeur, avec des patients cobayes et conscients de l’être.
    Et pour rassurer cet auteur, l’Afssaps n’a pas décelé de ruée particulière vers les services d’urgences : elle se plaint même d’être tenue à l’écart si j’ai bien compris, une histoire de manque de notification d’effets indésirables.

    Le chemin naturel d’un alcoolique, c’est la prison, la rue, l’hôpital psychiatrique ou la mort. Et il n’existe pas de thérapeutique efficace contre cette maladie — hors semble-t-il le baclofène à haute dose.
    De quoi veut-on protéger ceux qui essaient d’échapper à ce terrible destin ?

  15. Le baclofène c’est du « passé ». En avant avec le …. Iomazenil. Ainsi le Prof. O. Ameisen va certainement se faire oublier rapidement. Ce que je trouverai bien. Il me semble qu’un médecin qui a eu des troubles d’alcoolisation devrait se comporter comme n’importe quelle personne qui a eu des troubles d’alcoolisation. Moi personnellement je me fais assez discret depuis que je me suis fait piéger par l’alcool. Et ça me servira à rien à publier un livre pour expliquer comment j’ai fait pour pouvoir consommer de nouveau de l’alcool. Utiliser un médicament est la preuve que le +patient » n’arrive pas à se faire confiance. Mauvais signe et preuve que la guérison n’a pas eu lieu. C’est ce que je pense.

  16. L’exposé d’avis divergents est toujours intéressant. Il y a cependant la réalité scientifique et le reste. Nos auteurs traduisent ce que la littérature médicale publie. Ils ne cherchent pas à avoir raison, mais exposent les preuves existantes ou l’absence de preuves. Prenons un exemple. Le Pr Granger reprochent aux auteurs de l’article d’avoir omis « la plus importante série de patients traités par baclofène jamais publiée »! Diable! Quelle erreur! Honte sur nos auteurs! Pan sur le bec dirait l’autre, à moins que cette diatribe ne cache quelque chose..
    Retournons tout d’abord à cet article Docbuzz. Oh, c’est curieux, on y trouve cette phrase : «une série sur 1 an de suivi est en cours de publication». Et cette étude accessible par un lien hypertexte est la fameuse étude que nos auteurs auraient omise. Bonne nouvelle, car en fait elle ne le fut pas. Pan sur le bec de Mr G. Cette étude n’a pas été plus avant commentée par nos auteurs car elle n’offre aucune preuve supplémentaire. Que disent les scientifiques ayant réalisé cette « plus importante série de patients traités par baclofène jamais publiée » : « Sur les 181 patients inclus, un suivi n’a été possible que sur 132 » ; deux remarques sans perfidie aucune : perdre ainsi 49 patients ne rend pas forcément utilisable ces résultats, qu’en pensez-vous Mr G. ? Ils ajoutent « Après un an, 80% des 132 étaient abstinents (78) ou continuaient à boire (28)« , encore 20% de perdus pour l’analyse. Est-ce vraiment sérieux en 2012 avec cette « plus importante série » d’avoir une autorisation de mise sur le marché? Les scientifiques concluent d’ailleurs «que l’utilisation de hautes doses de baclofène devrait être testée dans une étude randomisée contre placebo chez des buveurs à haut risque». Ils réclament de nouvelles études, et c’est exactement la conclusion de nos auteurs. Ces scientifiques (français) ne prétendent pas que leur étude permet tout mais qu’elle ouvre la porte à la réalisation d’une véritable étude randomisée, une parole sage. Une série n’est pas et ne sera jamais une démonstration d’efficacité. Nos auteurs ne prétendent pas que le baclofène n’est pas un médicament intéressant mais qu’il est inconscient de le croire et de le faire croire efficace sans l’avoir démontré.
    Néanmoins merci aux défenseurs du baclofène de s’exprimer. C’est toujours instructif.
    Merci de tous vos commentaires

  17. Sacrifions à l’analyse de texte.
    «(Une série sur 1 an de suivi est en cours de publication)» est une maxime sybilline placée entre parenthèses en fin de phrase au milieu d’un paragraphe.
    On comprend que, comme elle est en cours de publication, l’auteur dont on apprend qu’ils étaient plusieurs, n’en a pas eu connaissance. Forcément, sinon ils l’auraient lue et analysée.
    Cependant, on peut se souvenir que c’est la publication en ligne de cette série dans la revue « Alcohol et Alcoholism » le 19 mars 2012 — il y a 2 mois — qui a déclenché une vive réaction du Pr Granger.
    Celui-ci a alors sommé l’Afssaps de réagir, ce qu’elle a été prompte à faire.
    Et l’Afssaps elle-même a invoqué en tête de son nouvel avis de « nouvelles données relatives à l’utilisation et à la sécurité d’emploi du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance » : toujours cette série.
    À présent, la Rédaction a réussi à lire le document. Elle en extrait des chiffres qui montrent qu’elle ne les comprend pas — ce sera certainement pour une autre fois.
    Bref, il faut retenir que sans l’avoir lue et bien qu’elle fonde la décision qu’ils critiquent, les auteurs ont eu parfaitement raison de ne pas citer cette étude, dont toutefois ils ont mentionné l’existence attention ! et que de toute façon elle abonde en leur sens et c’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont écrit l’article.
    Remercions-les à notre tour.

