Nourrissons : Le danger des «laits» végétaux

La mode de l’alimentation naturelle peut toucher les nouveaux parents au point que certain remplacent même les apports lactés nécessaires à un nourrisson, par une boisson végétale improprement dénommée « lait végétal ». C’est ce que nous rappellent plusieurs médecins hospitaliers lyonnais dans un article publié dans La Presse Médicale.

La nutrition du nourrisson repose sur l’allaitement maternel ou sur des laits fabriqués essentiellement à partir de lait de vache dont la composition vise à s’approcher au mieux des caractéristiques du lait maternel, une composition évoluant avec l’âge de l’enfant. Des boissons réalisées à base de végétaux, amandes, soja, noisettes, châtaignes ou riz sont proposés dans des magasins bio ou en vente sur internet et sont parfois proposés en cas d’allergie aux protéines de vache. Certains parents, adeptes d’une nourriture « saine et naturelle » imposent à leurs enfants, parfois dès le plus jeune âge, un régime restrictif avec éviction totale des produits animaux. Or ces boissons, parfois appelées «lait végétal», ne sont pas adaptés aux enfants en bas âge et les mettent en danger. Quatre cas malheureux nous mettent en garde contre ces boissons.

Le premier est un enfant de 9 mois, d’abord nourri au sein jusqu’à 6 mois puis par un lait infantile. Devant l’apparition d’une dermatite atopique et des difficultés de sevrage, sa maman remplace, sur les conseils d’un naturopathe, le lait industriel par une boisson à base de châtaignes. Or cette boisson ne contient que 0,1 grammes de protéines par 100 ml, pour un enfant qui en nécessite 10 fois plus. La diversification alimentaire n’apportait par ailleurs que 10 cuillères à café quotidiennes de fruits et légumes.  A l’entrée à l’hôpital, l’enfant était victime d’une dénutrition sévère et a du rester hospitaliser pendant 2 mois, séjour compliqué par une infection pulmonaire grave. Il présentait ce que l’on appelle un syndrome de Kwashiorkor, une malnutrition protéino-énergétique sévère.

Le second enfant a été hospitalisé à l’âge de 14 mois. Il avait été allaité par sa mère pendant 1 an avec, à partir de 5 mois, des apports complémentaires diversifiés. A 12 mois, ses parents convaincus de la toxicité du lait de vache, le sèvre à l’aide de 300 ml/jour d’une préparation végétale à base de riz. A son entrée à l’hôpital il est anémique (hémoglobine basse), une carence en fer et en vitamine B12. La carence nutritionnelle liée à la boisson à base  de riz s’est en fait surajouté à des carences liées à l’allaitement : en effet sa maman avait mangé tr ès peu de viandes rouges au cours de sa grossesse et une supplémentation en fer s’était fait sans ajout de vitamine B12. Les carences maternelles, qui se sont prolongées chez l’enfant du fait de l’allaitement, n’avaient pas été mises à jour au moment de son accouchement. La guérison a été rapide et l’enfant a été nourri enfin par un lait de croissance adapté et une alimentation bien diversifiée.

Deux autres cas, décrit par les auteurs, font état de carences alimentaires liées au remplacement  du lait de suite par une boisson végétale à base d’amande à volume équivalent mais n’apportant qu’un peu plus de la moitié des besoins énergétiques de l’enfant ou encore du cas d’un enfant dont les parents ayant fait la même erreur tentèrent de compenser la carence en augmentant le volume de boisson végétale, et causant finalement des régurgitations abondantes qui créèrent des troubles ioniques majeurs et se sont compliquèrent d’une infection pulmonaire par inhalation de ces régurgitations.

Au moins deux cas de décès de nourrissons par syndrome de Kwashiorkor directement lié à une erreur nutritionnelle ont été rapportés. Les troubles liés à de telles erreurs surviennent rapidement et dressent des tableaux pouvant égarer le diagnostic. Ces « laits » végétaux entrainent une carence énergétique, protéique, et vitaminique (vitamine B12, vitamine D) pouvant provoquer une anémie, des troubles ioniques, métaboliques et une déshydratation. La méfiance est donc de mise face à ces boissons « naturelles » dont certaines, injustement appelées «lait», peuvent encore plus injustement porter la mention « dès 4 mois » ou «convient à l’alimentation en cours de sevrage et de la diversification», trompant le consommateur.

Pour grandir, un enfant a besoin d’une alimentation de qualité, réduite pendant les 6 premiers mois uniquement au lait maternel ou à un lait pour nourrissons soumis à une réglementation précise. Ils sont enrichis en vitamine D, en fer, en fluor et vitamine K et les lipides qu’ils contiennent apportent les acides gras essentiels, autant d’éléments qui n’existent pas dans les « laits » végétaux. Les auteurs réclament une réglementation plus sévère  pour encadrer la vente des jus de végétaux mentionnant clairement qu’ils ne peuvent en aucun cas constituer une alternative aux laits infantiles.

