lundi 26 septembre 2016

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Mort subite du sportif : entre 44% et 0% de survie en fonction des départements français

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La mort subite tue encore beaucoup trop, parfois au cours d’un effort sportif, parfois sans. La mise en place de défibrillateurs dans certains lieux publics et dans les enceintes sportives peut contribuer à une baisse de cette mortalité brutale et inattendue, encore faut-il que les élus locaux en aient fait la démarche. Mais qui est plus à risque et dans quelle région de France ce risque est-il encore trop élevé?

La mort subite est liée à un trouble du rythme cardiaque, un emballement du cœur qui se met à battre de manière trop rapide et trop désordonnée, et qui, sans une action extérieure, entraine la mort. Une équipe de cardiologues de l’Hôpital George Pompidou (Paris) publie consécutivement dans le JAMA et l’European Heart Journal deux études évaluant qui est plus à risque et dans quel département ce risque est le plus élevé.

Les scientifiques ont répertorié les morts subites survenues en France au cours de la pratique d’un sport, entre 2005 et 2010 au sein d’une population de 35 millions d’habitants. Les morts subites considérées sont celles survenues au cours d’un effort sportif ou dans l’heure qui le suivait. Les analyses statistiques ont été menées à partir de presque 800 morts subites.

Cet accident cardiaque touche en fait des femmes âgées en moyenne de 44 ans et des hommes âgés en moyennes de 46 ans. Si chez l’homme, ce risque de mort subite est retrouvé surtout dans 3 sports, le cyclisme, le jogging et la natation, aucune différence de risque n’est retrouvé chez la femme en fonction du sport. Par ailleurs, ce risque de mort subite augmente avec l’âge chez l’homme mais pas chez la femme.

Lorsque ce trouble cardiaque survient, un décès est constaté dans 84,3% des cas, les survivants devant leur salut à la présence d’un défibrillateur cardiaque et à quelqu’un capable de l’utiliser dans les 10 minutes qui suivent l’évènement. Ce chiffre de 15,6% de survie, évidemment catastrophique alors que presque 30% des patients pourraient en réchapper si une décharge électrique issue d’un défibrillateur pouvait relancer leur cœur, cache en fait une variation nationale du risque. Car ces chiffres ne sont qu’une moyenne et les scientifiques mettent en évidence une disparité départementale inquiétante. En effet, ce taux de survie varie en fait de 3,4% à 42,6%, en fonction du département dans lequel les patients font leur accident cardiaqueLe Nord et la Côte d’Or arrivent par exemple en tête avec un taux de ressuscitation de presque 44%, un record, alors que les Vosges et le Territoire de Belfort ont un taux de survie à 0%. Or ce taux de survie est étroitement corrélé à la diffusion des défibrillateurs, une diffusion sous le seul contrôle des élus locaux : en effet l’implantation de défibrillateurs et la formation de la population est laissée au libre choix des élus, mis à part dans les enceintes sportives où mettre en place des défibrillateurs est dorénavant obligatoire. Il est donc urgent que les élus locaux favorisent l’implantation de défibrillateurs y compris en dehors des enceintes sportives.

En effet, la mort subite ne touche pas que les sportifs. Si entre 800 et 1000 d’entre eux en sont les victimes chaque année en France, ce sont en fait 40 000 personnes qui décèdent de mort subite chaque année, le plus souvent en dehors de chez eux, dans des lieux publics. Et si le taux moyen de survie d’un sportif approche 15%, il atteint péniblement 5% dans la population générale. En cas de mort subite, la survie dépend donc de l’intelligence des élus locaux qui auront investi quelques centaines d’euros dans un défibrillateur et auront sensibilisé leur population à son utilisation. Apprenez donc les premiers gestes de la réanimation cardio-pulmonaire comme à vous servir d’un défibrillateur (voir vidéo).

Sources

Incidence of Sports-Related Sudden Death in France by Specific Sports and Sex
Eloi Marijon, Wulfran Bougouin, Marie-Cécile Périer, David S. Celermajer, Xavier Jouven
JAMA. 2013;310(6):642-643. doi:10.1001/jama.2013.8711.

Major regional disparities in outcomes after sudden cardiac arrest during sports
Eloi Marijon & al
Eur Heart J (2013)doi: 10.1093/eurheartj/eht282First published online: August 4, 2013

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