mardi 27 septembre 2016

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Notre monde est de plus en plus hypertendu, diabétique, obèse et cancéreux

Hypertension, diabète et cancers font partie de ce que l’OMS appelle les maladies non transmissibles, en opposition aux maladies infectieuses. Ces maladies non transmissibles sont en forte hausse selon les dernières statistiques de l’OMS. Maladies cardiovasculaires et cancers vont tuer de plus en plus alors que les décès liés aux maladies infectieuses vont se réduire. L’OMS a analysé les données de 194 pays.

Sur les 57 millions de décès survenus dans le monde en 2008, 36 millions (63 %) étaient dus à des maladies non transmissibles. D’après les projections, le nombre annuel de décès par maladie cardiovasculaire devrait passer de 17 millions en 2008 à 25 millions à 2030, tandis que les décès dus au cancer devraient augmenter de 7,6 millions à 13 millions. À partir de ces tendances, on obtient une projection pour 2030 du nombre total annuel de décès par MNT de 55 millions – tandis que les projections de la mor- talité annuelle par maladie infectieuse prévoient une baisse de ce paramètre sur les 20 prochaines années.

En 2008, 80 % environ des décès prématurés liés à ces maladies non transmissibles (29 millions) se sont produits dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. En outre, on estime que dans ces pays, 48 % de ces décès touchent des personnes de moins de 70 ans,  contre 26 % dans les pays à revenu élevé et 44 % en moyenne dans le monde. À tous âges, les adultes des pays à revenu faible ou intermédiaire sont exposés à un risque plus important de décès que les adultes des pays à revenu élevé. Un grand nombre de ces décès pourraient être évités par la réduction des risques sanitaires et l’amélioration des soins médicaux.

Maladies cardiovasculaires : hypertension, diabète et obésité

Parmi les maladies non transmissibles, les maladies cardiovasculaires sont à l’origine du plus fort pourcentage de décès (48 %), suivies par les cancers (21 %) et les maladies respiratoires chroniques (12 %). Les diabètes sont directement responsables de 3,5 % des décès. On estime que certains facteurs de risque comportementaux, dont le tabagisme, l’inactivité physique, la mauvaise alimentation et l’usage nocif de l’alcool, sont responsables d’environ 80 % des maladies cardiovasculaires, à travers les cardiopathies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires (accident vasculaires cérébraux).

Ces facteurs de risque comportementaux entraînent quatre changements métaboliques et/ou physiologiques importants: une élévation de la pression artérielle (hypertension artérielle), une prise de poids évoluant vers l’obésité, une hyperglycémie (évoluant vers un diabète) ou une hyperlipémie (élévation du cholestérol). Ces changements ont des effets multiples. Par exemple, outre son rôle dans les diabètes, l’élévation de la glycémie à jeun accroît aussi le risque de décès d’origine cardiovasculaire et on estime qu’elle est à l’origine de 22 % des décès par cardiopathie coronarienne et de 16 % des décès par accident vasculaire cérébral. En termes de décès attribuables, les principaux facteurs de risque comportementaux et physiologiques à l’échelle mondiale sont l’hypertension (à laquelle 13 % des décès dans le monde sont attribués), suivie par le tabagisme (9 %), l’élévation de la glycémie (6 %), l’inactivité physique (6 %) et le surpoids ou l’obésité (5 %)13.

On estime que l’hypertension est à l’origine de 51 % des décès par accident vasculaire cérébral et de 45 % de ceux dus à une cardiopathie coronarienne. La pression artérielle moyenne a notablement diminué dans presque tous les pays à revenu élevé: la pression artérielle systolique (PAS) moyenne standardisée selon l’âge est passée aux États-Unis d’Amérique chez les hommes, de 131 mm Hg en 1980 à 123 mm Hg en 2008 et chez les femmes, de 125 mm Hg en 1980 à 118mm Hg en 2008.

A l’opposé, la pression artérielle moyenne est restée stable ou a augmenté dans la plupart des pays africains. Aujourd’hui, c’est en Afrique  que la prévalence de l’hypertension était la plus élevée : plus de 40% des adultes seraient hypertendus, la plupart ne seraient pas diagnostiqués. 

