dimanche 4 décembre 2016

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Le «sexting» conduit les adolescents à des conduites sexuelles à risque

Le sexting, le fait d’envoyer ou de recevoir des messages à caractère sexuels (textes ou images) par son téléphone portable,  est un phénomène assez nouveau et qui prend de l’ampleur. Une récente étude suggérait que l’inquiétude n’était pas de mise puisque qu’elle ne retrouvait que 2,5% des 10-17 ans envoyant des photos à caractères sexuels. Toutefois, on en sait encore peu sur les conséquences potentielles du sexting : une étude menée dans une université du sud des Etats-Unis,  retrouvait à contrario que chez de jeunes étudiantes, la pratique du sexting était corrélé à des rapports sexuels sans protection. Et la pratique s’étend. En 2008, un sondage rapportait que 20% des adolescents envoyaient des photos d’eux nu et que 39% envoyaient des messages à caractère sexuel.

La revue médicale Pediatrics publie une nouvelle étude où les scientifiques ont  voulu confirmer une extention du phénomène et valider un lien éventuel  entre sexting et conduite sexuelle à risque. 1839 adolescents, filles et garçons, ont participé à l’étude, la majorité ayant entre 14 et 17 ans. 87% se définissaient comme hétérosexuels et 75% possédaient un téléphone portable. 15% de ceux ayant un portable reconnaissaient l’utiliser pour envoyer des sexting (textes ou photos) alors que 54% disaient connaître quelqu’un qui en envoyait. 41% des participants avaient déjà eu des rapports sexuels et 64% d’entre eux avaient utilisé des préservatifs lors du dernier rapport sexuel.

Les adolescents  pratiquant le sexting avaient 7 fois plus de «chance» d’avoir eu des rapports sexuels et un risque accru de 41% que leur denier rapport sexuel n’ai pas été protégé. Par ailleurs, connaître quelqu’un qui envoi des sexting est très fortement associé avec le fait de le faire soi-même. Les adolescents non hétérosexuels inclus dans l’étude avaient globalement un comportement à risque plus important avec plus de sexting, une activité sexuelle plus importante et moins de protection lors de leur denier rapport sexuel.

Le sexting se mêle donc aux autres comportements à risque dans lesquels s’engagent les adolescents en le justifiant par le fait que les autres le pratique également.  Et parce que le comportement des adolescents est très lié à la perception d’un comportement normatif, ces résultats suggèrent que le sexting et le comportement sexuel à risque qui s’y associe est alimenté par le fait que le sexting est dorénavant considéré comme quelque chose de normal.

Source

Sexually Explicit Cell Phone Messaging Associated With Sexual Risk Among Adolescents
Eric Rice, Harmony Rhoa, Hailey Winetrobe, Monica Sanchez, Jorge Montoya, Aaron Plant, Timothy Kordic
Pediatrics 2012;130:667–673

Crédit Photo Creative Commons by j l t

 

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