Source

Complications carentielles suite à l’utilisation de « laits » végétaux, chez des nourrissons de deux mois et demi et 14 mois (quatre cas) Diane FourreauNoël PerettiBaptiste HengyYves GilletSonia Courtil-TeyssedreLaure HessIrène Loras-DuclauxNicolas CaronCapucine DidierFleur Cour-AndlauerSophie HeissatAlain LachauxÉtienne Javouhey La Presse Médicale Available online 27 September 2012

Crédit Photo  Creative Commons by  xopherlance

12 thoughts on “Nourrissons : Le danger des «laits» végétaux

  1. Sous prétexte de vendre du lait de croissance totalement
    inutile et même néfaste pour la santé (huiles à gogo, alu …) cet
    article jouant sur la peur est un beau ramassis de propagande
    Bien sûr que les « laits » végétaux ne remplacent pas les laits
    animaux mais enfin pour la plupart des parents là n’a jamais
    été la question. Les enfants ayant une alimentation équilibré
    peuvent se passer des produits laitiers, et je pense notamment
    aux enfants allergiques et intolérants aux protéines de lait de
    vache, chaque année plus nombreux. Tous ces bébés qui ne
    supportent pas les protéines ou le lactose, qu’on laisse
    souffrir et vomir et qu’on dope à la cortisone. Non les laits
    végétaux ne sont pas dangereux pour la santé (pensez à l’Asie
    nourrie au lait de soja quand même), dans le cadre d’une
    alimentation diversifiée. Cela n’arrive jamais les hospitalisations
    pour malnutrition d’enfants nourris au lait maternisé ? Si, les
    enfants allergiques ! Un peu de sérieux voyons, quelle honte !

  2. Du lait de soja pour les bébés en asie? Vous êtes totalement ignoratne.
    Le lait de soja est totalement a proscrire pour les bébés, c’est riche en perturbateur endocriniens.

  3. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » < à méditer par ces parents qui savent mieux que les médecins ce qui est bon pour leur enfant ^^

    Un enfant qui perd du poids et s'anémie, ça se voit. A condition de n'être pas aveuglé par des convictions farfelues, même pas justifiées par un prétendu "retour aux sources"…

    (et en Asie, on ne nourrit pas les bébés au lait de soja ^^ – encore une idée reçue – il y a des vaches, là-bas, vous savez…)

  4. Un beau discours de lobbyiste. Très orienté. NON, les laits végétaux ne sont pas responsables de la mort de ces bébés dénutris. Mais un déséquilibre alimentaire. Facile à corriger quand on est bien informé.

    Signé une mère végétarienne, de deux enfants eczémateux dont un sévèrement allergique au protéines de lait de vache.

  5. Le soja contient des isoflavones, terme mieux à employer que phyto-oestrogènes.
    Les nombreuses études portant sur les effets des préparations à base de soja pour nourrissons concluent unanimement à leur innocuité, y compris sur le long terme, et ce sur l’ensemble des critères biologiques examinés (fertilité, puberté, croissance, thyroïde, etc.). Aux États-Unis, un nourrisson sur quatre est nourri avec des préparations à base de soja.

    En Asie, l’alimentation inclut traditionnellement du soja dès le plus jeune âge comme l’atteste une étude (7) publiée en 1998 par le très prestigieux American Journal of Clinical Nutrition. De façon inexplicable, cette étude sera « oubliée » par L’AFSSA dans son rapport pourtant publié sept ans plus tard…

    http://www.vegetarisme.fr/_pdfs/SojaAVF-V2.pdf

    Quand au soja soi-disant perturbateur, il ne fait que réduire les effets néfastes des oestrogènes endogènes.

    De plus, il existe plusieurs préparations de laits végétaux équilibrés et adaptés aux nourrissons. Ils contiennent entre autres de la vitamine B12 :
    Je pourrais citer par exemple les produits de la marque Modilac.

    Que penser du lait de vache (ou jument, ou chèvre…) totalement inadapté à la croissance du nourrisson ?
    Les animaux sont dopées aux hormones de croissance, antibiotiques, vaccins et j’en passe.
    Le lait de lapin contient 10,4% de protéines, les lapereaux doublent leur poids en 6 jours.
    Le lait de chat contient 7% de protéines, les chatons doublent leur poids en 9 jours.
    Le lait de vache contient 3,3% de protéines, le veau double son poids en 47 jours.

    Concernant l’homme, son lait ne contient que 1,2% de protéines et le bébé met 180 jours pour doubler son poids.[1] Après quelques années, le veau atteint un poids de plusieurs centaines de kilos. Quelle mère attendrait un tel résultat pour son enfant?

