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Le 22 mars 2011, le nuage de Fukushima touchait la France et…

Le 11 mars 2011, un tremblement de terre endommage la centrale nucléaire de Fukushima, qui relâche dans l’atmosphère des matières radioactives. Le 17 mars, elles ont traversé le pacifique et touchent la côte ouest des Etats-Unis. Les premières retombées radioactives de Fukushima sont identifiées en Europe seulement 8 jours après le début de la catastrophe, le 19 mars.

Après une période d’incertitude, il semblait que la quantité de radio-isotopes ayant atteint l’Europe soit faible. Le laboratoire souterrain de Modane est équipé de matériel permettant de détecter même ces niveaux faibles de radioactivité dans l’environnement. Ce laboratoire a évalué la contamination radioactive mesurable dans l’herbe et dans les légumes aux alentours de son lieu d’implantation.

Ce laboratoire souterrain est situé dans le sud-est de la France sous le tunnel du Fréjus, séparant la France et l’Italie. Les analyses de l’air, menées du 25 mars au 18 avril, ont été réalisées en filtrant l’air puis en analysant ses concentrations en éléments radioactifs. Les niveaux de radioactivité ont été mesurés dans de l’herbe, dans des légumes et des champignons collectés dans la forêt de Saint-Jean de Maurienne.

Les produits radioactifs détectés furent de l’Iode 131, du Technitium 132, du Césium 134 et du Césium 137. La concentration d’Iode 131 atteignit 100 uBq/m3, plus de 100 fois supérieure à celle des autres produits de fission radioactive détectés. La plus forte activité de l’Iode 131 a été détectée le 30 mars 2011. Un second pic a été constaté le 3-4 avril 2011. L’activité radioactive de Césium 134 et du Césium 137 atteignit 5 à 30 uBq/m3, soit 1000 fois moins que ce qui avait été mesuré en moyenne en France en 1986 après l’accident de Tchernobyl (Ukraine). Le pic d’activité se situe également aux alentours du 2-3 avril 2011.

Si aucun radionucléide provenant de Fukushima ne put être détecté dans les champignons, en revanche, des traces de Césium 137, identifiées comme provenant de l’accident Tchernobyl, furent encore détectés, 26 années après l’accident. En revanche, de l’iode 131 et du Césium 134 contaminaient bien l’herbe de la forêt de Saint- Jean de Maurienne (100 mBq/m2).

Les nuages radioactifs circulent donc vite autour du globe, démontrant une nouvelle fois qu’une explosion nucléaire menée à une extrémité du globe peut en contaminer l’autres. Les retombée de  Fukushima sont restées faibles en France et furent majoritairement composées, comme attendue d’Iode 131.


Dispersion du panache radioactif (IRSN)

Source

Air radioactivity levels following the fukushima reactor accident measured at the laboratoire souterrain de Modane, France
Loaiza P, Brudanin V, Piquemal F, Reyss JL, Stekl I, Warot G, Zampaolo MJ
Environ Radioact. 2012 Apr 11. [Epub ahead of print]

Crédit Photo http://www.lesjardinsducharmoi.org/wp-content/uploads/2011/09/Fukushima.jpg

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