lundi 5 décembre 2016

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Un panel d’experts américains recommande d’abandonner le dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA

Un panel d’experts américains du U.S. Preventive Services Task Force a émis de nouvelles recommandations concernant l’utilisation du dosage de PSA dans la détection du cancer de la prostate: Leur recommandation est que le dosage du PSA (prostate-specific antigel) ne soit plus utilisé car il entrainerait trop souvent des traitements qui feraient plus de mal que de bien. Cette recommandation est déjà très largement critiquée.

Chaque année, 33 000 américains décèdent d’un cancer de la prostate et 20 millions de dosages sont effectués. En France, ce sont 9000 hommes qui en décèdent chaque année et 71 000 nouveaux cas sont découverts. Le risque pour un homme d’avoir un cancer de la prostate diagnostiqué a fortement augmenté au cours du temps. En effet, un homme né en 1940 a un risque de 18,6% d’être atteint d’un cancer de la prostate avant l’âge de 75 ans soit un risque 7 fois plus élevé que celui qu’un homme né en 1910 avait jusqu’à l’âge de ses 75 ans (2,7%). Notons également que l’incidence du cancer de la prostate est bien plus élevée en France qu’aux Etats-Unis : le taux d’incidence estimé en France en 2008 était 118,3 pour 100 000 hommes contre 83,8 pour 100 000 aux Etats-Unis.

Le test du PSA est largement pratiqué aux Etats-Unis comme en France, l’objectif étant de détecter précocément un cancer de la prostate, celui-ci entrainant une hausse du PSA bien avant que des signes cliniques n’apparaissent. Pour ces experts américains cette approche est dorénavant jugée fausse et hasardeuse. La faute en reviendrait au test actuel du PSA qui ne serait pas assez fiable : il donnerait de faux résultats positifs, son manque de fiabilité entrainerait des personnes déjà âgées vers des thérapeutiques lourdes alors qu’ils seraient décédés avant que la maladie ne progresse suffisamment pour être handicapante.

Selon eux, les données scientifiques ne soutiennent plus la réalisation du test. Une récente étude a montré qu’il fallait mener 1000 tests chez 1000 patients pour détecter 37 cas de cancers et sauver une vie (voir article Docbuzz). Toutefois les conséquences thérapeutiques sont lourdes (radiations, chirurgies) et peuvent provoquer des effets secondaires tels qu’une impuissance et des troubles urinaires, avec dans 2 à 3 cas pour 1000 patients, un risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral voire de décès. En France, la HAS a émis des recommandations identiques.

La bataille des “pour” et des “contre” se poursuit à coup de statistiques en ce qui concerne le bien fondé de la surveillances des hommes âgés par un dosage de PSA dans le but de détecter précocement un cancer de la prostate. La meilleure approche est peut-être que ceux qui le souhaitent discutent avec leur médecin de ses avantages et de ses inconvénients, chacun pouvant être relativisé en fonction de l’espérance de vie estimée.

Source

USPSTF recommendation on prostate cancer
22 May 2012

Epidémiologie du cancer de la prostate en France métropolitaine – Données essentielles

Crédit Photo Creative Commons by The Doctr

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