samedi 3 décembre 2016

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Oui, le sexe c’est du sport !

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Le sexe pourrait-il nous sauver ? Il est actuellement bien déterminé qu’une activité physique, de préférence quotidienne, cumulant 150 minutes hebdomadaires, réduit la mortalité et les accidents cardio-vasculaires. Et si le sexe était un exercice physique? Pourrait-on alors en tenir compte comme un facteur protecteur ?

Le sexe est de plus en plus reconnu comme un aspect important de la santé et de la qualité de vie humaine. Etudier la sexualité reste pourtant complexe et trop peu d’étude ont tenté d’évaluer si les rapports sexuels pouvaient être considérés comme de l’exercice physique marqué par une certaine dépense énergétique. Les premières études ont été réalisées par Masters et Johnson en 1966 ; ces deux chercheurs dont les débuts des travaux sont illustrés dans la série télévisée Masters of Sex, ont décrit les réactions physiologiques de 382 femmes et de 312 homme, tous volontaires, au cours de rapports sexuels. Ces deux scientifiques ont décrit l’augmentation de la respiration jusqu’à 40 cycles par minutes, l’augmentation de la fréquence cardiaque, et de la pression artérielle. D’autre ont montré que l’orgasme était atteint à une fréquence cardiaque moyenne de 117 battements par minutes (de 90 à 144),  ou encore que la fréquence cardiaque post-coïtale était plus basse que la fréquence cardiaque retrouvée lors d’activités normales. Ces éléments physiologiques peuvent encore varier en fonction des pratiques sexuelles : si la fréquence cardiaque s’accroit de 37% au cours d’une masturbation, elle augmente de 51% lorsque l’homme copule au dessus d’une femme. Les dépenses énergétiques notées dans cette dernière étude atteignaient 3 à 4 MET*, la position où l’homme est au dessus de la femme consommant le plus d’énergie. Mais on le voit, ces études restent un peu archaïques dans leur approche et dans la mesure des dépenses énergétique pendant le coït.

Une équipe de scientifique Québéquois a donc décidé d’évaluer la dépense énergétique réalisée par un couple au cours d’un rapport sexuel, évaluant les dépenses de l’homme et de la femme, puis les comparant, avec les mêmes sujets, aux dépenses énergétiques au cours d’une activité sportive. Ces dépenses énergétiques étaient recueillies par un appareil non invasif, ne modifiant ni l’intimité ni les activités sportifs des volontaires (Sensewear Armband). Les données étaient enregistrées au cours d’un test d’effort d’une durée de 30 minutes sur tapis roulant et au cours d’au moins 4 rapports sexuels.

Les scientifiques constatent que les dépenses énergétiques moyennes et l’intensité de ces dépenses, réalisées au cours d’un exercice physique modéré, sont supérieures à celles enregistrées au cours d’un rapport sexuel. La dépense énergétique mesurée au cours des rapports sexuels était de 4,2 kcal par minute chez l’homme (101 kcal) et de 3,1 kcal par minute chez la femme (69 kcal). La durée des rapports sexuels étaient en moyenne de 23 minutes (de 10 à 53 minutes). L’intensité moyenne mesurée chez l’homme atteignait 6 METS, et 5,6 METS chez la femme.

En comparaison, la dépense énergétique au cours des 30 minutes de tapis roulant s’élevait à 9,2 kCal par minute pour les hommes (276 kCal) et à 7,1 kCal par minute chez les femmes (213 kCal), l’intensité atteignant respectivement 8,5 METS et 8,4 METS.

Cependant, chez certains hommes, les dépenses énergétiques globales étaient plus importantes au cours d’un rapport sexuel qu’au cours des 30 minutes d’exercice sur tapis roulant. De la même manière l’intensité maximale développée au cours de l’acte sexuel pouvait dépasser l’intensité maximale développée pendant 30 minutes de course

Ainsi la dépense énergétique mesuré au cours d’un acte sexuel correspond à une dépense énergétique modérée comparable à une marche de 5 à 8 km/h,  où encore à une partie de tennis. 5% des participants jugeaient le coït plus fatiguant que les 30 minutes d’effort sur tapis roulant et 19% rapportaient être extrêmement fatigué après le coït : mais 98% (donc tous sauf un) estimaient le rapport sexuel plus agréable que l’épreuve sur tapis.

Donc, selon les auteurs, le sexe peut être considéré comme une activité physique dont l’intensité est modérée et dont l’avantage considérable est d’être plébiscité par une très grand proportion d’adeptes y compris en compa                                                                                                                                                                                    raison à la course à pied, un avantage non négligeable qui permettrait peut-être d’atteindre plus facilement les 150 minutes d’exercice modéré hebdomadaire qu’il est important de réaliser pour chacun d’entre nous.

*L’équivalent métabolique (Metabolic Equivalent of Task) est une méthode permettant de mesurer l’intensité d’une activité physique et la dépense énergétique. Plus l’intensité de l’activité est élevée, plus le nombre de MET est élevé comme le montre ce tableau 

sportsweb

Source

Energy expenditure during sexual activity in Young healthy couples
Julie Frappier,Isabelle Toupin, Joseph J. Levy, Mylene Aubertin-Leheudre, Antony D. Karelis mail
PLoS ONE 8(10): e79342. doi:10.1371/journal.pone.0079342

Crédit PHoto Creative Commons by sinabeet

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