mardi 27 septembre 2016

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100% de scènes violentes en plus dans les films hollywoodiens depuis 1950

FRG

Au cours de nombreuses tueries de masse, les auteurs portaient un costume, ou un uniforme, masque de hockey, costume de cinéma, uniforme militaires, etc. Ce fut encore le cas à Aurora le 20 juillet 2012 lorsque James Holmes déguisé avec une perruque orange, entra dans une cinéma projetant en avant première The lança plusieurs grenades de fumée avant de tirer sur la foule : 12 tués, 70 blessés. James Holmes s’identifia aux forces de l’ordre comme « le Joker », un des fameux ennemis de Batman.

L’adolescence est un moment de la vie où on tente de résoudre ses problèmes en voyant comment les autres font et en les imitant : on appelle script cette accumulation d’observations définissant des règles de comportement. Ainsi, un peu au même titre qu’un acteur de théâtre a un script à respecter, un adolescent rencontrant une situation, sélectionne un script et se comporte comme le script le lui indique. Mais ces scripts peuvent êtres acquis de différentes manières, comme par exemple en observant les personnages violents présentés dans les médias. La violence armée présente dans les films peut également faciliter l’association entre arme et violence.

Si les récentes tueries qui se sont multipliées aux Etats-Unis, ont entrainé de vastes discutions sur les moyens à mettre en œuvre pour réduire la violence, le fait que la vision d’une arme puisse suffire à accroitre la violence reste étonnamment absente des débats (le lobby des médias tente de contrecarrer cette idée scientifiquement démontrée). Pourtant depuis 1967, plus de cinquante études ont démontré le «weapon effect», c’est à dire le fait que la simple vision d’une arme accroit le degré d’agressivité et de violence. D’ailleurs de multiples associations médicales, en particulier pédiatriques ont conclu que voir la violence dans les médias accroit les comportements agressifs en particulier chez les enfants. Avec une telle conclusion, il aurait été de bon ton que les médias et en particulier le cinéma limite les scènes de violence armée. Voir des armes et des hommes armés utiliser leurs armes pour venir à bout d’une situation problématique, risque évidemment de favoriser chez les plus jeunes, un script pour l’utilisation d’une arme. Il existe certes une régulation, les films aux Etats-Unis pouvant être interdit aux moins de 13 ans : mais depuis l’introduction de cette interdiction aux moins de 13 ans, le nombre de films interdits n’a cessé de croitre dans le top 30. Par ailleurs, les nouveaux médias permettent à n’importe quel public de regarder n’importe quel film quel que soit les interdictions. L’objet de cette étude mené par des Pédiatres de xx était d’évaluer si l’utilisation d’armes à feu s’était accru dans les films de cinéma et en particulier dans les films réservés à un public jeune de – de 13 ans.

Les scientifiques ont utilisé les données de 945 films produits par Hollywood, les 30 films annuellement les plus vus au cinéma, de 1950 à 2012. Pour chaque film étaient recensées les agressions physiques destinées à blesser ou tuer, et les armes utilisées (en dehors des armes non portées à la main).

Les scientifiques mettent en évidence que le nombre de scènes violentes a plus que doublé de 1950 à 2012, un accroissement en constante augmentation années après années. Depuis 1985, ils relèvent 17 695 scènes violentes : 94% des 420 films ayant accédé au top 30 au cours de ces années, comportaient au moins une séquence de violence de 5 minutes. La durée des scènes violentes rapportée par heure a même triplée depuis 1970, atteignant 15 minutes par heure de film en 2012 (courbe)

Capture d’écran 2013-11-12 à 20.21.56

Et si l’utilisation d‘armes à feu s’est un peu réduite entre 1985 et 2012 au sein des films dits “tout public”, c’est  le contraire  dans les films réservés à un public de plus de 13 ans où l’utilisation des armes a fortement progressé. Et malheureusement les classifications d’âge ne sont pas respectées à l’entrée des cinémas et de nombreux jeunes enfants sont susceptibles d’intégrer des scripts violents.

La durée des scènes violentes rapportée par heure a même triplée depuis 1970, atteignant 15 minutes par heure de film en 2012

Les auteurs réclament une véritable régulation de cette violence dont ont ne peut plus nier le rôle « éducatif négatif ». Les médias violents ont un effet d’accroissement de la violence. Et au delà d’une régulation inapproprié et laxiste, ce degré de violence a plus que doublé au sein des films les plus vus du box office. LA violence fait vendre, Hollywood offre de plus en plus de violence, y compris en dehors des Etats-Unis.

Source

Gun Violence Trends in Movies
Brad J. Bushman, Patrick E. Jamieson, Ilana Weitz, Daniel Romer,
Pediatrics 2013;132:1014–1018

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