samedi 3 décembre 2016

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Une rock star solo a deux fois plus de risque de décéder jeune que celle jouant au sein d’un groupe

Les rocks stars devenues célèbres en solo ont deux fois plus de risque de décéder jeunes que celles devenues célèbrent au sein d’un groupe. Et selon cette étude originale publiée dans la revue BMJ Open, ceux dont le décès est lié à l’alcool ou à la drogue ont souvent eu une enfance difficile.

Bien qu’il y ait peu d’élus, le comportement et la santé des stars de la chanson sont très exposés médiatiquement et influencent par conséquent l’attitude et le comportement de masses importantes de populations. Dans l’industrie musicale, l’excès d’alcool et de drogues légales ou illégales est assez généralisé. La couverture médiatique internationale de ces comportements est capable d’influencer le comportement des fans. Il existe chez ces stars du rock ou de la pop un pic de mortalité à l’âge de 27 ans (Kurt Cobain, Amy Winehouse, Janis Jopelin).

Afin d’analyser les risques encourus par ces célébrités de la chanson, les auteurs de cette étude ont analysé les carrières de 1489 stars du rock et de la pop aux Etats-Unis et en Europe, sur une période de 50 ans, de 1956 (Elivs Presley) à 2006 (Regina Spektor, The Arctic Monkeys, and Snow Patrol)

Cette sélection des stars de la chanson a été réalisée par un groupe international de 200 000 fans, experts et critiques musicaux qui ont identifié les 1000 albums les plus célèbres jusqu’à l’année 1999.Ont été ajoutés à ce groupe les chanteurs des 30 albums les plus vendus chaque année de 2000 à 2006, mais seulement si la célébrité des chanteurs avait duré plus de 5 ans. Tous les chanteurs solos et les chanteurs des groupes sortant dans ce classement ont été inclus dans l’analyse soit 1489 stars. 55,9% des stars étaient Nord Américains et 44,1% Européens.

Ils ont alors été classés en fonction de leur type de musique, pop/rock, punk, rap, rythme & blues, etc. 137 étaient décédés au moment de l’étude (9,2%). Leur biographie a été analysée afin de déterminer l’âge de leur célébrité, et éventuellement leur durée de vie et les causes de leur mort si celle-ci était survenue (overdose, suicide, accident, alcoolisme chronique, violence). Différents facteurs de risque de décéder jeunes, comme la consommation d’alcool, de drogue, et certaines caractéristiques de leurs enfance (violence physique, abus sexuel, abus verbaux, vie avec un adulte dépressif, avec un parent souffrant d’une maladie mentale, d’une maladie chronique, d’un alcoolisme chronique, consommateur de drogues, un parent incarcéré…) ont été colligées. 55,9% des stars étaient Nord Américains et 44,1% Européens.

Les scientifiques ont évalué la durée de vie des stars à partir du début de leur célébrité en la comparant à celle de la population générale correspondante. Parmi les 137 stars décédés, 18,2% sont décédés d’overdose de drogue ou d’alcool, 15,3% de cause cardiaque, 18,2% de cancer, 7,3% de maladie chronique liée à la drogue ou à l’alcool (cirrhose), 5,1% d’accident, 2,9% de suicide, 5,8% par violence, 13,9% d’accident et13,9% d’autres causes. L’âge moyen de la mort d’une rock star est de 45 ans aux Etats-Unis et de 39 ans en Europe.

L’espérance de vie d’une star du pop/rock est inférieure à celle de la population générale jusqu’à 25 ans après les débuts de la célébrité pour ensuite devenir à nouveau comparable.

Les stars solos ont un risque accru de décéder jeune, double de celui d’un artiste jouant avec un  groupe, suggérant un effet protecteur de l’acquisition de la célébrité en groupe. L’appartenance à un groupe ethnique non-blanc, et la nationalité américaine, augmentaient encore ce risque de décès, alors que le sexe ou l’âge des débuts de la célébrité ne le faisaient pas varier. Les chances  de survient étaient d’autant plus importantes que la célébrité à été atteinte après l’année 1980.

La moitié des stars décédées précocement (47,2%) du fait de la drogue, de l’alcool ou par acte de violence avaient au moins un facteur de risque relié à leur enfance (abus physique, sexuel ou émotionnel, parent déprimé, suicidaire, malade mentalement ou physiquement, consommateur de drogue, etc.). Quatre stars sur cinq ayant un de ces antécédents  familiaux sont décédées d’un abus de drogue/alcool ou par un acte de violence. Ainsi la carrière de star de la chanson peut apparaitre attractive pour échapper à une enfance malheureuse, mais celle-ci nourri cependant une prédisposition à un comportement à risque expliquent les auteurs : “la prolifération de show télévisés cherchant à découvrir de nouveaux talents et les nouvelles opportunités crées par internet peuvent faire croire que ce rêve est plus atteignable que jamais” (…)”Il est cependant important que les enfants comprennent que l’abus de drogues et la prise de risques sont plus liés à l’enfance qu’ils ne sont des symboles du succès”

Ainsi, embrasser une carrière de star est identifié comme créant un risque de décès précoce dont la cause est souvent reliée à l’abus de drogues ou d’alcool, délétères pour la santé, et pouvant eux-mêmes être liés à une enfance difficile. La carrière solo accroit encore ce risque. L’influence des stars de la chanson sur la population, et particulièrement celle de leurs fans, ne doit pas non plus être sous-estimée en terme de santé publique : Lady Gaga est quotidiennement suivie par 20 millions de followers sur twitter et le décès de la chanteuse Whitney Houston a généré 2,5 millions de tweets. Les médias sociaux ont encore accru la proximité entre les stars et leurs fans, une proximité pouvant  encore démultiplier l’influence des uns sur les autres.

Source

Dying to be famous: retrospective cohort study of rock and pop star mortality and its association with adverse childhood experiences
M. A. Bellis, K. Hughes, O. Sharples, T. Hennell, K.
BMJ Open, 2012; 2 (6): e002089 DOI: 10.1136/bmjopen-2012-002089

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