Si la prévalence moyenne du diabète dans le monde se situe aux alentours de 10%, jusqu’à un tiers des populations de certains pays des îles du Pacifique en souffrent. Non traité, le diabète peut entraîner des maladies cardiovasculaires, une cécité ou une insuffisance rénale.

A l’échelle mondiale, 2,8 millions de personnes meurent chaque année en conséquence de leur surpoids ou de leur obésité.Ces excès pondéraux peuvent entraîner des effets métaboliques préjudiciables sur la pression artérielle, le taux de cholestérol ou de triglycérides et conduire à un diabète. Ils augmentent donc le risque de cardiopathie coronarienne, d’AVC ischémique, de diabète de type 2 et de certains cancers courants. Entre 1980 et 2008, la prévalence mondiale de l’obésité (indice de masse corporelle ≥ 30 kg/m2) a presque doublé. En 2008, 10 % des hommes et 14 % des femmes dans le monde étaient obèses, contre 5 % des hommes et 8 % des femmes en 1980. On estime en conséquence que le nombre d’hommes et de femmes de plus de 20 ans obèses atteignait un demi-milliard en 2008. Dans toutes les régions, les femmes ont une plus grande probabilité que les hommes de souffrir d’obésité.

C’est dans les régions américains que la prévalence du surpoids et de l’obésité était la plus forte (62 % de surpoids chez les deux sexes, et 26 % d’obèses) et en Asie du Sud-Est qu’elle était la plus faible (14 % de surpoids chez les deux sexes et 3 % d’obèses).

Les cancers

Plus des deux tiers des décès par cancer interviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et résultent en majorité d’atteintes cancéreuses du poumon, du sein, du colon ou du rectum, de l’estomac ou du foie. Les facteurs de risque pour le cancer incluent les quatre principaux facteurs de risque pour les maladies non transmissibles. Néanmoins, des maladies infectieuses comme les hépatites B et C, le papillomavirus hu- main (associé au cancer du col de l’utérus) et la bactérie Helicobacter pylori (associée au cancer de l’estomac) sont aussi à l’origine de 20 % des décès par cancer dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et de 9 % des décès de cette nature dans les pays à revenu élevé.

En Afrique sub- saharienne,  le cancer du col de l’utérus est la cause principale de décès par cancer chez la femme en raison de la forte prévalence de l’infection par le papilloma- virus humain. Dans les pays à revenu élevé, les principales causes de décès par cancer sont le cancer du poumon chez l’homme et le cancer du sein chez la femme. 

«Ce rapport est une nouvelle preuve de l’augmentation spectaculaire des affections qui déclenchent des cardiopathies et d’autres maladies chroniques, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire,» a déclaré le Dr Margaret Chan, Directeur général de l’OMS. «Dans certains pays africains, jusqu’à la moitié de la population adulte souffre d’hypertension.»

Il y a cependant quelques satisfaction sur notre planète estime l’OMS. Ainsi, parmi les principales tendances la mortalité maternelle et la mortalité infantile ont été réduites :

La mortalité maternelle est en baisse: en 20 ans, le nombre de décès maternels est tombé de plus de 545 000 en 1990 à moins de 290 000 en 2010 – soit une baisse de 47 %. Un tiers de ces décès maternels surviennent dans deux pays – l’Inde avec 20% du total mondial et le Nigéria avec 14%

La mortalité infantile est en baisse : les données concernant les années 2000 à 2010 montrent comment les progrès de la santé publique ont aidé à sauver des vies d’enfants depuis dix ans. Le monde a réalisé des progrès importants, le nombre de décès d’enfants étant passé de près de 10 millions d’enfants de moins de cinq ans en 2000 à 7,6 millions de décès annuels en 2010. La baisse du nombre de décès dus aux maladies diarrhéiques et à la rougeole a été particulièrement frappante.

Source

Statistiques sanitaires mondiales 2012
Publication OMS mai 2012

Crédit Photo Creative Commons by  Franck Chicot

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