vendredi 30 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

La mortalité de l’infarctus a reculé de 15% en 15 ans en France

En 15 années, la survie de l’infarctus du myocarde a été améliorée en France : Globalement la mortalité des patients a été réduite de 15%. Cependant, le profil des patients faisant un infarctus a changé et ce constat montre aujourd’hui la voie pour améliorer la prévention de la survenue des infarctus.

Quatre groupes de patients ayant fait un infarctus ont été sélectionnés à travers différents centres de cardiologie français en1995, 2000, 2005 et 2010 et ont été comparés dans le but d’identifier les facteurs de risque influençant la survenue de l’infarctus et la survie. Les patients de 2010 ne sont plus ceux de 1995. Leurs facteurs de risque se sont aggravés. On fait effectivement un infarctus plus tôt : l’âge moyen des patients est passé de 66 à 63 ans. Les tabagiques sont plus représentés, leur proportion passant de 32% à 40%. Les obèses sont également plus représentés, passant de 14% à 20% des patients, de même pour les patients hypertendus (de 43 à 47%) et les patients hypercholestérolémiques (35% à 39%).

Cependant lors de la survenue d’un infarctus, les antécédents de pathologie vasculaire ou cardiaque sont plus rares (17% vs2 6%): les patients de 2010, ont moins d‘antécédents d’infarctus (11% vs 14,6%), moins d’insuffisance cardiaque (2,4 vs 6,4%), moins d’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (4,8% vs 9,7%), moins d’accident vasculaire cérébral (4% vs 6%),

Et la proportion de femmes hospitalisées pour un  infarctus en 2010 reste la même qu’antérieurement, elles sont en revanche beaucoup plus jeunes : 25% ont moins de 60 ans contre seulement 11% en 1995,  Ce phénomène est lié à l’accroissement de deux facteurs de risque important, le tabac et l’obésité : la fréquence du tabagisme chez ces femmes est passé de 37% à 73% et 27% sont obèses en 2010 contre seulement 17% en 1995. Parmi elles nombreuses sont celles qui n’ont pas d’hypertension, de diabète ni d’hypercholestérolémie. Le tabac et l’obésité ont suffit pour les conduire à l’infarctus.

De manière rassurante, la mortalité par infarctus s’est réduite dans notre pays de 1995 à 2010 d’environ 15%. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer, la rapidité d’hospitalisation passée de240 à 175 minutes, ainsi que la réduction du temps écoulé entre les premiers symptômes et l’appel au centre d’urgence, passé de 120 à 74 minutes ainsi que la concentration des centres cardiologique d’urgence. La fermeture de nombreux centres capables de prendre en charge les infarctus (l’artère coronaire est débouchée par un guide), passés de 501 en 1995 à 279 en 2010 a donc été profitable aux patients. Par ailleurs, plus les cardiologues pratiquent ce geste, meilleurs sont leurs résultats, ce qui a pu également participer à l’amélioration de la survie des patients.

La prise en charge des patients s’est également modifiée. L’angioplastie est dorénavant utilisée pour 74% des patients et la fibrinolyse (utilisation d’un médicament injectable qui fluidifie le sang) a considérablement reculé (passé de 37% à 13%). Les médicaments recommandés sont également mieux prescrit : 80% des patients reçoivent rapidement un bêtabloquant, 65% un IEC et 89% une statine. Les sujets âgés sont également mieux traités et il n’existe pas de différence de prise en charge entre les hommes et les femmes. 30 jours après un infarctus, 4,4% des patients étaient décédés en 2010 soit trois fois moins qu’en 1995 (14%). La mortalité des femmes reste pourtant encore plus élevée que celle des hommes (9,3% vs 2,6%).

Ce résultat peut encore être amélioré en poursuivant l’information du public sur les signes précoces de l’infarctus, en luttant contre les facteurs de risques majeurs, le tabac et l’obésité, tout en améliorant le suivi thérapeutique des patients coronariens.

Source

Association of Changes in Clinical Characteristics and Management With Improvement in Survival Among Patients With ST-Elevation Myocardial Infarction
Etienne Puymirat, Tabassome Simon, Philippe Gabriel Steg, Francois Schiele, Pascal Guéret, Didier Blanchard, Khalife Khalife, Patrick Goldstein, Simon Cattan, Laurent Vaur, ean-Pierre Cambou, Jean Ferrières, Nicolas Danchin,  and FAST MI Investigators
JAMA. 2012;308(10):doi:10.1001/2012.jama.11348

Crédit Photo Creative Commons by U.S. Coast Guard

 

Articles sur le même sujet