samedi 3 décembre 2016

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17 millions d’humains font un AVC chaque année : 6 millions de morts, des solutions existent…

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L’accident vasculaire cérébral est classiquement une pathologie touchant le sujet âgé hypertendu mal ou pas traité. On distingue les accidents vasculaires ischémiques où une obstruction d’artère cérébrale crée une nécrose localisée du cerveau, et les accidents vasculaires cérébraux hémorragiques où une artère cérébrale se rompt, créant également une nécrose localisée. La mortalité est plus grande dans le second cas. Une étude ayant collecté tous les cas d’AVC le monde entier modifie un peu cette image de la maladie : en fait l’accident vasculaire cérébral touche de plus en plus des personnes jeunes.

L’analyse a été menée en cumulant les données de 119 étude (61 menées dans des pays émergents –pays à revenus faibles ou moyens- et 58 dans des pays riches) réalisées sur 20 années (1990 à 2010). L’évolution de la maladie a été étudiée en comparant les données obtenues en 1990, 2005 et 2010.

En 2010, 11,5 millions d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques ont survenus, tuant 2,8 millions de personnes (taux de mortalité 24%). 63 % de ces accidents sont enregistrés dans des pays émergents, comme 57% des décès.

La même année, 5,3 millions d’accidents vasculaires hémorragiques furent enregistrés tuant 3,04 millions de personnes (taux de mortalité proche de 60%), dont respectivement 80% et 84% ont touchés des habitants des pays émergents. Donc si les accidents vasculaires ischémiques sont plus nombreux, ils tuent cependant moins que les accidents vasculaires hémorragiques qui eux touchent surtout les pays émergents.

L’incidence de la maladie varie évidemment beaucoup en fonction des pays : ainsi au Qatar, on enregistre 50 accidents vasculaires ischémiques pour 100 000 habitants mais 434/100 000 en Lituanie et 14 accidents vasculaires hémorragiques pour 100 000 habitants toujours au Qatar contre 159/100 000 en Chine.

Au cours des 20 dernières années, l’incidence des accidents vasculaires cérébraux ischémiques s’est réduite dans les pays riche de -13%, et la mortalité consécutive de -38%. Pour les accidents vasculaires hémorragiques, la réduction est de -19% et la baisse de mortalité de -38%: on prévient mieux et on traite mieux. En revanche ces pathologies augmentent dans les pays émergents en particulier chez les 20-65 ans.

En France, entre 1990 et 2010, les accidents vasculaires ischémiques sont passés de 103,8/100 000 habitants à 83/100 000 et la mortalité a dans le même temps chuté de prées de 50% (de 24.9 à 12.98). Les accidents vasculaires hémorragiques sont eux passés de 39/100 000 à 33/100 000, une réduction modérée compensée par une réduction de la mortalité d’environ 50%, passant de 25,6 à 14 en 20 ans (pour 100 000 hab.).

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                                                                                    Mortalité par AVC ischémique

Chez les moins de 75 ans, les scientifiques notent une réduction globale faible du nombre d’accident vasculaires ischémique (-3 événements pour 100 000 habitants) avec en revanche dans les tranches d’âges les plus jeunes une recrudescences d’accidents vasculaires hémorragiques. Les accidents vasculaires hémorragiques tuent en moyenne à 69 ans dans les pays émergents et à 74 ans dans les pays riches, alors que les accidents ischémiques tuent un peu plus tard, à 77 ans dans les pays émergents et à 83 ans dans les pays riches. Mais ces résultats sont des moyennes et lorsque les scientifiques analysent en détails les différentes incidences en fonction de l’âge, ils montrent que de plus en plus d’enfant et de jeunes adultes sont touchées par un accident vasculaire cérébral : un peu plu de 83 000 jeunes de moins de 20 ans sont victimes d’un accident vasculaire soit 0,5% du total. Et au total, 5,2 millions d’accidents vasculaires touchent les moins de 64 ans, un chiffre en augmentation en particulier dans les pays émergents.

Ces chiffres offrent un reflet saisissant de la situation sanitaires des pays analysés : Dans les pays émergents, les populations vieillissent enfin et subissent en plus grand nombre ces pathologies : les maladies liées à la malnutrition et aux infections ont cédé le pas aux pathologies chroniques, en particulier cardiovasculaires, d’autant plus prégnantes que la transformation de l’alimentation vers une alimentation riche en graisses et en sucres en remplacement des produits frais et des fibres, démultiplie le risque d’hypertension et de diabète. L’hyperurbanisation, la pollution, le tabagisme, rarement contrôlés dans ces pays, sont autant de facteurs supplémentaires accroissant le risque de ces accidents vasculaires. La Chine est un bon exemple : l’incidence des accidents vasculaires explose en particulier le risque d’accidents hémorragiques, directement rattaché à l’explosion de l’hypertension artérielle et du tabagisme.

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                                                                            Mortalité par AVC  hémorragique

Les pays de l’Est payent également un lourd tribu aux accidents vasculaires : les changement socioéconomiques au cours des 20 dernières années ont été importants : en Russie, plus de la moitié des décès sont attribuables à une maladie cardiovasculaire, avec hypertension artérielle, hypercholestérolémie, tabagisme, alimentation inadéquate obésité, absence d’activité physique et consommation trop élevée d’alcool.

L’ensemble des états à travers le monde devrait accentuer les mesures de prévention des accidents vasculaires et par conséquent des maladies cardiovasculaires.  Ces mesures impliquent des messages de prévention (exercice physique) mais aussi des décisions de protections de là population envers les aliments trop gras, trop sucrés, trop salés et surtout la nécessité absolue d’interdire partout la vente du tabac, un pas que les états ne semblent pas encore prêts à franchir. En plus, les techniques de diagnostics et les thérapeutiques doivent être dorénavant accessibles à tous : en inde, 44% des malades, en particulier dans les zones rurales, n’ont même pas accès à un examen radiographique

Source

Global and regional burden of stroke during 1990–2010: findings from the Global Burden of Disease Study 2010 Prof. Valery Feigin et al The Lancet; 24 October 2013

Global and regional burden of first-ever ischaemic and haemorrhagic stroke during 1990—2010: findings from the Global Burden of Disease Study 2010 Rita V Krishnamurthi PhD, Prof Valery L Feigin et al The Lancet Global Health; Published 24 October 2013

Crédit Photo Creative Commons by IntelFreePress. Maps from the Lancet Article.

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