dimanche 25 septembre 2016

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L’activité physique a façonné le cerveau humain et lui reste aujourd’hui indispensable

La science suggère actuellement  que si l’homme a pu développer son intelligence, c’est en partie parce qu’il y a deux millions d’années, nous avons acquis la capacité de semer toute sorte d’animaux à la course, comme de parcourir des distances longues, restées étrangères au monde animal. Le mouvement a ainsi façonné nos cerveaux ancestraux et demeure une nécessité indispensable à nos cerveaux modernes pour qu’ils fonctionnent de manière optimale. Un article récent du New York Times synthétise cette hypothèse.

L’endurance physique et la capacité d’effort des hominidés auraient donc joué un rôle dans la lente élaboration de l’humanité.

En 2004, Daniel E. Lieberman, de Harvard et M. Dennis Bramble, de l’Université de l’Utah ont publié dans la revue Nature, un article intitulé “Course d’endurance et l’évolution de l’Homo», dans lequel ils expliquent la survie de nos ancêtres d’il y a 2 millions d’années, par leur capacité à devenir des athlètes endurants, capables d’abattre des proies plus rapide grâce à leur obstination à les poursuivre jusqu’à ce que ces animaux abandonnent, épuisés et vaincus.

Cette endurance apporte la nourriture, la nourriture permet la reproduction. En sélectionnant les meilleurs athlètes, elle a permis la transmission des gènes et donc des capacités d’endurance, à des groupes pouvant devenir encore plus athlétiques, à développer des jambes plus longues, des orteils plus courts adaptés à la course, à perdre leur poils et à développer le complexe mécanisme de l’oreille interne qui permet de se maintenir stable en marche bipède prolongée. Le mouvement, l’endurance a ainsi forgé le corps humain, et rendu possible le développement de civilisations humaines. Car, dans le même temps, le cerveau humain se développa, grossit et l’homme devint de plus en plus intelligent. En comparaison aux autres mammifères, et compte tenu de notre corpulence, notre cerveau est aujourd’hui trois fois plus gros qu’attendu, estiment les anthropologues.

Un chasseur endurant, seul, ne serait cependant arrivé à rien. Ce sont des groupes qui se sont développés, des groupes qui ont eu pour nécessité de réfléchir à des stratégies de chasse, d’attaque, de protection, des groupes ou l’interaction sociale était donc primordiale. Le cerveau humain se serait donc développé de part la nécessité de réfléchir, de penser. Mais face à cette hypothèse, certains anthropologues estiment également que l’endurance physique a joué un rôle direct dans le développement du cerveau humain.

Pour asseoir cette hypothèse, des anthropologues ont corrélé l’endurance de différents mammifères, à la taille de leur cerveau. Ils notent que les rats ou les chiens, qui ont également une grande capacité d’endurance, ont également un volume cérébral supérieur à ce que suggère leur taille. En laboratoire, des scientifiques ont élevé des rats pour en faire des athlètes. Les meilleurs d’entre eux se sont reproduits, amenant à la création d’une lignée excellente à la course et qui après plusieurs générations, développaient naturellement la capacité de synthétiser des substances favorisant la croissance tissulaire, dont l’une est directement synthétisée par le cerveau, le BDNF, Brain-derived neurotrophic factor. Cette substance est indispensable à l’endurance et favorise le développement cérébral.

Selon David A. Raichlen, anthropologue à l’Université de l’Arizona et auteur d’un nouvel article sur l’évolution du cerveau humain, cela signifie que l’activité physique a pu contribuer à rendre les premiers humains plus intelligents.

Ainsi, il y a plusieurs centaines de milliers d’années, les chasseurs-cueilleurs les plus athlétiques, les plus actifs, ont survécu et ont transmis des caractéristiques physiologiques d’endurance à leurs descendants dont certain ont été capables de les améliorer, grâce en partie à des taux élevés de BDNF. Ce facteur cérébral s’est répandu en eux, et générations après générations, a façonné des muscles plus puissants et des cerveaux plus gros, accroissant en même temps la capacité physique, la capacité de raisonnement et de pensées, leur permettant alors de mieux chasser, de mieux manger et finalement de réussir l’évolution de l’homme. Etre actif, en mouvement les a donc rendu plus intelligents, maintenant leurs capacités à se déplacer plus efficacement.

Si effectivement l’activité physique a façonné l’activité cérébrale et si toutes deux furent si intimement liées, il est fort probable qu’elles le restent encore aujourd’hui et que l’activité physique représente un élément essentiel de la bonne santé mentale.

D’ailleurs des études récentes ont montré que l’exercice régulier, même à pied, conduit à des capacités mentales plus robustes ou encore que l’activité physique a un effet antidépresseur aussi puissant qu’un médicament (voir article Docbuzz).

Cette hypothèse n’est-elle pas fondamentale pour vous inciter à reprendre ou à poursuivre une activité physique tout au long de l’année 2013 ?

Source

Exercise and the Ever-Smarter Human Brain
Gretchen reynolds
New York Times DECEMBER 26, 2012, 12:01 AM

Endurance running and the evolution of Homo
Dennis M. BrambleDaniel E. Lieberman
Nature 432, 345-352 (18 November 2004)

Relationship between Exercise Capacity and Brain Size in Mammals
David A. Raichlen, Adam D. Gordon
PLoS ONE 6(6): e20601. doi:10.1371/journal.pone.0020601

Linking brains and brawn: exercise and the evolution of human neurobiology
David A. Raichlen, John D. Polk
Proc. R. Soc. B 7 January 2013 vol. 280 no. 1750

Crédit Photo Creative Commons by  Ben Sutherland

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