samedi 3 décembre 2016

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Cinq troubles psychiatriques ont des anomalies génétiques communes

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Les résultats d’études familiales et d’études menées avec des jumeaux suggèrent que la contribution du génome à différents troubles psychiatriques ne permet pas de les classer comme des pathologies totalement différentes (ce qui est pourtant le cas aujourd’hui). Une étude publiée dans la revue The Lancet relance l’hypothèse d’une origine génétique non différentiée de plusieurs pathologies, pourtant jugées aujourd’hui cliniquement non apparentées, la schizophrénie, le trouble bipolaire, l’autisme, la dépression majeure et le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention.

Une équipe de scientifiques américains appartenant à plusieurs grands centres de recherche, ont ainsi mené la plus grande étude génétique jamais réalisée en psychiatrie. L’étude, s’est fondée sur un examen des données génétiques de plus de 60.000 personnes. Les résultats apportent une vision nouvelle des pathologies psychiatriques visant à apporter un diagnostic basé sur une analyse génétique et non plus uniquement sur une analyse des symptômes.

Les scientifiques ont analysé le génome entier d’un seul nucléotide pour les cinq troubles psychiatriques, la schizophrénie, le trouble bipolaire, l’autisme, la dépression majeure et le trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention, chez 33 332 malades  et les ont comparé à celui de 27 888 personnes non malades.

L’étude a mis en évidence quatre anomalies de l’ADN qui confèrent un risque (faible) de troubles psychiatriques. Pour deux d’entre eux, on ne sait pas encore ce pour quoi ils codent. En revanche, les deux autres anomalies génétiques retrouvées dans les 5 pathologies psychiatriques sont utilisés par un système de signalisation cérébral spécifique, activé lorsque les nerfs envoient des signaux au cerveau, via des modifications des canaux calciques cellulaires.

Cela ne signifie pas que la génétique des troubles psychiatriques se limite à ces anomalies : d’autres gènes ou d’autres variations des gènes identifiés dans cette étude peuvent être impliqués.

Ces résultats ouvrent la porte à une nouvelle compréhension de la psychiatrie et remet en cause la nosologie actuelle basée sur la seule approche symptomatique. La psychiatrie doit évoluer vers la génétique. Par ailleurs, les résultats de cette étude a déjà permis la mise en place de petites études voulant évaluer l’effet d’inhibiteur des canaux calciques dans certaines pathologies psychiatriques.

Source

Identification of risk loci with shared effects on five major psychiatric disorders: a genome-wide analysis 

Cross-Disorder Group of the Psychiatric Genomics Consortium

The Lancet, Early Online Publication, 28 February 2013
Crédit Photo Creative Commons by  TZA

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