lundi 26 septembre 2016

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Un conflit armé favorise un petit poids de naissance

Quel est l’effet d’un conflit armé vécu par une future maman sur son bébé à naitre ? Des scientifiques américains et allemands ont mené une étude en Palestine, au sein de la population palestinienne au cours de la seconde intifada. L’intifada Al-Aqsa ou plus de 4100 palestiniens ont été tués a débutée en 2000. Même si les incursions de l’armée israélienne étaient ciblées, de nombreux non combattants vivants en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza, en ont été les victimes collatérales. Les médecins ont donc voulu évaluer l’impact de cette guerre sur des non combattants, ceux vivant encore in-utero.

Plus spécifiquement, ils ont voulu déterminer un lien éventuel entre le poids de naissance des bébés et l’exposition in-utero à un conflit armé. Ce lien a des raisons d’exister, d’abord du fait du stress vécu par les mamans, mais aussi de la malnutrition, de la fatigue physique et du manque de denrées alimentaires comme la viande (poulet) ou les laitages, des carences constatées sur place par l’association CARE international au cours de ce conflit. Les check points, les blocages des routes  obligeant à marcher sur de longues distances peuvent également altérer le bon déroulement d’une grossesse. La difficulté d’accès aux soins hospitaliers a également un effet reconnu sur une diminution du poids des enfants à la naissance.

La visite d’Ariel Sharon à la Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem le 28 septembre 2000, marqua le début de la seconde intifada. Au cours de ce conflit entre palestiniens et armée israélienne, 266 palestiniens furent tués et 11 074 blessés pendant les premiers 4 mois. En juin 2002, l’armée israélienne lança une vaste offensive, l’opération Rempart, en réponse à des attaques suicides et occupa une large partie de la cisjordanie, créant d’intenses combats dans les villes de Jénine et Naplouse.

L’analyse a été menée à partir de 1224 enfants nés entre 2001 et 2004, de 967 femmes. Le poids de naissance moyen était de 3,184 kilogrammes. Neuf pourcents des enfants pesaient moins de 2,5 kilogrammes et 5% étaient exactement à 2,5 kilogrammes, la limite supérieure avant de déclarer un petit poids de naissance (source OMS). Les auteurs ont ensuite corrélé les lieux de résidence de ces mamans avec les lieux où sont survenus les combats.

Des études précédentes avaient montrée qu’une attaque terroriste (11 septembre à NY) ou une famine sévère (Pays-Bas 1944-45) favorisaient un petit poids de l’enfant à la naissance. C’est la première fois qu’une telle évaluation est menée au cours d’un conflit armé violent tel que cet épisode de la guerre israélo-palestinienne.

Les résultats démontrent que les évènements survenus dans la bande de gaza et en Cisjordanie pendant la seconde intifada ont pu avoir une répercussion, augmentant modestement le risque d’enfants de moins de 2,5 kilogrammes à la naissance. Le stress psychologique est une des causes plausible de ce constat ; un stress psychologique surtout survenant au cours des 3 premiers mois de grossesse favorise un petit poids de naissance, alors que c’est la malnutrition qui aura plus d’influence à la fin de la grossesse. En 2009, une étude américaine avait montré que les femmes Palestiniennes bénéficiant d’un programme d’aide alimentaire du gouvernement américain visant à lutter contre la malnutrition, donnaient naissance à des enfants ayant en moyenne un poids de naissance augmenté de 10%.

Source

Armed conflict and birth weight: Evidence from the al-Aqsa Intifada
Hani Mansour, Daniel I. Rees
Journal of Development Economics 99 (2012) 190–199

Crédit Photo Creative Commons by  samdaq (AT) hotmai

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