mardi 27 septembre 2016

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En Asie du Sud-Est, 1 hommes sur 4 est un violeur, souvent “pour se distraire”

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Une étude menée par les Nations Unies dans 9 pays d’Asie du Sud-Est révèle que 26 à 80% des hommes de ces pays ont déjà violé une femme, dont une majorité d’entre eux avant l’âge de 15 ans et le plus souvent sans encourir aucune sanction judiciaire. 45% ont commis plus d’un viol. Leur motivation principale ? Leur droit au sexe et la distraction.

L’inde ne fait pas partie des pays dans lesquels les Nations Unis ont mené leur étude mais reste cependant caractéristique de la position sociale inférieure attribuée à la femme dans cette partie du monde : Le viol est le crime le plus commun contre les femmes en Inde et le viol marital n’est aucunement un délit. Il est estimé qu’un viol est commis toutes les 20 minutes dans ce pays (National Crime Records Bureau), un chiffre probablement très sous-estimé. Plusiseurs viols commis récemment en Inde ont scandalisé la population et la communauté internationale : En décembre une jeune fille de 23 ans violée par un groupe de 6 hommes est décédées après avoir été battue à mort par ses agresseurs et il y a 3 semaine encore, une petite fille de 7 ans a été violée dans un train et abandonnée dans les toilettes, un billet de 10 roupies dans les mains.

Le viol  définit comme une pénétration vaginale ou anale non consentie semble donc toujours extrêmement commun en Asie. Une étude menée en afrique du sud retrouvait que 37% des hommes avaient au moins violé une fois une femme. Les études publiées suggéraient que les facteurs de risque d’un homme pour devenir violeur incluaient des expériences d’abus sexuels dans l’enfance, des troubles de la personnalités, la délinquance juvénile (gang), un idéal de la masculinité intégrant l’importance des performances sexuelles, la volonté de contrôle de la femme, et l’usage de drogues. Afin d’obtenir plus de données, les nations Unies ont réalisée une étude dans neuf pays d’Asie du Sud-Est.

10 178 hommes ont été interrogés au Cambodge, en Chine, au Bangladesh, au Sri Lanka, en Papouasie Nouvelle Guinée, et en Indonésie (Jakarta, Java, Jayapura). Le questionnaire qui s’adressait donc directement au violeur potentiel, n’utilisait volontairement pas le mot viol mais demandait « avez-vous déjà forcé une femme qui n’était pas votre femme ou votre petite amie à avoir des rapports sexuels avec vous ? » ou encore « avez-vous déjà eu des rapports sexuels avec une femme qui était trop ivre ou trop droguée pour dire si elle le souhaitait ou non ? ». D’autres questions cherchaient à savoir si ces viols avaient eu lieu en bande (viol en réunion) ou s’ils avaient été perpétrés sur une épouse ou une petite amie non consentante ou sur une inconnue.

Sur l’ensemble des 9 pays, 24% de hommes interrogés, soit 1 homme sur 4, affirme avoir déjà violé une femme au moins une fois. 45% d’entre eux ont récidivé. Par exemple, 20% des chinois affirment avoir déjà violé une femme, 21% d’entre eux entre 2 et 3 femmes, 10% entre 4 et 10 femmes et 5% plus de 10 femmes.

Même si visiblement le viol est très répandu dans ces sociétés du Sud-Est Asiatique, les résultats varient considérablement d’un pays à l’autre: en Indonésie, plus grand pays musulman du monde, 32% des hommes ont déjà violé une femme et 52% disent avoir violé plusieurs fois. De même 12% des Bangladeshis, 24% des cambodgiens et 60% des hommes de Papouasies Nouvelle-Guinée ont déjà violé une femme. 45% sont des violeurs récidivistes voire des violeurs en série puisque 16% ont violé plus de 4 femmes, 5% plus de 10 femmes. 24% de ces viols avaient été perpétrés sur la femme ou la petite amie et 2/3 des hommes ayant commis le viol de leur femme ou de leur amie ont aussi perpétré des viols sur d’autres femmes.

La majorité des violeurs (57%) était adolescent au moment des premiers faits : Si la majorité de ces viols ont eu lieu quand les violeurs avaient entre 15 et 29 ans (77%), entre 15 et 20% sont même commis par des adolescents de moins de 15 ans. Le viol est minoritairement commis sur l’épouse ou la petite amie non consentante, mais cependant avec des taux impressionnant : 41% des hommes de papouaises nouvelle guinéee avouant un viol l’ont commis sur leur conjoint. Ces viols  sont perpétrés sur des hommes dans 3% des cas, une situation plus courante au Sri Lanka au Cambodge et dans les campagnes du Bangladesh

Mais pourquoi ces hommes violent-ils autant ? La première raison est lié au « droit sexuel » affirmé par 73% des violeurs :  il s’agit d’un sentiment ou d’une croyance que toute femme doit absolument se soumettre aux volontés d’un homme, fusse une volonté sexuelle : ce non-respect de la femme est très majoritaire au sein des populations masculines interrogées qui placent ce sentiment comme “cause” première du viol dans 7 cas sur 10 et jusqu’à 9 cas sur 10 en Chine. La femme n’est qu’un objet dont l’homme peut disposer à sa guise.

En plus d’en avoir le droit, en Asie, on viole aussi pour se distraire : Pour se distraire et s’amuser sont évoqués par 59% des violeurs ; c’est au Bangladesh et en Chine une des raisons majoritairement invoquée.

Mais on viol aussi pour se venger : 4 viols sur 10 auraient, selon les hommes, cette explication. L’alcool est indiqué comme ayant une responsabilité dans le viol par presque 1 violeur sur 3.

Ce sentiment des hommes d’avoir le droit au viol n’est pas fortement contredit par les sociétés d’Asie du Sud-Est comme le démontre le peu de cas que la justice de ces pays fait de ces viols: Au Sri Lanka, ce sont 2% des violeurs qui finissent derrière les barreaux et 15% en Chine. : Au Bangladesh, si un violeur sur 2 dit avoir été arrêté, seul 1 sur 4 a fait de la prison L’impunité prédomine, pouvant expliquer la récidive pathologique de nombre d’hommes.

Les scientifiques ont ensuite évalué le passé de ces hommes violeurs pour tenter de retrouver les facteurs de risque de passage à l’acte identifié dans des études précédentes : le mariage ou le fait d’avoir été  abusé sexuellement dans l’enfance sont des facteurs retrouvés chez les violeurs uniques, mais la pauvreté, le manque d’éducation, l’abus l’alcool, la violence conjugale, l’utilisation des services de prostituées ou l’implication dans des violences armées sont des facteurs de risque de viols répétés.

Source

Prevalence of and factors associated with non-partner rape perpetration: findings from the UN Multi-country Cross-sectional Study on Men and Violence in Asia and the Pacific

Rachel Jewkes, Emma Fulu, Tim Roselli, Claudia Garcia-Moreno
The Lancet Global Health, Early Online Publication, 10 September 2013

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