dimanche 25 septembre 2016

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Slérose en plaque : un vieux médicament, la benzatropine, remyélinise les neurones (chez l’animal)

RRR

C’est un résultat majeur pour toutes les recherches menées sur la sclérose en plaque que publie la revue Nature : un vieux médicament utilisé dans la maladie de parkinson, la benzatropine (Cogentin), a montré qu’elle permettait de favoriser la remyélinisation des fibres nerveuse sur un modèle animal.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique auto-immune du système nerveux central causant une démyélinisation des fibres nerveuses du cerveau, de la moelle épinière et du nerf optique. Les fibres nerveuses sont normalement entourées d’une gaine de myéline constituée par deux types cellulaires, les oligodendrocytes au niveau proximal du neurone et par les cellules de Schwann au niveau plus distal du nerf. Lors des poussées de la maladie, les gaine de myéline sont détruites, laissant l’axone est intact, mais altérant la conduction électrique (les informations transitent plus lentement) créant les signes cliniques constatés dans la maladie.

Au niveau cellulaire, les phases progressives de la sclérose en plaques sont associées à une inhibition de la différenciation de cellules progénitrices qui normalement génèrent les oligodendrocytes, les cellules indispensables à la remyélinisation et la rémission de la maladie. Les scientifiques anglais du Scripps Research Institute ont cherché à identifier les médicaments pouvant induire sélectivement cette différenciation des oligodendrocytes. Ils ont travaillé pour cela sur des cellules souches du nerf optique de rat.

Ils démontrent que  la benztropine diminue de manière significative la sévérité clinique de la maladie sur le modèle animal utilisé, qu’il soit administré seul ou en combinaison avec des traitements immunosuppresseurs déjà utilisés dans la sclérose en plaques. Les analyses in vitro et in vivo montre que l’efficacité observée de la benzatropine résulte directement d’une amélioration de la remyélinisation plutôt que la suppression immunitaire, une première!

“Nous sommes très excités par ces résultats et nous évaluons dorénavant comment mettre en place un premier essai clinique” expliquait Luke L. Lairson, signataire de l’étude, à la revue Nature, rajoutant que “les patients ne doivent pas utiliser ce médicament en dehors de ses indications”. Il est évidemment nécessaire de confirmer auparavant chez l’homme son efficacité et sa sécurité d’emploi.

Source

A regenerative approach to the treatment of multiple sclerosis Vishal A. Deshmukh, Virginie Tardif, Costas A. Lyssiotis, Chelsea C. Green, Bilal Kerman, Hyung Joon Kim, Krishnan Padmanabhan, Jonathan G. Swoboda, Insha Ahmad, Toru Kondo, Fred H. Gage, Argyrios N. Theofilopoulos, Brian R. Lawson, Peter G. Schultz & Luke L. Lairson Nature Published online 09 October 2013

Crédit Photo Creative Commons by  Ghayty

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