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Le beau temps arrive, les pauvres peuvent vivre dans la rue…

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A l’occasion de la fin du dispositif hivernal de mise à l’abri et d’hébergement, Médecins du Monde publie les résultats de son enquête annuelle sur l’hébergement d’urgence, réalisée en début d’année à Lyon, Saint-Denis et Strasbourg. Un bilan de la situation de l’hébergement d’urgence qui permet d’analyser les réponses – ou absences de réponses – proposées aux personnes vivant à la rue ou dans des habitats précaires.

L’enquête a été menée entre janvier et février auprès des personnes sans-abri rencontrées par les équipes de MdM, et pour lesquelles un appel au 115 a été effectué. L’objectif était de connaître les solutions apportées par le 115 aux demandes d’hébergements, les motifs liés à l’absence de solutions du 115, et les raisons évoquées par les personnes lorsque celles-ci refusent les solutions proposées.
Parmi les 316 personnes pour lesquelles un signalement a été fait, plus d’une personne sur deux n’a pas été hébergée. Parmi elles, 12 % sont des mineurs, 3 % des femmes enceintes et 34 % présentent un problème de santé.

L’absence de places disponibles demeure la raison majeure du non hébergement : 73% des refus du 115 sont dus au manque de place. Le second motif de refus du 115 reste l’absence de places adaptées à la situation des personnes : couples ou familles, dépassement du quota de nuits, problèmes de comportement (violence), présence d’un chien…

Par ailleurs, dans 52 % des cas, les solutions suggérées par le 115 ont été refusées par les personnes concernées. Le caractère collectif de l’hébergement proposé et la promiscuité (70 %), la durée de l’hébergement jugée trop courte (21 %) représentent les principales raisons de refus.

L’enquête révèle également que les solutions d’hébergement sont en général de très courte durée : 84 % des personnes ont eu une proposition pour une seule nuit. Ces personnes se retrouvent par conséquent presque systématiquement à la rue, en dépit du principe de continuité de la prise en charge, et doivent renouveler sans cesse leurs demandes auprès du 115.

Enfin, un tiers des personnes nécessitant un hébergement d’urgence présente un problème de santé ; il s’agit dans 8 cas sur 10 d’un problème chronique (avec une prédominance des addictions et des pathologies d’ordre psychiatriques). Parmi ces personnes, seules 36,4% ont été relogées.

Ces résultats mettent en évidence une saturation des dispositifs d’hébergement menant au non-respect des principes d’inconditionnalité de l’accueil et de continuité de l’hébergement. Ils soulignent également l’inadaptation des solutions proposées à l’évolution des publics à la rue (augmentation du nombre de familles avec enfants, présence importante de personnes présentant des problèmes de santé…).

Face à ces constats, Médecins du Monde recommande :
–    la création de structures d’hébergement ouvertes toute l’année en nombre et capacité d’accueil suffisants, avec un accompagnement social vers le logement pérenne.
–    La création en nombre suffisant de Lits Haltes Soins Santé (LHSS) ou de Lits d’Accueil Médicalisés pour les personnes malades en situation de grande exclusion.
Médecins du Monde souligne l’urgence de telles mesures à quelques jours de la fin de la trêve et restera vigilant quant à leur concrétisation.

Malgré l’annonce de la fin de la gestion saisonnière du dispositif d’hébergement, les plans territoriaux de sortie de l’hiver prévus dans le cadre de la circulaire du 04.01.2013 restent flous et insuffisants pour atteindre les objectifs fixés. L’incertitude demeure quant à la pérennisation des places ouvertes cet hiver.

Source

Communiqué Médecins du Monde

FIN DU DISPOSITIF HIVERNAL D’HÉBERGEMENT ET REPRISE DES EXPULSIONS LOCATIVES
L’enquête MdM sur l’hébergement d’urgence Bilan Hiver 2012/2013
27 mars 2013

Credit Photo Creative Comons by Thomas Hawk

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