dimanche 4 décembre 2016

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44 000 urgences médicales à bord des avions chaque année et 100 décès

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2,75 milliards de passagers prennent l’avion chaque année. Au cours de ces transports aériens, un certain nombre d’urgences médicales surviennent et ce sont le plus souvent des passagers médecins qui sont appelés  pour porter aide et soins aux voyageurs souffrants. Peu de données publiées existent cependant sur ces cas. Des scientifiques de  l’école de médecine de l’Université de Pittsburg (USA) ont utilisé les données enregistrées par les équipages afin d’évaluer le type de pathologies survenant au cours des vols commerciaux et leur sévérité.

Les données de vols intérieurs aux Etats-Unis et de vols internationaux réalisés par 5 compagnies et totalisant 774 millions de passagers, soit 10% du nombre de passager prenant annuellement l’avion, ont été analysées sur presque 3 années, du 1 janvier 2008 à octobre 2010.

Les analyses retrouvent 11 920 urgences médicales pour 774 millions de passagers, soit 1 urgence pour 16 millions de passagers ou encore une urgence médicale tous les 604 vols. Les pathologies les plus fréquentes sont une syncope (37,4%), des symptômes respiratoires (12,1%), des symptômes cardiaques, des troubles digestifs à type de douleur, de nausées  ou de nausée (9,5%), une perte de conscience ou une suspicion d’accident vasculaire cérébral.

Pour un tiers de ces urgences, la situation s’est améliorée avant l’atterrissage de l’avion, pour un autre tiers les patients ont été hospitalisés immédiatement après l’atterrissage. Un déroutement de l’avion n’a été nécessaire que dans 875 cas (7,3%). Ces cas concernaient une symptomatologie compatible avec un accident vasculaire cérébral, des symptômes gynécologiques ou obstétricaux ou cardiaques. Des 61 cas obstétricaux recensés, 60% sont survenues chez des femmes enceintes de moins de 24 semaines d’aménorrhée (saignements vaginaux) ayant abouti sept fois à un détournement du plan de vol et un atterrissage en urgence. Il y a eu également 11 cas d’accouchement dont 3 ont nécessité à un atterrissage d’urgence.

36 décès ont été enregistrés au cours de ces urgences médicales dont 30 sont survenus au cours du vol (ainsi, par extrapolation, 100 passagers décèderaient dans un avion chaque année).

La moitié de ces urgences aériennes ont été traitées par un médecin présent dans l’avion qui avait répondu à l’appel de l’équipage. Dans les autres cas, il s’agissait d’infirmières, d’autres professions de santé ou de l’équipage lui-même.

Les traitements appliqués restent simples : de l’oxygène dans la moitié des cas, de l’aspirine pour 5% des cas et une perfusion intraveineuse dans moins de 1% des cas. Rarement des traitements tels que des antiémétiques ou des anti—nauséeux ont été nécessaires.

Un défibrillateur est dorénavant obligatoire dans les avions. Il a été utilisé dans 1,3% de ces urgences aériennes (137 cas) suite à une syncope, une douleur thoracique ou une perte de conscience et dans 24 cas d’arrêt cardiaque.

Ainsi, on peut estimer qu’annuellement 44 000 urgences médicales surviennent en vol. La plupart de ces urgences ne sont pas graves  et ne nécessitent pas de modifier la route de l’avion. La première cause d’urgence à bord est la survenue d’une syncope liée à une hypotension qui se résout le plus souvent spontanément dans les 15-20 minutes sans nécessiter de traitement ultérieur. Concernant les urgences cardiologiques, les médicaments présents à bord, aspirine, dérivés nitrés, oxygène sont le plus souvent suffisants pour attendre l’atterrissage. Dans le cas d’une suspicion d’infarctus, un monitoring à l’aide du de l’écran du défibrillateur peut se révéler utile. En cas d’arrêt cardiaque avéré, le défibrillateur ou une injection d’épinéphrine sont également tous deux disponibles sur la majorité des avions. Le taux de survie d’un arrêt cardiaque en vol varie de 14 à 55%. Par ailleurs, la rareté des urgences gynécologique laisse à penser que l’autorisation des femmes enceintes jusqu’à 36 semaines d’aménorrhée peut être poursuivie.

Au total, le taux de mortalité en vol est de 0,3% à 1,3%.

Voir l’animation sur l’épidémiologie des urgences en avion (The Epidemiology of In-Flight Medical Emergencies)

Source

Outcomes of Medical Emergencies on Commercial Airline Flights

Drew C. Peterson, Christian Martin-Gill, Francis X. Guyette, Adam Z. Tobias, Catherine E. McCarthy,., Scott T. Harrington, Theodore R. Delbridge, Donald M. Yealy.

N Engl J Med 2013;368:2075-83

Crédit Photo Creative Commons by InSapphoWeTrust

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