dimanche 4 décembre 2016

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Le bisphénol A modifie les hormones thyroïdiennes de la femme enceinte et du fœtus

Si le bisphénol A est interdit dans les biberons, une mesure accessoire prise pour calmer les associations et les scientifiques qui en avait démontré la dangerosité, ses effets continuent malheureusement à frapper les enfants et les mamans. Une nouvelle étude réalisée par des scientifiques de l’Université de Berkeley démontre en effet que la bisphénol A altère les hormones thyroïdiennes. Or ces hormones sont essentielles pour le développement harmonieux de l’enfant à naitre.

Le bisphénol A, utilisé dans les bouteilles en plastique, les boites de conserves et cannette,  etc, est déjà associée à un risque accru de maladies cardio-vasculaires, de fausses couches, de cancers du sein et de la prostate et troubles de la reproduction. Ces effets potentiels n’ont jamais pour l’instant suffit pour que les autorités sanitaires d’un pays décide de suspendre sa production et son utilisation. Le sénat français avait récemment voté contre une telle interdiction.

Cette dernière étude, publiée dans la revue Environmental Health Perspectives confirme les données qui décrivaient le bisphénol A comme un perturbateur endocrinien.

Les scientifiques constatent en effet des variations de certaines hormones thyroïdiennes, ces hormones indispensables à  la croissance prénatale et post natale et au développement cérébral. C’est la première fois qu’une étude évalue l’effet du bisphénol A sur les hormones thyroïdiennes des femmes enceintes.

L’étude a porté sur 476 femmes enceintes. Les chercheurs ont analysé les concentrations de bisphénol A dans urines de femmes enceintes pendant la première puis la seconde moitié de la grossesse, ainsi que chez l’enfant nouveau-né. Des dosages de thyroxine libre (T4), de  T4 thyroxine totale, et de TSH (thyroid-stimulating hormone) ont également été réalisé chez les femmes au cours de leur grossesse, et un dosage de TSH a été réalisé chez les nouveau-nés.

Les scientifiques retrouvent que seuls les dosages thyroïdiens réalisés à proximité des dosages de bisphénol A sont statistiquement associés à une réduction de la thyroxine (T4) totale : Plus le niveau de bisphénol A était élevé dans le sang maternel, plus la thyroxine totale était abaissée. Par ailleurs, les enfants garçons dont la maman a des taux élevés de bisphénol A dans le sang, montrent de baisse de la TSH. Cet effet était encore plus flagrant quand le bisphénol maternel était plus élevé au troisième trimestre de la grossesse.

Pour l’auteur principal de l’essai, le Dr Jonathan Chevrier, «Parce que les hormones thyroïdiennes chez la mère et chez l’enfant sont essentiels à la croissance et au développement normaux ». Cependant l’étude, de courte durée, ne prouve pas que ces anomalies entrainent des répercussions physiques ou intellectuelles chez l’enfant. C’est donc à chacun en fonction de ce qu’il croit de tenter d’éviter d’être plus contaminé par le bisphénol A.

 Source

Maternal Urinary Bisphenol A during Pregnancy and Maternal and Neonatal Thyroid Function in the CHAMACOS Study
Chevrier, Robert B. Gunier, Asa Bradman, Nina T. Holland, Antonia M. Calafat, Brenda Eskenazi, Kim G. Harley
Environnemental Health Perspective October 4, 2012 Advance Publication

Crédit Photo  Creative Commons by flequi

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