samedi 3 décembre 2016

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Pas de phytothérapie pendant la grossesse !

Une étude Italienne publiée dans la revue Human Reproduction démontre que l’utilisation de la phytothérapie pendant la grossesse s’associe à un risque de prématurité et de petit poids de naissance, deux facteurs de risque à éviter pour l’avenir de l’enfant.

La phytothérapie a, auprès des consommatrices, une image santé positive de bien-être et d’absence de toxicité. C’est ignorer que non seulement certaines plantes sont toxiques mais surtout que les préparations ne sont pas toujours contrôlée et peuvent contenir des substances interdites voire dangereuses, un risque dépendant des pays d’où les plantes sont importées, comme l’avait montrée une étude Australienne publiée par l’équipe du Pr M. Bunce de l’université Murdoch en avril 2012 . De nombreuses plantes contiennent par ailleurs des molécules actives qui peuvent avoir un effet sur le fœtus, sans évidemment que cela n’ait été étudié : la sécurité d’emploi n’est donc pas garantie. Des millions de femmes enceintes en Europe et aux Etats-Unis ont pourtant recourt à la phytothérapie pendant leur grossesse.

Une équipe italienne de l’université de Modène a évalué l’impact de  l’utilisation de phytothérapie au cours de la grossesse en interrogeant 700 femmes dans les jours ayant suivi leur accouchement. 189 d’entre elles utilisaient des produits de phytothérapie (consommation pendant au moins 3 mois au cours de la grossesse). Les produits les plus utilisés étaient de l’huile d’amande appliqué sur l’abdomen (dans l’objectif d’éviter les vergetures), de la camomille en infusion, de la valériane, du fenouil, de l’échinacée. Ces plantes étaient absorbées par voie orale dans l’objectif de corriger une constipation, résorber de l’œdème, lutter contre l’anxiété ou améliorer le sommeil.

Pour analyser les répercussions éventuelles de ces plantes sur la grossesse, les scientifiques ont tenu compte des facteurs de risque de chaque patiente, poids, âge, tabagisme, pathologies associées, prises de médicaments, etc.

L’étude Italienne démonte qu’à la fois, le poids de naissance et la durée de la grossesse étaient affectés par la consommation de produits de phytothérapie au cours de la grossesse. Les scientifiques retrouvent en particulier que l’utilisation de l’huile d’amande en massage abdominal, augmentait le risque d’un accouchement prématuré (avant 37 semaines), une augmentation qui persistait après la prise en compte des différents facteurs de risque que pouvaient déjà avoir les femmes : celles utilisant l’huile d’amande en massage avaient deux fois plus d’accouchements prématurés que celles ne l’utilisant pas.

Les scientifiques ne peuvent que formuler des hypothèses quant-au lien entre prématurité et massage à l’huile d’amande : le massage abdominal pourrait-il, par effet mécanique stimuler des contractions utérines et ainsi favoriser la prématurité ? Ou bien est-ce qu’un ou plusieurs composants de l’huile pourraient, après pénétration des tissus, en être responsables ? En tous les cas, les scientifiques de l’unité d’obstétrique du service mère et enfant de l’université de Modène, lancent une alerte quant-à l’utilisation des produits de phytothérapie et particulièrement de l’huile d’amande au cours de la grossesse. La recommandation est donc, comme vis-à-vis des médicaments, de s’abstenir de toute consommation non indispensable de plantes au cours de la grossesse.

Source

Herbal supplements in pregnancy: unexpected results from a multicentre study
F. Facchinetti, G. Pedrielli, G. Benoni, M. Joppi, G. Verlato, G. Dante, S. Balduzzi, L. Cuzzolin
Hum. Reprod. (2012) 27 (11): 3161-3167.

Crédit Photo Creative Commons by  OpalMirror

 

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