Mardi 23 septembre 2014

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Probiotiques ou antibiotiques pour prévenir la récidive des infections urinaires?

Environ la moitié des femmes qui ont une infection urinaire connaitront des récidives ; si les antibiotiques sont massivement utilisés pour leur efficacité, celle-ci décroit rapidement du fait de l’apparition de résistances. Chez la femme ménopausée, la récidive d’une infection urinaire peut être traitée par des applications d’oestrogène ou des antibiotiques à faible dose. Pourtant, de nombreuses femmes n’aiment pas appliquer un gel vaginal d’oestrogène, ni prendre des antibiotiques sur le long terme, avec en plus le risque permanent de créer une résistance aux antibiotiques. D’où la nécessité de traitements alternatifs.Les probiotiques sont l’un de ces traitements qui cependant nécessitait une évaluation versus antibiotique. C’était l’objet de cette étude publié dans la revue Archives of Internal Medicine.

La disparition des lactobacilles vaginaux chez la femme ménopausée augmente le risque de colonisation par une entérobactérie d’origine fécale, qui va provoquer une infection urinaire. La prise orale de lactobacillus rhamnosus GR-1 et de lactobacillus reuteri RC-14 s’est montré capable de restaurer la flore vaginale de lactobacilles, pouvant alors réduire la colonisation par des entérocoques.

Les scientifiques ont donc sélectionné 250 femmes : 127 femmes ménopausées ont pris un antibiotique, le trimetroprime-sulfamethoxazole (bactrim 480 mg/j) et 125 autres femmes ont reçu des probiotiques en prévention de la survenue de nouvelles infection urinaires. Elles avaient toutes au moins subi 3 récidives dans l’année écoulée avant leur recrutement dans l’étude.

Après 12 mois de traitement préventif, le nombre de récidives pavec symptômes était de 2,9 par femmes dans le groupe trimetroprime-sulfamethoxazole et de 3,3 dans le groupe probiotiques (différence non significative). 69% des femmes traitées par l’antibiotique avaient eu au moins une récidive en 12 mois comme 79% du groupe probiotiques. Le temps médian de récidive a été de 6 mois pour les antibiotiques et de 3 pour les probiotiques.

Dès le premier mois de prise de trimetroprime-sulfamethoxazole, 40% des femmes avaient des pathogènes dans leur urines, comme 45% des femmes sous probiotiques. Il y a eu en revanche moins d’infections urinaires compliquées sous probiotiques que sous trimetrroprime. L’infection la plus commune étaient une infection urinaire à echerichia coli : 76% de toutes les infections dans le groupe trimetroprime-sulfamethoxazole et 69% de celles du groupe probiotique.

12% des femmes ont arrêté les probiotiques suite à l’apparition d’effets secondaires, en particuliers des troubles digestifs (diarrhées, nausées, vomissements). 21% desfemmes du groupe probiotique ont dit avoir eu au môns un de ces effets secondoires. En comparaison 5,2% des femmes prenant l’antibiotique ont arrêté le traitement du fait d’un effet secondaire.

La prophylaxie par l’antibiotique a généré une considérable résistance des E. Coli aux antibiotiques que se soit vis-à-vis du trimetroprime-sulfomethoxasole mais aussi vis-à-vis de l’amoxicilline ou des fluoroquinolones (ciprofloxacine, norfloxacine). Cette résistance apparaissaient très rapidement et à 12 mois, 100% des E coli isolés des fèces ou des urines étaient devenus résistants. 3 mois après l’arrêt de l’antibiotique, 60% des germes prélevés étaient toujours résistants. Aucune augmentation de la résistance aux antibiotique n’a été retrouvé chez les femmes utilisant les probiotiques.

Ainsi, selon les auteurs, si cette étude ne démontre pas une supériorité thérapeutique des probiotiques en comparaison à un antibiotique, ils estiment que les probiotiques sont une véritable alternative thérapeutique permettant de réduire le taux très important de résistance aux antibiotiques. Une autre étude utilisant L Crispatus comme probiotique avait montré une tendance à la réduction des récidives des infections urinaires chez la femme non ménopausée.

Source

Lactobacilli vs Antibiotics to Prevent Urinary Tract InfectionsA Randomized, Double-blind, Noninferiority Trial in Postmenopausal Women
Mariëlle A. J. Beerepoot, MD; Gerben ter Riet, MD, PhD; Sita Nys, PhD; Willem M. van der Wal, PhD; Corianne A. J. M. de Borgie, MD, PhD; Theo M. de Reijke, MD, PhD; Jan M. Prins, MD, PhD; Jeanne Koeijers, MD; Annelies Verbon, MD, PhD; Ellen Stobberingh, PhD; Suzanne E. Geerlings, MD, PhD
Arch Intern Med. 2012;172(9):704-712. doi:10.1001/archinternmed.2012.777

The Advantages of Second BestComment on “Lactobacilli vs Antibiotics to Prevent Urinary Tract Infections
Barbara W. Trautner, MD, PhD; Kalpana Gupta, MD, MPH
Arch Intern Med. 2012;172(9):712-714. doi:10.1001/archinternmed.2012.1213

Crédit Photo Creative Commons by  Nathan Reading 100,000 views – many thanks all!

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