mardi 27 septembre 2016

Docbuzz

Retrouvez Docbuzz sur Twitter

Docbuzz est aussi sur Facebook

James Bond, l’espion au foie d’or

craig-2-slider

L’alcoolisme reste un problème important au sein de nos sociétés. L’alcool est responsable directement de de la mort de 2,5 millions d’êtres humains par an dans le monde. Pourtant, au cinéma ou plus généralement dans le monde du spectacle, l’alcool reste le plus souvent décrit comme pourvoyeur de joie, de bonne humeur, de relations sociales, de glamour, voire d’aventures coquines. James bond, l’espion  de sa majesté, est reconnu pour ses conquêtes féminines mais aussi pour sa consommation d’alcool : ses films popularisèrent  la fameuse Vodka Martini, la Vesper , qu’il consommait en abondance dans “Casino Royale” et “Quantum of Solace“, ainsi que plusieurs marques de champagnes millésimés. Cette consommation d’alcool ne l’empêchait nullement de mener à bien ses nombreuses missions.

Des médecins anglais ont voulu évaluer si cette consommation d’alcool était réellement compatible avec ses faits émérites. Deux d’entre eux ont relu les livres de Ian Fleming afin de noter tout d’abord le nombre de jours couverts par l’action, puis scrupuleusement les différentes quantités d’alcool absorbées. L’alcool absorbé était quantifié en unité d’alcool, une mesure internationale : une bouteille de vin correspond à 9 unités, une vodka martini à trois, etc.

A travers 12 livres couvrant 123,5 jours de mission, dont 36 dans des conditions interdisant la consommation d’alcool (emprisonnement), le Commander James Bond aura bu 1150.15 unités d’alcool soit 92 unités par semaine, soit 10 bouteilles de vin (seul), ou 30 vodka martini.

Les recommandations actuelles sont de ne pas dépasser 21 unités d’alcool par semaine : la consommation de James Bond en fait un alcoolique qui absorbe plus de 60 grammes d’alcool par semaine, c’est-à-dire appartenant au groupe le plus à risque de cirrhose, d’hypertension, de dépression, de cancers et …de dysfonction érectile. Avec une telle consommation, la cirrhose apparait en moyenne à 59 ans et le risque de mortalité est accru de 79%, un risque pour la population générale bien sûr, pas pour les espions. James Bond est donc probablement exposé à un risque bien plus élevé de mortalité précoce. Un risque encore accru si l’espion prend le volant après avoir bu : dans le livre Goldfinger, il prend le volant après avoir absorbé 18 unités d’alcool au cours d’un diner avec Auric Goldfinger, soit l’équivalent de 9 vodka martini ou presque deux bouteilles de vin. Son pic de consommation est atteint après la perte de sa nouvelle femme dans le livre On Her Majesty Service, 180 unités consommées en 12 jours, suivi de You only live Twice avec 225 unités consommées en 12 jours.

James bond avait l’habitude de commander sa vodka martini Shaken, not stirred !”, frappée, pas remuée! Cette petite phrase anodine au cinéma pourrait s’expliquer, selon les auteurs, par les conséquences de son alcoolisme. En effet, étant donné les fortes quantités d’alcool absorbées, il est probable que James Bond devait souffrir d’un tremblement des mains, un signe neurologique de manque apparaissant chez les alcooliques chroniques et apaisé par la prise d’alcool; ce tremblement rendait James Bond incapable de remuer correctement sa vodka martini, elle devait lui être servie frappée.

Source

Were James Bond’s drink shaken because of alcohol induced tremor?
Graham Johnson,  Indra Neil Guha,Patrick Davies
BMJ 2013; 347 doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.f7255

Articles sur le même sujet