    Le lait de vache est totalement adapté pour les besoins du veau: croissance rapide, solide ossature, mais faible développement du cerveau. Pour permettre la croissance rapide du veau, le lait de vache contient 4 à 5 fois plus de calcium que le lait de femme. De même, il contient plusieurs fois plus de substances minérales. Il est nécessaire que le veau grandisse rapidement, car libre dans la nature, il doit être en mesure de suivre le troupeau et de fuir les prédateurs.
    http://www.vegetarismus.ch/info/fb03.htm

    On n’est pas des veaux. Et d’ailleurs, l’être humain est la seule espèce animale à ne pas être sevré après l’âge de 3 ans…

    Le meilleur lait pour le bébé humain reste l’allaitement maternel de sa mère suivant un régime équilibré. Si l’allaitement est impossible, je ne vois aucun souci avec les boissons végétales spéciales nourrissons d’autant plus le calvaire que vivent les vaches laitières qui sont séparées de leur petit au bout de deux jours entre autres souffrances.
    http://laterredabord.fr/?p=13018

  6. Toutes les informations données dans ce commentaire restent sujettes à caution car n’étant pas référencées; nos lecteurs les regarderons avec circonspection. Par ailleurs cela n’enlève rien à l’article des pédiatres lyonnais et aux dangers des laits « végétaux » utilisés sans avis pédiatrique en remplacement d’un lait infantile.
    La rédaction

  7. Je suis née en Asie. Et effectivement, on n’y boit pas de lait de vache. Du moins, on n’y buvait pas. J’ai été allaitée jusque 15 mois +/- puis me suis passée de tout ajout lacté. Au Cambodge, puisque c’est de ce pays dont je suis originaire, on n’utilise pas de lait de vache mais du lait de coco à la place de la crème de vache.
    Je n’ai donc jamais reçu de lait de vache ni de lait artificiel après mon sevrage. Pourtant, je ne suis pas carencée, bien que ma mère n’eût pas une alimentation riche.
    Cet article est orienté. C’est sûr, les « laits végétaux » sont de lait que de nom. Toutefois, quel mensonge que de faire croire qu’il faut complémenter avec du lait de vache. Une alimentation équilibrée riche en légumes suffit. La propagande pro-lait de vache, on connaît…merci.
    Comme disait mon médecin et comme l’écrit Marie Thirion, pourquoi médicaliser l’alimentation des bébés? C’est du même ordre que médicaliser l’accouchement et la grossesse…N’en déplaise à la rédaction de ce site.

  8. Tout le monde sait que le meilleur choix pour la santé de l’enfant est le lait maternel humain. Celui d’une autre espèce comme les vaches n’est pas adapté. Il est alors modifié pour se rapprocher des besoins. Il existe des laits végétaux modifiés de la même façon, et tout autant adaptés aux besoins des bébés. La vitamine B12 est injectée dans la nourriture des animaux. Cet article et l’étude mentionnée avec son pauvre échantillon de 4 individus est de la pure propagande carniste. L’exploitation des animaux est le premier facteur de pollution et des maladies de civilisation en hausse, cf rapport de la FAO et position de l’ADA.

  9. tout à fait d’accord avec priseconscience et den !!!
    3 cas de malnutrition avec lait végétal et on en parle , ça s’est sur .et combien de morts par effet iatrogènes des médicaments !!!et ça on n on en parle pas ….je suis dans la santé pour info , ce n’est pas parce que vous citez des medecins et un hopital que votre version est crédible !!!!!

  10. Article qui manque grandement d’objectivité, comme on nous en sert de plus en plus souvent! Le lait de vache est omniprésent dans certaines sociétés, en grande partie grâce aux puissants lobbys agroalimentaires, et pratiquement absente dans d’autres, sans pourtant constater d’effets notables. L’humain a vécu des millénaires sans lait de vache…
    Concernant la vitamine d qui est ajoutée au lait de toute façon, il s’agit de compenser par une autre boisson également enrichie! La vitamine b12, bien elle j’en parle même pas: une autre grande arnaque! La vitamine k? Dans plusieurs pays, les enfants en reçoivent une dose à la naissance qui sert parfaitement jusqu’à ce que l’enfant la produise lui-même…. Bref, cette article est un gros ramassis de n’importe quoi, qui se base sur 4 cas (oui, oui, 4!) pour en arriver à une analyse subjective et trompeuse! Et en plus la rédaction la défend haut et fort! Incroyable! La science au service de l’ignorance et de la désinformation…

  11. Notre article a été écrit à partir d’une publication médicale citée en référence et consultable. Merci de vos arguments scientifiques.

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