samedi 3 décembre 2016

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Les bonnes graisses végétales allongent la vie, même chez des patients atteint d’un cancer

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Chez les hommes à qui a été diagnostiqué un cancer de la prostate, l’intégration dans leur régime alimentaire, d’une quantité importante de graisses végétales, comme l’huile d’olive, réduit le risque de diffusion de la maladie cancéreuse et le risque de décès, toute cause confondue.

Ces résultats, confirment un rôle important de l’alimentation dans la lutte contre les cancers et leurs extensions, d’autant plus qu’un résultat inverse est obtenu lorsque les mêmes patients conservent un régime riche en graisses saturées ou en graisses trans : ces graisses industrielles tuent. Le slogan n’est donc plus, réduisez les apports en graisses mais changez vos apports en graisses!

En 1986, des scientifiques de l’Université de Californie ont recruté 4477 hommes ayant un cancer de la prostate sans métastase, et les ont suivi jusqu’en 2010, évaluant régulièrement l’évolution de leur  cancer. Les quantités et les différents types de graisses auxquels étaient exposés les patients dans leur alimentation étaient colligés : graisse saturées, monoinsaturées, polyinsaturés, trans, graisses animales ou végétales.

Au cours des 14 années de suivi, 315 hommes sont décédés de leur cancer de la prostate et 1064 d’autres causes.

Un premier niveau de comparaison permet d’évaluer une différence de mortalité entre les gros consommateurs et les faibles consommateurs de chaque type de graisses : puis il est possible de comparer la mortalité en fonction du type de graisses consommées  (les chiffres donnent la mortalité pour un groupe de 1000 individus et pour une année, gros consommateurs chiffres de gauche vs faibles consommateurs, chiffres de droite):

– Graisses saturées
décès par cancer de la prostate : 7.6  vs 7.3,
décès toutes causes : 28,4 vs 21,4

– Graisses mono insaturées
décès par cancer de la prostate : 6.4 vs 7.2,
décès toutes causes : 20.0 vs 23.7

– Graisses poly insaturées
décès par cancer de la prostate : 5.8 vs 8.2
décès toutes causes : 17.1 vs 29.4

– Graisses trans,
décès par cancer de la prostate : 8.7 vs 6.1
décès toutes causes : 32.4 vs 17.1

– Graisses animales
décès par cancer de la prostate : 8.3 vs 5.7,
décès toutes causes : 32.0 vs 17.2

– Graisses végétales
décès par cancer de la prostate : 4.7 vs 8.7.
décès toutes causes : 15.4 vs 32.7

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les gros consommateurs de graisses trans ont un risque de décès par cancer de la prostate augmenté de 25% par rapports aux faibles consommateurs et un risque de décès toute causes multiplié par deux. A l’inverse, les gros consommateurs de graisses végétales, en comparaison aux faibles consommateurs ont un risque de décès par cancer de la prostate réduit de moitié ainsi qu’un risque de décès toute causes réduit également de moitié .

Les scientifiques évaluent que remplacer seulement 10% des apports caloriques en sucre  (carbohydrate) par des graisses végétales réduit de 29% le risque de décéder d’un cancer de la prostate chez les patients déjà porteur de ce cancer et de 24% un risque de décès quel qu’en soit la cause : l’alimentation peut ainsi réellement reculer une échéance cancéreuse.

Les pires graisses sont les graisses trans et les graisses saturées : remplacer seulement 1% des apports caloriques journalier par des graisses trans ou 5% des apports caloriques journaliers par des graisses saturées accroit la mortalité de respectivement 30% et 25%. Cet essai confirme l’extrême dangerosité pour la santé de ces deux types de graisses largement répandues dans les produits alimentaires industriels. Des appels à une régulation voire à une interdiction des graisses trans ont toujours été ignorés par les ministres de la santé en France.

Dorénavant, les conseils alimentaires envers les patients atteint d’un cancer, en l’occurrence de la prostate vont évoluer. Au lieu de réclamer un arrêt de la consommation des graisses, les médecins expliqueront le bénéfice à consommer plus de graisses végétales.

Mais ces résultats sont intéressants pour bien d’autres patients que les hommes atteints d’un cancer de la prostate : Car ils portent la preuve d’une réduction de mortalité toutes causes chez les consommateurs de graisses végétales en comparaison aux consommateurs de graisses industrielles ou animales. Ils confirment une survie prolongée chez les consommateurs d’huiles végétales et l’augmentation dramatique de cette mortalité chez les consommateurs de graisses trans et de graisses saturées. L’usage des graisses trans n’est toujours pas interdit en France ni en Europe.

D’autres choses vont également évoluer : La dictature du sans graisse, du 0% de matières grasses, le fameux low-fat, n’a plus lieu d’être. Il faut dorénavant s’orienter vers le vegetable-fat. Les graisses végétales à considérer sont l’huile d’olive ou la consommation de noix, par exemple (mais surtout pas d’huile de palme, certes d’origine végétale mais cuite et très riche en graisses saturées donc non bénéfique. L’huile de palme entre dans la composition de nombreuses préparations industrielles, plats cuisinés, gâteaux secs, yaourts, etc. Des graisses trans lui sont souvent associés).

Cette étude est une nouvelle preuve que l’alimentation joue un role fondemental pour la santé de l’homme et que la nourriture d’origine industrielle est néfaste à la survie et est donc à bannir puisque les demandes de régulation échouent régulièrement.

Source

Fat Intake After Diagnosis and Risk of Lethal Prostate Cancer and All-Cause Mortality

Erin L. Richman, ScD; Stacey A. Kenfield, ScD; Jorge E. Chavarro, MD, ScD; Meir J. Stampfer, MD, DrPH; Edward L. Giovannucci, MD, ScD; Walter C. Willett, MD, DrPH; June M. Chan, ScD

JAMA Intern Med. 2013;():1-8. doi:10.1001/jamainternmed.2013.6536

Crédit Photo Creative COmmons by USDAgov

 

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