samedi 3 décembre 2016

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La course à pied n’entraine pas d’arthrose

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Contrairement à une idée reçue, la course à pied n’accroit aucunement le risque d’arthrose démontre une importante étude publiée dans la revue Medicine & Science in Sports & Exercise. La course à pied et les autres activités mettant les genoux à contribution étaient supposées favoriser le risque de survenue d’une arthrose. Une étude impliquant 75 000 coureurs à pied et 14 000 marcheurs a donc été mise en place pour évaluer l’effet de la course à pied sur le risque de survenue d’une arthrose, de pose d’une prothèse de hanche artificielle (solution quand l’arthrose est trop développée et trop douloureuse), tout en vérifiant l’influence de l’indice de masse corporel sur ces deux risques.

Si cette hypothèse s’est répandue, c’est bien sûr parce que les contraintes répétées s’exerçant sur les genoux et les hanches aux cours de la course à pied sont supposées altérer à la longue les cartilages et donc favoriser l’arthrose.
Sur les 74 752 coureurs à pied participant à l’étude, 2004 ont rapporté une arthrose et 259 la pose d’une prothèse de hanche pour cause d’arthrose au cours des 7 années de suivi. Dans le groupe des 14 625 marcheurs, 696 ont rapporté souffrir d’une arthrose et 144 ont eu une opération pour la pose d’une prothèse de hanche.

Les analyses démontrent que plus les entrainements à la course sont intenses (calculés en METs), plus le risque d’arthrose et de pose d’une prothèse de hanche se réduisent : par exemple courir plus de 5,5 MET réduit le risque d’arthrose de 15,6% et le risque d’une pose de prothèse de hanche de 38% en comparaison à ceux qui n’effectuent qu’un effort inférieur à 1,8 MET.

L’étude confirme par ailleurs que l’indice de masse corporel est très étroitement lié au risque d’arthrose et de pose de prothèse de hanche : dès que l’indice de masse corporel gagne 1 point, le risque d’arthrose augmente de 5% et celui d’une pose de prothèse de hanche s’accroit de 10%.

Ainsi non seulement la course à pied n’augmente pas le risque d’arthrose mais pourrait même être protecteur puisque ceux qui s’y adonnent ont moins de risque de développer une arthrose que les personnes ne faisant que marcher.
Mais alors commente expliquer que les impacts répétés de la course sur les genoux et les hanches entraine finalement un moindre risque d’arthrose ? Une seconde étude publiée dans la même revue a répondu à cette pertinente question.
Des scientifiques canadiens de l’université de la Reine à Kingston (Ontario), ont tenté de mieux comprendre les contraintes biomécaniques survenant lorsque l’on courre afin de les comparer à celles de la marche à pied. Sur une piste équipée de caméra sur laquelle courraient ou marchaient des volontaires sains dont les membres étaient équipés de capteurs, les scientifiques ont pu identifier avec précision les forces s’exerçant sur les genoux et la répétition de ces contraintes mécaniques à la course et à la marche.

Lors de la course, à chaque fois que le pied touche terre, les coureurs frappent le sol avec une force équivalente à 8 fois leur poids, soit 3 fois plus que lors de la marche. Mais un coureur touche le sol bien moins souvent qu’un marcheur pour une distance parcourue équivalente et la durée de l’impact avec le sol est bien plus courte lors de la course. Ainsi, les chercheurs mettent en évidence que la force nette s’exerçant finalement sur les genoux d’un marcheurs ou d’un coureur sont en fait équivalentes pour une distance parcourue égale.

Cette recherche permet d’expliquer pourquoi les coureurs à pied ne développent pas plus d’arthrose que les non coureurs et peut même fournir une explication sur une moindre exposition des coureurs au risque d’arthrose.
En effet, des études menées chez l’animal ont montré que la répétition d’une force appliquée sur un cartilage favorisait la multiplication des cellules formant le cartilage et donc son entretien et son remplacement régulier. L’absence de ce cycle de forces ne favorise pas le rajeunissement permanent du cartilage : en fait en l’absence d’entrainement régulier, le nombre de cellules disparaissant est plus important que le nombre de nouvelles cellules cartilagineuses. Il est cependant trop tôt pour recommander la course à pied dans le but de réduire le risque d’arthrose ; Toutefois une hypothétique contre vérité a pour l’instant été balayée, la course à pied ne favorise pas l’arthrose.

Source

Why Don’t Most Runners Get Knee Osteoarthritis? A Case for Per-Unit-Distance Loads.
Miller RH, Edwards WB, Brandon SC, Morton AM, Deluzio KJ
Med Sci Sports Exerc. 2013 Sep 12.

Effects of running and walking on osteoarthritis and hip replacement risk.
Williams PT
Med Sci Sports Exerc. 2013 Jul;45(7):1292-7

Why Runners Don’t Get Knee Arthritis
Gretchen Reynolds
NYT, 25 september 2013

Crédit Photo Creative Cimmons by luiginter

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