mercredi 28 septembre 2016

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Cabine de bronzage et cancers : les preuves s’accumulent

L’exposition aux rayonnements ultraviolets peut causer des cancers de la peau. Et même si le soleil reste la source environnementale principale des mélanomes, les lampes à bronzer favorisent également leur apparition. Elles sont d’ailleurs considérées comme des carcinogènes pour l’être humain par l’Agence pour la Recherche contre le Cancer. Mais ce n’est pas le seul cancer que ces lampes à bronzer font peser sur leurs utilisateurs. Deux études publiées dans le British Medical Journal relancent le débat de l’utilisation faiblement contrôlée du bronzage artificiel.

La première analyse a voulu chiffrer l’augmentation du risque de mélanome pris par les adeptes des lampes à bronzer en analysant conjointement les résultats de 27 études publiées. Le risque de mélanome est augmenté de 20% chez les utilisateurs des salons de bronzage en comparaison à ceux n’ayant jamais utilisé ces systèmes artificiels.  Le risque augmente en fait de 1,8% pour chaque séance additionnelle chaque année. Débuter ces séances avant 35 ans est également un facteur de risque qui augmente globalement de 87% le risque de mélanome. On estime à 3438 en Europe, le nombre total de mélanomes liés directement à ces bronzages artificiels, dont la majorité (2341) a touché des femmes.

Les lampes à bronzer émettent principalement un rayonnement ultraviolet de type A (315-400 nm) associé, à hauteur de 5%, à un rayonnement de type B (280-315 nm), qui induit un bronzage plus profond et plus durable. Les plus puissantes lampes à bronzer sont 10 à 15 fois plus fortes que le soleil de la mi-journée en méditerranée ; une telle intensité de rayonnement, délivrée au cours de séances de seulement 20-30 minutes, est une nouvelle expérience pour les êtres humains.

Les mélanomes ne sont malheureusement pas les seuls cancers de la peau à être favorisés par une exposition aux ultraviolets. Les carcinomes (carcinomes à cellules squameuses et carcinomes à cellules basales) sont des cancers cutanés beaucoup plus fréquents. Près de 30% des individus de peau blanche vivant dans des zones ensoleillées développeront un de ces carcinomes au cours de leur vie, souvent tardivement. Ils menacent rarement la vie mais sont d’un coût important pour la société.

Selon une seconde analyse de 12 études publiée dans le British Medical Journal et ayant inclus près de 10 000 patients, le risque de carcinomes à cellules squameuses est accru de 67% chez les utilisateurs de lampes à bronzer et le carcinome à cellules basales de 29%, en comparaison à ceux n’ayant jamais eu recours à elles. Les auteurs de cette analyse estiment à 170 000 le nombre de carcinomes causés par les lampes à bronzer chaque année aux Etats-Unis. Le risque est plus élevé si l’utilisation des lampes à bronzer débute avant 25 ans.

Au regard de ces risques cumulés de trois types de cancers cutanés, il est apparaît évident que les risques engendrés par les lampes à bronzer sont supérieurs aux bénéfices potentiels (vitamine D). Certains pays ont mis en place des législations plus ou moins contraignantes : le brésil a interdit les salons de bronzage, leur usage est interdît avant 18 ans dans plusieurs pays européens, en Australie, au Canada et aux Etats-Unis. Ces restrictions sont probablement encore insuffisantes au regard des risques, en particulier pour les plus jeunes estime un éditorial publié conjointement par le BMJ.

Source

More évidence of harms of sunbed use, particularly in young people
Catherine M Olsen, Adèle C Green,
BMJ 2012;345:e6101

Cutaneous melanoma attribuable to sunbed use : systematic review and metaanalysis
Mathieu Boniol, Philippe Autier, Peter Boyle, Sara Gandini
BMJ 2012;345:e4757

Indoor tanning and non-melanoma skin cancer : systematic review and méta-analysis
Mackenzie R Wehner, Melissa L Shive, Mary-Margaret Chren, Jiali Han, Abrar A Qureshi, Eleni Linos
BMJ 2012;345:e5909
Crédit Photo Creative Commons by studio.es

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