dimanche 25 septembre 2016

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Génériques : l’omerta se fissure

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Va t-on enfin entendre les médecins et la réalité des patients obligés à consommer des génériques? C’est peu probable mais les nouveaux témoignages du Dr Boukris dans un livre publié  aux éditions du Moment  “Médicaments génériques, la grande arnaque”, et la prise de position de l’Express rompent l’omerta. Ouvrir la parole aux médecins et aux patients va permettre de diffuser des informations jusqu’alors camouflées à grand coup de campagnes publicitaires vantant l’équivalence des génériques aux médicaments princeps. Si l’idée de proposer des médicaments “identiques” moins chers est séduisante pour le payeur, la réalité est, elle, toute différente. C’est ce dont témoigne le livre du Dr Boukris et le dossier de la semaine du magazine l’Express. Ces propose n’étonneront pas les lecteurs assidus de Docbuzz.

Voici les liens pour en lire les articles :

Médicaments génériques: le cri d’alarme des médecins

Pour les pouvoirs publics, la cause est entendue: pas de différence entre génériques et molécules de référence. Pourtant, de plus en plus de généralistes et de spécialistes s’interrogent sur leur efficacité, leurs limites, leurs effets indésirables. L’un d’eux dénonce les dérives de la politique sanitaire dans un livre dont L’Express publie des extraits. Jean Hvostoff n’est pas opposé aux génériques. Pas “par principe” en tout cas; en bon petit soldat de la santé publique, il en a même prescrit pendant des années. Jusqu’à ce jour de 2007 où un patient, salarié dans un laboratoire de génériques, lui lâche le morceau: si “son” médicament est moins cher que le princeps (la molécule de référence), c’est parce qu’il est produit dans un pays où “la matière première est moins pure. Donc, moins chère”. “J’ai commencé à douter à ce moment-là. D’autant que, spontanément, de nombreux patients trouvaient ces traitements moins efficaces, plus difficiles à prendre, avec davantage d’effets secondaires. Bref, ce n’était pas pareil”, se souvient ce généraliste en région parisienne. (lire la suite sur le site de l’Express)

Médicaments génériques: “Copies non conformes”

Le Dr Sauveur Boukris publie Médicaments génériques. La grande arnaque (Ed. du Moment). Il s’y insurge contre ce qu’il considère comme un véritable scandale sanitaire. En France, le développement des génériques a modifié le paysage médical : la relation médecin-pharmacien s’est distendue, le lien pharmacien-malade a changé, la recherche médicale des firmes pharmaceutiques et l’innovation ont été mises au pas. (…) Disons-le d’emblée : les médicaments génériques, c’est d’abord et surtout une histoire d’argent avant d’être une histoire de santé. (…). En plus de dix ans, les génériques sont entrés dans les moeurs. Tout est fait pour contraindre les médecins à les prescrire et les pharmaciens à les délivrer. On est passé de la pédagogie aux sanctions. Plus de huit médicaments sur dix pour lesquels il existe une version générique font l’objet d’une substitution. Le marché des génériques a plus que triplé en une décennie et, actuellement, une boîte de médicaments sur quatre vendue en France est un générique. (Lire la suite sur le site de l’Express)

Médicaments génériques: ces effets pas vraiment secondaires

Des médecins témoignent et interpellent les autorités sanitaires : les génériques perturbent le traitement de nombre de patients. Dont la réaction au produit n’est pas toujours bénigne. La dernière fois qu’il a vu sa patiente, “une petite grand-mère que je soigne depuis des années”, Jean-Yves Maes lui a demandé, par acquit de conscience, si elle prenait bien son antiulcéreux. La réponse est tombée, sans appel: “Docteur, j’ai arrêté, car j’ai trois boîtes différentes à la maison, je m’y perds!” Ce généraliste, installé à Lambersart, dans le Nord, a dû ravaler sa colère. “Je suis désabusé: même quand je marque “non substituable”, le pharmacien n’en tient pas compte et, au final, c’est le patient qui trinque.” A l’image de ce quadragénaire à qui le praticien a prescrit un jour un vasodilatateur “DCI” (dénomination internationale), en inscrivant “trimétazidine” sur l’ordonnance. Le pharmacien s’est trompé: il a donné de la trimébutine, un antispasmodique digestif. “Une erreur, ça peut arriver. Heureusement qu’il s’agissait d’un patient jeune et sans complication…” Tout le contraire de cette vieille dame aux antécédents multiples dont le diurétique, un autre générique, se coupait tout seul en deux. Résultat: “Elle a pris la moitié de la dose efficace pendant des jours et des jours.” (Lire la suite sur le site de l’Express)

Malheureusement tout cela ne changera rien à la politique low-cost du gouvernement. Nos finances ne nous permettent-elles plus de financer autre chose? Déjà en 2011, suite aux prise de position du Dr Boukris, le GEMME, le syndicat des génériqueurss avait écrit à l’ordre des médecins un courrier pour dénoncer “la diffusion de données éronnées”, “les propos (…) diffamatoires” qui “tendent à remettre en cause l’intérêt économique des médicaments génériques”. L’absence de pharmacovigilance sérieuse dans notre pays, responsable de la méconnaissance des effets secondaires par exemple des pilules, sert cette fois le gouvernement et permet d’ignorer hautainement les conséquences sanitaires des génériques.

Mais d’autres effets nous guettent, encore plus grave et toujours à mettre, en partie, au crédit du générique, les ruptures de stocks de plus en plus importants de médicaments. Comme pour tant d’autres industries, la recherche des prix les plus bas a fait fermer les usines européennes de production de matière première et délocalisé les production dans des pays à bas-coup. Mais la France n’a pas été la seule à vendre à sa population le bonheur des génériques. Cet effet sur la destruction de l’outils de production a été identique dans tous les pays d’Europe comme aux Etats-Unis faisant que dorénavant 80% des produits actifs pharmaceutiques sont produit en Inde et en Chine, pays où le monde entier s’approvisionne. Mais il n’y a plus assez pour tout le monde et l’arrêt d’une usine ou d’une chaine de production entraine localement des ruptures de production et chez nos grossistes des ruptures d’approvisionnement puis de stock en pharmacie. Le 21 mars 2013, le journal LE MONDE témoignait de ces multiplications de rupture de stock : “C’est un cri d’alarme qu’a lancé, mercredi 20 mars, l’Académie nationale de pharmacie. De plus en plus de pharmacies sont en rupture de stock : chaque jour, 5 % des médicaments commandés par les pharmaciens de ville ne sont pas disponibles, et la moitié de ces interruptions dépassent quatre jours. Antibiotiques, anticancéreux, anesthésiques sont les principales classes concernées, mais vaccins ou anxiolytiques manquent également. Au total, l’Agence nationale de sécurité du médicament a recensé 118 produits dont l’approvisionnement est difficile ou tout simplement arrêté”.”Ce phénomène, mondialisé, s’est aggravé ces dernières années. Tous les jours, il nous manque un ou plusieurs médicaments”, explique Philippe Liebermann, pharmacien à Strasbourg et vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France”.

 Face à ce désastre, quelles sont les réponses de nos gouvernants? Aucune.

Source

Médicaments génériques: ces effets pas vraiment secondaires
Vincent OlivierL’Express, le 

Médicaments génériques: le cri d’alarme des médecins
Vincent Olivier
L’express, le 

Médicaments génériques: “Copies non conformes”
L’Express, le 

Pharmacies : les ruptures de stock des médicaments en forte hausse
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO |  • Mis à jour le 

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