jeudi 29 septembre 2016

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Plus de risque de troubles mentaux chez les prématurés devenus adolescents

Si de nombreux progrès ont été réalisés dans la prise en charge thérapeutique des complications de la prématurité, ces complications ne restent pas neutres sur l’avenir de l’enfant. En particulier, elles créent un risque d’anomalie du développement neurologique. Pourtant, on ne sait pas encore quels sont exactement les troubles directement associés à cette prématurité et à ses complications, ni si la prématurité est un facteur de risque direct de troubles neuro-psychiatriques à venir.

Des scientifiques suédois ont donc souhaiter vérifier si effectivement un lien direct existait entre durée de la gestation, faible croissance foetale, score d’Apgar, et la survenue de troubles psychiatriques à l’adolescence.

Pour cela, ils ont travaillé à partir des registres suédois prenant en compte les enfants nés entre 1973 et 1985 (n = 1 301 522), et ont évalué la survenue de troubles psychiatriques chez ces enfants une fois devenus adolescents, à l’âge de 16 ans et plus (en moyenne 23 ans). Au sein de cette population, l’âge moyen des hospitalisations pour troubles psychiatrique était de 20 ans : les pathologies identifiées étaient une psychose, une dépression, un trouble bipolaire, un trouble de l’alimentation, une dépendance aux drogues, ou une dépendance à l’alcool.

Les scientifiques retrouvent que la prématurité est significativement associée à une augmentation du risque d’hospitalisation pour un des troubles psychiatriques cités : en comparaison à des enfants nés entre 37 et 41 semaines, les enfants ayant une gestation de 32 à 36 semaines avaient 60% de risque supplémentaire de souffrir d’une psychose, 30% de risque supplémentaire de souffrir d’une dépression, et presque 2 fois plus de risque de souffrir d’un trouble bipolaire. Ceux nés avant 32 semaines avaient un risque doublé de psychose, un risque triplé de dépression et un risque septuplé de trouble bipolaire. Le risque de troubles alimentaires était également triplé chez les prématurés de mois de 32 semaines de gestation et ceux nés entre 32 et 36 semaines avaient également un risque accru de dépendance à l’alcool et aux drogues.

Les auteurs retrouvent également un risque augmenté d’hospitalisations pour dépendance aux drogues et à l’alcool chez les enfants ayant eu une croissance inférieure à la normale in utero (score de croissance <-2 déviations standards). De même, un score d’Apgar entre 0 et 3 s’associe avec un doublement du risque de dépression(le score Apgar correspond à l’évaluation  de cinq éléments spécifiques, le rythme cardiaque, la respiration, le tonus, la couleur de la peau et la réactivité, chacun étant notés  0, 1 ou 2 points, ce qui permet une appréciation de l’état de santé du nouveau-né).

Cette étude démontre sur une population importante en nombre, que la prématurité peut s’accompagner, plus que la naissance à un terme normal de troubles psychiatriques handicapant lors de l’adolescence, qu’il s’agisse d’une psychose, d’un trouble bipolaire, d’une dépression, d’un trouble alimentaire ou d’addiction. Il avait déjà été retrouvé par les mêmes auteurs, que de mauvais résultats scolaires suivaient plus fréquemment une naissance prématurée et s’accompagnaient également plus souvent de troubles psychiatriques.

Source

Preterm Birth and Psychiatric Disorders in Young Adult Life
Chiara Nosarti, PhD; Abraham Reichenberg, PhD; Robin M. Murray, FRS, FRCPsych; Sven Cnattingius, MD, PhD; Mats P. Lambe, MD, PhD; Li Yin, PhD; James MacCabe, MRCPsych, PhD; Larry Rifkin, MRCPsych; Christina M. Hultman
 Arch Gen Psychiatry. 2012;():610-617. doi:10.1001/archgenpsychiatry.2011.1374

Crédit Photo Creative Commons by Emily Flores

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