lundi 5 décembre 2016

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La prise quotidienne de vitamines réduit (un peu) le risque de cancer

Les vitamines sont les compléments alimentaires les plus fréquemment absorbés, les consommateurs en attendant des effets miraculeux vis-à-vis d’une hypothétique protection contre la survenue de maladies chroniques, maladies cardiovasculaires ou cancers. Pourtant, récemment leur absence d’efficacité à réduire le risque de maladies cardiovasculaires a été clairement démontré (voir article Docbuzz). Elles ne sont pas non plus reconnues efficaces pour prévenir le risque de cancer, bien que dans ce cas, les résultats aient été parfois contradictoires. Une étude menée chez plus d’un million d’américains dans les années 1980 n’avait par exemple pas retrouvé d’effet de la prise de vitamines sur la mortalité par cancer et une étude suédoise menée chez 35 000 femmes avait retrouvé que la prise régulière de multivitamines augmentait le risque de cancer du sein de 19%. Cet effet a été totalement contredit par une troisième où les multivitaminés étaient consommés au cours d’une longue période, 15 ans, et réduisait le risque de cancer du sein et du colon (Nurses’ Health Study). Un nouvel essai publié dans le JAMA apporte de nouvelles données plaidant plutôt en faveur d’un effet protecteur qui reste cependant minime.

L’étude a comparé deux populations de plus de 7000 adultes (tous médecins), âgés en moyenne de 64 ans, l’une prenant des multivitamines pendant une période de plus de 10 ans et l’autre non.

Au cours de cette période, 17 hommes sur 1000 ont développé un cancer dans la groupe prenant des vitamines, et 18,3 hommes sur 1000 dans le groupe placebo, montrant une réduction significative de 8% du risque de cancers.

La moitié des cancers qui ont été diagnostiqués au cours de l’étude étaient des cancers de la prostate mais aucun effet n’est retrouvé sur eux, par la prise de vitamines (respectivement 9,1/1000 et 9,2/1000). Les scientifiques ne retrouvent pas non plus de site spécifique d’efficacité des vitamines probablement par manque de puissance statistique, que ce soit pour les cancers du poumon, de la vessie, ou du colon. Par ailleurs, la mortalité totale entre les deux groupes n’est pas réduite de manière significative par la prise de vitamines.

Ces résultats sont corroborés par une étude menée en chine ou près de 30000 adultes évaluèrent l’intérêt de la prise de bêtacarotène, de sélénium et de vitamine E pendant 6 ans : le groupe traité bénéficiaient d’une réduction de 9% de la mortalité totale, de 13% de la mortalité par cancer avec en particulier une réduction de 21% de la mortalité par cancer de l’estomac, un cancer beaucoup plus répandu en Asie et en particulier en Chine qu’en occident. D’ailleurs l’étude SUVIMAX  testant vitamine C, E, bêta-carotène, zinc et sélénium dans une population occidentale ne retrouvait aucun effet bénéfique. La différence de résultat entre ces deux derniers essais peut-être imputé à différence de qualité de l’alimentation. Cela rend encore plus intéressants les résultats que publie le JAMA, car la population considérée, vivant,  aux Etats-Unis, était bien nourrie.

Ainsi, une supplémentation en vitamines comportant vitamine C, vitamine E, et bêta-carotène, réduit la survenue de cancer de 8%, sans pour autant que l’on puisse déterminer le type de cancer sensible à cette prise.

Source

Multivitamins in the Prevention of Cancer in Men. The Physicians’ Health Study II Randomized Controlled Trial

J. Michael Gaziano & al
JAMA. 2012;308(18):doi:10.1001/jama.2012.14641

Crédit Photo Créative Commons by  dietmut

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