vendredi 30 septembre 2016

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Grippe : des variations génétiques expliquent pourquoi certaines communautés sont plus sensibles au virus

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Une modification génétique retrouvée dans la communautée chinoise pourrait expliquer pourquoi certains sont plus sensibles au virus de la grippe que d’autres, révèle une étude publiée dans la revue Nature Communication. Des scientifiques Anglais et Chinois ont analysé une partie du génome de 83 patients chinois admis dans les hôpitaux de Pékin lors de la grippe H1N1 de 2009-2010; certains présentaient de complications sévères de l’infection grippale comme une pneumonie, une insuffisance respiratoire ou rénale. Ceux possédant la modification génétique découverte par les scientifiques avaient 6 fois plus de risques de souffrir d’une infection sévère que ceux ne la possédant pas.

La modification génétique porte sur un seul gène, le gène IFITM3 (interferon-induced transmembrane protein-3), un déterminant de la capacité des cellules immunitaires à lutter contre le virus de la grippe. les scientifiques montrent qu’il existe 3 variants du gène, trois génotypes appelés CC, CT et TT.

Parmi le groupe de patients étudiés, ceux ayant une infection modérée n’étaient pas plus fréquemment porteurs d’un génotype particulier en comparaison à la population chinoise Han. En revanche, parmi les patients sévèrement touchés 69% avaient le génotype CC, un génotype qui est retrouvé chez 25% de la population chinoise Han (l’ethnie Han représentent environ 80 à 90% de la population chinoise). Par ailleurs, 10 des 13 patients décédés étaient également porteurs du génotype CC.

Ce génotype CC n’est retrouvé que chez moins de 1% de la population caucasienne : 8% de la population d’Europe du nord est porteuse ainsi que 2% de la population britannique. Il est en revanche commun chez les Japonais (48% de la population) et les Coréens.

Les porteurs du génotype CC n’ont pas plus de risque d’être infectés par la grippe, mais lorsqu’ils le sont, leur système immunitaire  “s’emballe” et est capable de causer lui-même des dégâts importants aux organes et d’altérer la capacité respiratoire. Connaitre le génotype des patients permettrait donc d’anticiper ces complications, de traiter peut-être plus tôt et de mieux surveiller ces patients puisqu’il n’existe pas à ce jour de réelle thérapeutique antivirale contre la grippe.

Les scientifiques estiment que d’autres infections sont capables de générer cette réaction immunitaire massive liée au génotype CC : ainsi les porteurs réagiraient également violemment à une infection par la dengue, le SRAS et les autres virus grippaux.

Le screening génétique devient donc de plus en plus important, aussi bien en terme de prévention dans le cadre de plan sanitaires public qu’en terme de thérapeutique : certaines modifications génétiques créent une capacité allergique démultipliée à certains médicaments ou une sensibilité accrue à leur action bénéfique, des traitements personnalisés des cancers en fonction du génome des cellules cancéreuses vont devenir de plus en plus fréquents. La science de demain aura besoin de connaitre nos gènes en détails afin de mieux adapter l’efficacité des thérapeutiques.

Source

Interferon-induced transmembrane protein-3genetic variant rs12252-C is associated with severe influenza in Chinese individuals
Yong-Hong Zhang, Yan Zhao,Ning Li,Yan-Chun Peng,Eleni Giannoulatou,Rong-Hua Jin,Hui-Ping Yan,Hao Wu,Jin-Hua Liu,Ning Liu,Da-Yan Wang,Yue-Long Shu,Ling-Pei Ho,Paul Kellam,Andrew McMichael,Tao DongNature Communications 4, Article number: 1418

Crédit Photo Creative Commons by  · · · — — — · · ·

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