  18. Bonjour

    Je cite Jérôme Colomer:

    « Le chemin naturel d’un alcoolique, c’est la prison, la rue, l’hôpital psychiatrique ou la mort. »

    Je trouve qu’il s’agit là de la « prose » des Alcooliques Anonymes. Cette « prose » date bien d’environ 1935. Le Prof. O. Ameisen s’est nourri de cette « prose » pendant bien des réunions et durant bien des mois de fréquentations de ces réunions (plusieurs par jour). Il admet que ses connaissances de la « maladie alcoolique » vient en grande partie du « savoir faire » des Alcooliques Anonymes. De nos jours on ne parle (exemple le Prof. Ph. Batel) plus tellement de « maladie alcoolique », « maladie incurable ». Ainsi je trouve l’expression « troubles d’alcoolisation » plus adapté. Ce que je trouve surprenant c’est que J. Colomer « utilise » les « pensées » des Alcooliques Anonymes et compte sur l’aide du baclofène pour traiter l’alcoolo-dépendance.

  19. Tout cela n’apporte pas d’étude supplémentaires d’efficacité aux patients à qui ce traitement est prescrit. Toutefois, pour Mr Golomer qui ne semble pas posséder les subtilités des publications scientifiques, une précision d’importance : l’objectif final d’une étude acceptée par une revue scientifique est d’être publiée sous une forme papier : ainsi, lorsqu’il est précisé que cette étude est en attente de publication (ou préprint pour les anglo-saxons), c’est que cela n’a pas encore été fait mais que l’étude est lisible on line d’où le lien hypertexte qui y était associé. Et pour l’AFSSAPS, « l’efficacité du baclofène dans la prise en charge de l’alcoolo-dépendance n’est pas encore démontrée à ce jour« 
    Nous comptons sur la vigilance de Mr Golomer pour nous avertir dès qu’une étude prouvant l’efficacité clinique du Baclofène sera publiée. Ce sera peut-être un grand jour pour les médecins qui ne seront plus contraints de prescrire sans preuve.

  20. Je viens de découvrir les passionnants échanges autour de cet article.

    En fin de compte, les patients et les médecins qui acceptent de prescrir se moquent bien des études et n’ont besoin d’autres preuves que celles qu’ils constatent par eux même.

    Dans deux ans, les preuves seront là, en attendant certains pensent à sauver leur peau et d’autres les y aident …

  21. Bonsoir Sylvie

    Deux ans, ce que je sais ce qui va se passer durant deux ans, des alcoolo-dépendants vont se guérir … question de motivation et quelques fois également question de survie. Les 120 morts par jour ne se trouvent pas dans les alcoolo-dépendants, mais dans les buveurs excessifs. Pour eux le Iomazenil va éventuellement faire ses preuves. Et … le Prof. O. Ameisen doit prendre une décision concernant ses deux brevets déposés concernant le baclofène prise en haute dose pour soigner les troubles d’alcoolisation. Il a le choix entre les exploiter ou éventuellement … les laisser tomber? Et ce qui n’est pas à oublier non plus. De nouveaux buveurs excessifs vont devenir des nouveaux alcoolo-dépendants, ils vont se faire soigner et guérir aussi bien sans baclofène, simple question de survie et je trouve que c’est largement préférable pour pouvoir consommer de temps à temps de l’alcool …. avec plaisir …. sans utiliser un médicament qui dit « Voilà l’indifférence ». Ma conclusion: J’espère que durant deux ans de vrais responsabilités vont se prendre. Pour sauver sa peau il n’y a rien de mieux que compter sur soi-même. Ça c’est la liberté. Autrement c’est le « triangle dramatique » qui fonctionne selon le principe …. je suis victime de l’alcool, je me fais sauver, mais je serai toujours au merci du sauveur qui peut devenir … bourreau.

  22. Bonsoir.

    Je ne sais pas si le Prof. B. Granger a connaissance de ce texte du Prof. O. Ameisen?

    http://www.olivierameisen.fr/baclofene/alcoolisme-et-baclofene-rfi-le-18-mai-2012/

    Je cite une phrase du Prof. O. Ameisen:

    « Les médecins que j’ai médiatisés grâce à ma découverte, Drs et Prs Granger, de Beaurepaire, Rapp, Batel, Joussaume, Gache, Raynaud etc. gagneraient en crédibilité à révéler publiquement si oui on non ils vivent ces maladies, le baclofène. »

    J’ai comme l’impression que dans toute cette « affaire » il y a encore bien d’autres conflits que les conflits d’intérêts.

    Blasius

  23. L’ANSM a finalement décidé d’autoriser la prescription du baclofène par les médecins sans qu’aucun élément probant (au sens de la Rédaction) n’ait été publié, i.e. rendu public pour qui ne possède pas les subtilités de la langue française.

  24. Cet article est complètement périmé.
    Il y a actuellement des preuves de l’efficacité du Baclofène, études Française et allemande.
    Le Baclofène n’est pas favorable au business des psy et de l’addictologie !

  25. Le baclofène reste une exception française, faisant l’objet seulement d’une recommandation Temporaire d’Utilisation. Aucun autre pays au Monde ne reconnait pour l’instant son intérêt dans le sevrage alcoolique. Les études sérieuses manquent encore.

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