lundi 5 décembre 2016

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L’hormonothérapie substitutive à la ménopause : bonne pour le cœur mais pas pour les ovaires.

Avant 2002, l’hormonothérapie substitutive, une combinaison d’œstrogène et de progestérone, était considérée comme bénéfique pour prévenir les maladies cardiovasculaires et le cancer du colon tout en évitant l’ostéoporose. Mais suite au résultats de l’étude WHI (Women’s Health Initiative), où des femmes recevant cette hormonothérapie substitutives 10 ans après la ménopause ne bénéficiaient d’aucun bénéfice cardiovasculaire, et d’un risque augmenté de cancer du sein, émergea l’hypothèse que le bénéfice antérieurement mis en évidence était lié à l’âge de début du traitement. Depuis, le traitement est déconseillé sur le long terme et utilisé principalement chez les femmes ayant des symptômes sévères au moment de leur ménopause. Deux études Danoises publiées le même jour ont réévalué l’intérêt de ce traitement substitutif : la première confirme l’intérêt du traitement substitutif dans la prévention cardiovasculaire mais la seconde retrouve une augmentation du risque de cancer de l’ovaire.

La première étude publiée dans le British Medical Journal a suivi un peu plus de 1000 femmes, incluses peu de temps après le début de leur ménopause, sur plus de 16 ans. La moitié des patientes a reçu un traitement hormonal substitutif (estradiol et noréthistérone acétate) mais uniquement pendant 10 ans.

Les maladies cardiovasculaires apparaissaient moins fréquemment chez les femmes recevant le traitement hormonal substitutif : le nombre d’infarctus était réduit de 75% (résultat non significatif) et le nombre d’insuffisance cardiaque de 86%. La mortalité était également réduite de 43% (non significative). Après 16 ans de suivi, les résultats restaient bénéfiques avec une réduction du risque de décès/infarctus/insuffisance cardiaque. L’étude ne retrouve pas de risque d’augmentation de cancer, d’embolie veineuse, ni d’accidents vasculaire cérébral. Ces résultats semblent conforter l’initiation d’une hormonothérapie substitutive chez les femmes au début de leur ménopause.

Mais une deuxième étude, publiée dans la revue médicale JAMA, contrebalance négativement ces résultats. Les scientifiques ont utilisé un registre de 900 000 femmes et ont comparé la survenue de cancer de l’ovaire entre celles prenant un traitement hormonal substitutif et les autres, sur une durée de 10 ans. Ils retrouvent un risque augmenté de 5% de cancer de l’ovaire, correspondant à la survenue d’un cancer de l’ovaire pour 8300 femmes prenant une hormonothérapie substitutive. Le risque ne dépendait pas du type d’hormonothérapie substitutive mais, plus le temps passait après la prise du traitement, plus le risque diminuait.

Il est probable que les recommandations précédentes de réserver le traitement hormonal substitutif uniquement aux femmes ayant des symptômes sévères lors de leur ménopause ne soient pas modifiées suite aux résultats de ces deux études.

Source

Effect of hormone replacement therapy on cardiovascular events in recently postmenopausal women: randomised trial
Louise Lind Schierbeck, Lars Rejnmark, Charlotte Landbo Tofteng, Lis Stilgren, Pia Eiken,, Leif Mosekilde, Lars Køber Jens-Erik Beck Jensen
BMJ 2012;345:e6409

Hormone therapy and ovarian cancer
Mørch LS, Løkkegaard E, Andreasen AH, Krüger-Kjaer S, Lidegaard O.
JAMA. 2009 Jul 15;302(3):298-305.

Crédit Photo Creative Common by marsmet461

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