samedi 3 décembre 2016

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Reims-Bangladesh : le même irrespect de la vie humaine prévaut

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Construits en dehors des normes légales, ou mal entretenus, les bâtiments font courir un risque vital à leurs habitants. A des milliers de kilomètres de distance, les mêmes causes provoquent les mêmes effets. L’effondrement d’un immeuble de huit étages dans la banlieue de Dacca au Bangladesh scandalise : plus de 300 femmes travailleuses, ou esclave du textile, y sont mortes écrasées sous les blocs de béton. Cet immeuble n’a jamais obtenu de permis de construire mais était utilisé impunément depuis des années. Ces femmes sont mortes à cause de nous, nous qui voulons des prix toujours plus bas, à causes de nos marques occidentales de textiles qui sont prêtes à tous pour nous offrir ces prix bas, et cherchent toujours à produire au plus bas coût. D’ailleurs les marques de textiles qui sous-traitaient leur production dans cette usine se sont empressées de faire savoir qu’elles allaient indemniser les familles des femmes décédées. Evitons la polémique. Combien vaut la vie d’une esclave du textile ? Combien vaut l’avenir des orphelins de ces esclaves dévouées ? Etes-vous toujours prêt à acheter sans même y penser le jean de votre enfant fabriqué par les mains d’une femme bangladeshie exploitée sous prétexte que votre pouvoir d’achat a baissé de 1% en 2012?

Un pan entier d’un immeuble HLM de 4 étages, situé dans la banlieue de Reims, s’est effondré de haut en bas : A 11h15, les planchers et plafonds ont écrasé les habitants présents. Une explosion de gaz serait à l’origine de ce sinistre. Pour autant les témoignages recueillis depuis montrent à quel point ces immeubles sont de mauvaise qualités, mal entretenus, profondément fissurés. Mais comme au Bangladesh, l’impunité prévaut. Un papa, une maman, et leur bébé de trois ans ont péris, une famille. Une femme âgée a également été retrouvée dans les sous-sols, écrasée. Quatorze autres personnes sont blessées.

Gaz ou pas, la responsabilité de ces désastres reste humaine. Lorsqu’une conduite de gaz explose, la fatalité n’est pas en cause mais la malveillance ou le simple non respect de la vie humaine par un fonctionnaire fainéant ou incapable.

Les autorités prises en flagrant délit sur réagissent pour camoufler leur inaptitude : le propriétaire de l’immeuble de Dacca est arrêté et jeté en prison. A Reims, on met immédiatement un hôtel à disposition des victimes, 40 chambres sont proposées par la maire PS de Reims. Evitons la polémique. Et surtout, clamons notre innocence immédiatement, c’est pas nous ! « «Les immeubles étaient correctement entretenus. Ils avaient été rénovés en 2005 et faisaient l’objet d’une visite annuelle» affirme Adeline Hazan, Maire de Reims, voulant avec force nier les évidences, camoufler les morts, ces morts par irrespect de la vie humaine, ces morts finalement banals de l’impunité des élus et des d’administration surchauffées. François Hollande envoie ses condoléances. L’affaire est close. Evitons la polémique. Pourtant il y a seulement 1 mois, à Witry-les-Reims, à seulement 10 kilomètres de là, la fatalité du gaz avait déjà tué 5 personnes dans un HLM géré par le même organisme, le Foyer Rémois.

Dans quelques jours, nous aurons tout oublié. Les vacances arrivent. Notre ministre Duflot a déjà déclaré la cause « accidentelle ». Aucun membre des administrations ne sera donc poursuivi. Il faudrait juste éviter qu’un nouvel immeuble explose demain. Evitons la polémique. Quant au Bangladesh, ses 376 morts, ses 1200 blessés, il ne faudrait pas que la grève des usines dure trop longtemps, sinon nos enfants n’auront pas de beaux habits pas cher pour la rentrée des classes.

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