Vendredi 29 août 2014

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Prendre un antidépresseur pendant la grossesse accroit le risque d’autisme

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La fréquence de l’autisme s’est dramatiquement accrue ces dernières années en particulier aux Etats-Unis : alors qu’un enfant sur 10 000 était concerné en 1988, en 2012, 1 sur 50 le sont. Récemment, une étude a suggéré qu’il pouvait exister un lien entre la prise d’antidépresseurs chez les femmes enceintes et la survenue ultérieur d’un autisme chez l’enfant. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont de plus en plus utilisé au cours de la grossesse depuis les années 1990 alors que parallèlement l’implication du système sérotoninergique dans la physiopathologie de l’autisme est devenu une des hypothèses plausibles. Une association entre prise d’antidépresseur et autisme ne signifie pas pour autant qu’il existe une relation de cause à effet car ce peut être la dépression maternelle impliquant une cause génétique qui peut accroitre ce risque d’autisme.

Des scientifiques Suédois ont voulu tenir compte de ces différents aspects pour rechercher un lien entre autisme et prise d’antidépresseur en réalisant une étude cas-témoin au cours de laquelle un antécédent de dépression ou la présence d’autres troubles psychiatriques chez le père était également recherchés (schizophrénie, trouble bipolaire, autres troubles neuro-psychologiques ou troubles de la personnalité).

4429  enfants autistes, dont 1828 avec des troubles intellectuels et 2601 sans, formaient le groupe des cas. 43 277 autres enfants sans autisme formaient le groupe contrôle. 1% des femmes ayant donné naissance à un enfant devenu autiste avaient eu une dépression contre 0,6% des femmes ayant eu un enfant non autiste. 0,4% des pères des enfants des deux groupes avaient eu une dépression.

Les résultats montrent que l’existence d’une dépression maternelle accroit de 60% le risque d’autisme chez l’enfant. Lorsque la consommation d’antidépresseur au cours de la grossesse est pris en compte, le risque d’autisme est accru de 40%. Ce risque persistait après élimination des autres facteurs confondants. Ce risque était retrouvé en particulier pour le risque d’autisme sans trouble intellectuel qui était presque multiplié par 2 (+86%) chez une mère ayant eu une dépression. Aucun lien n’est retrouvé avec une dépression paternelle.

Les scientifiques estiment à la lumière de leur analyse qu’une suppression totale de la prise d’antidépresseur au cours de la grossesse supprimerait 0,6% des cas d’autisme.

Il existe donc bien une relation entre dépression maternelle et autisme mais surtout chez les femmes ayant pris un antidépresseur inhibiteur de la recapture de la sérotonine pendant leur grossesse. Les femmes doivent donc en être sérieusement informées.Cependant, les antidépresseurs n’expliqueraient que moins de 1% des cas d’autisme et leur prise ne peut donc pas expliquer l’accroissement exponentiel de l’autisme actuellement en cours.

Source

Parental depression, maternal antidepressant use during pregnancy, and risk of autism spectrum disorders: population based case-control study

Dheeraj Rai, Brian K, Christina Dalman, Jean Golding, Glyn Lewis, Cecilia Magnusson

BMJ 2013;346:f2059

Crédit Photo Creative Commons by  kendrak

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