lundi 5 décembre 2016

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Il existe dorénavant une bonne excuse de ne pas faire de sport

L’activité physique et la capacité cardio-respiratoire sont étroitement liées au risque de survenue d’une maladie cardiovasculaire. C’est pourquoi, il est souvent recommandé à ceux qui sont trop inactifs, trop sédentaires, trop gourmands,  ou qui présentent tout autre facteur de risque cardiovasculaire, non seulement de le réduire mais aussi de faire de l’exercice physique, au moins 150 minutes par semaine. Pratiquer une activité physique 150 minutes par semaine réduit le risque cardiovasculaire et prolonge la vie, c’est ce qui est communément admis.

Pourtant, tout n’est peut-être pas aussi simple. Il existe des variations interindividuelles importantes. Des scientifiques ont donc ré-analysé les données de 1687 patients inclus dans 6 études où les patients pratiquaient de l’exercice physique sous surveillance médicale; afin d’identifier l’amélioration ou l’aggravation individuelle des facteurs de risque cardiovasculaires. Les quatre facteurs de risque évalués par les scientifiques étaient la pression artérielle systolique,  les taux de triglycérides, d’insuline, et de cholestérol.

Globalement, si la majorité bénéficiaient de la pratique du sport,  6% à 9% des participants ont subi une aggravation d’un ou plusieurs facteur de risques : on retrouve ainsi qu’au lieu d’une baisse attendue,  8,3% des patients ont une augmentation de leur taux d’insuline 13,3% ayant une augmentation de leur taux de cholestérol, 10,3 % une augmentation de leur taux de triglycérides et 12% une augmentation de leur tension artérielle.  La pratique d’une activité physique aggrave donc au moins deux facteurs de risques selon les nouvelles analyses de cette équipe de recherche Biomédicale de l’université de Baton Rouge. 1% subissent une aggravation de 3 à 4 facteurs de risque

Cette aggravation des facteurs de risque ne dépend pas de l’intensité de l’exercice physique ; elle peut survenir aussi bien pour une intensité physique modérée (dépense énergétique de 4 kcal/kg de poids corporel) que pour une activité physique intense (dépense énergétique de 12 kcal/kg de poids corporel).

 A contrario, la même proportion de patients, soit environ 10%, bénéficiaient de manière surprenante de l’activité physique avec une baisse importante des facteurs de risque ; entre les deux, la majorité de la population bénéficiait d’une baisse de 20% à 50% de ces facteurs de risque.

Que faire en pratique de cette découverte d’une possible d’aggravation des facteurs de risque lors de la pratique d’une activité physique?  A ce jour, personne de sait expliquer pourquoi une petite proportion de patients subira une aggravation de quelques facteurs de risque suite à la pratique d’une activité physique régulière ; personne ne sait non plus identifier ces patients avant qu’ils se mettent à pratiquer cette activité.

Les auteurs recommandent cependant de ne pas utiliser ces résultats comme un alibi pour éviter une activité sportive, qui par ailleurs améliore d’autres facteurs physiques et psychologiques : il faut donc continuer à pratiquer une activité physique tout en se rappelant qu’une surveillance régulière des facteurs de risques est nécessaire.

Les scientifiques vont poursuivre leurs recherche afin de trouver comment identifier la frange de population à risque lors d’une pratique sportive régulière.

Source

Adverse Metabolic Response to Regular Exercise: Is It a Rare or Common Occurrence?
Claude Bouchard, Steven N. Blair, Timothy S. Church, Conrad P. Earnest, James M. Hagberg, Keijo Hakkinen, Nathan T. Jenkins, Laura Karavirta, William E. Kraus, Arthur S. Leon, D. C. Rao, Mark A. Sarzynski, James S. Skinner, Cris A. Slentz, Tuomo Rankinen
PLoS ONE 7(5): e37887. doi:10.1371/journal.pone.0037887

Crédit Photo Creative Commons by  Ed Yourdon

 

 

 

 

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