lundi 26 septembre 2016

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Syrie : Un chirurgien de Gouta témoigne de patients victimes de gaz de combat

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Omar Hakeem, chirurgien d’un hôpital Gouta, situé dans la banlieue de Damas, a communiqué par mail avec la revue médicale Anglaise, The British Medical Journal. Il décrit des patients présentant une symptomatologie pouvant correspondre à une intoxication par des gaz de combat comme le gaz sarin. Son hôpital, écrit-il a reçu, le 21 août 2013, 825 patients dont 64 sont décédés, incluant 13 enfants. Les symptômes que présentaient ces patients incluaient une hypersalivation, une réduction du champs visuel, des convulsions et des difficultés respiratoires, tous compatibles avec un syndrome hypercholinergique caractéristique d’une intoxication au gaz sarin ou à un autre gaz inhibant les anticholinestérase (Cf article Docbuzz).

Il ajoutait que les capacités thérapeutiques pour prendre en charge ces patients intoxiqués étaient fortement altérées du fait des faibles moyens dont disposait l’hôpital, que ce soit en terme de médicaments ou d‘équipement stériles et chirurgicaux. En particulier, ils manquaient d’atropine injectable, le premier antidote à une intoxication au gaz sarin. Selon les protocoles actuels, un patient chez qui une telle intoxication est suspectée doit se voir administrer de l’atropine, puis du pralidoxime (un antidote des pesticides organophosphorés inhibant la cholinestérase et permettant la régénération de l’acétylcholinestérase) ou de l’obidoxime (restaure également le fonctionnement normal de l’acéthylcholinestérase). Soigner ces patients a d’ailleurs contaminer de nombreux personnes des équipes soignantes puisque 41 d’entre elles dont 10 médecins ont été exposées au gaz malgré des vêtements de protection. Mais le nombre de patients arrivant à l’hôpital était tellement élevé que les procédures de décontamination n’ont pas pu être toujours mises en place.

Médecin Sans Frontière qui n’est pas sur place en Syrie, a envoyé, avec l’aide du Croissant rouge, 500 000 doses d’atropine mais la tragédie humaine touchant les civils syriens va se poursuivre. L’aventure Américaine en Irak, où des centaines de milliers de civils ont été assassinés et martyrisés depuis l’arrivée de la bannière étoilée, nous a montré que ce qui pouvait être considéré comme un remède est parfois mille fois pire que le mal…primum non nocere…

Vidéo postée sur Youtube intitulée “Attaque Chimique par Assad” mais sans date ni lieu précisé

More Than 200 Killed In Gas Attack Near Damascus According to Activists

Source

Lack of atropine in Syria hampers treatment after gas attacks
Anne Gulland
BMJ 2013;347:f5413

Crédit Photo Creative Commons by  FreedomHouse

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