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Les usines chinoises ont déjà contaminé 32 000 km2 de terres arables

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La Chine est devenu le premier manufacturier du monde au prix d’une pollution majeure de son environnement, avec une pollution atmosphérique et une pollution des terres agricoles qui dorénavant se répercute sur la santé humaine à travers la consommation d’aliments contaminés.
La lutte contre la pollution est trop souvent méprisée en faveur du développement économique ; nous même, en France en vivont un exemple flagrant avec une pollution atmosphérique devenue dangereuse pour au moins 12 millions de français, surexposés aux micro-particules pour satisfaire à l’expansion nationale du moteur diesel.
C’est un prix déjà bien plus élevé que payent les Chinois : l’atmosphère de nombreuses villes est devenue irrespirable et le nombre des cancers explose. Mais une pollution secondaire, celle des sols inquiète dorénavant les campagnes. Un article du New York Times publié le 30 décembre en témoigne.
Le 30 décembre 2013, un vice-ministre des terres et des ressources , Wang Shiyuan , a déclaré lors d’une conférence de presse à Pékin que 32 000 km2 de terres agricoles, étaient tellement polluées que toute agriculture devait dorénavant y être interdite. C’est comme si 18% des terres arables françaises devaient cesser d’être utilisées pour l’agriculture ou l’élevage. Déjà en mai 2013, des fonctionnaires de la province du Guangdong, au sud du pays, ont avoué avoir découvert des niveaux excessifs de cadmium, un métal lourd,  dans les 155 lots de riz prélevés sur des marchés, des restaurants et des magasins :  89 de ces lots contaminés provenaient de la région fortement industrialisée du Hunan, qui produit 16% du riz chinois, 17 millions de tonnes (Riz contaminé/FDA voir article Docbuzz). Dans cette région du Hunan, les champs sont bordés par les usines et irrigués avec l’eau contaminée par les déchets industriels . Les niveaux de métaux lourds toxiques dans les eaux usées sont parmi les plus élevés de Chine. Les habitants craignent que le sol soit autant contaminé et soupçonnent que de nombreux décès par cancer soient en fait liés à la pollution.L’inquiètude a dorénavant atteint les sphères dirigeantes. Des mesures de pollution du sol sont bien effectuées mais aucun résultat n’est publié, comme cela se passait auparavant avec la pollution atmosphérique. Il y a quelques semaines, la presse rapportait que les leaders communistes avaient leur propres fournisseurs de produits agricoles, une ferme biologique, éloignée de ces contrées polluées.

Au mois de juin 2013, China Daily,  un journal officiel chinois de langue anglaise, publiait un éditorial dans lequel on pouvait lire que ” La contamination des sols par les métaux lourds érode les fondations de la sécurité alimentaire du pays et représente un danger imminent pour la santé publique “. Un autre document publié  par le Ministère de la Protection de l’Environnement intitulé  “Pollution des sols et santé humaine» estimait que dorénavant près de 200 millions de kilomètres carrés, soit un sixième des terres arables chinoises étaient polluées, mais aussi que 13 millions de tonnes de récoltes étaient contaminées par les métaux lourds et que 84 millions de kilomètres carrés de terres étaient affectées par les pesticides.

Cette région du Hunan par exemple, devenue l’un des plus gros producteurs des métaux non ferreux,  est aussi, par voie de conséquence,  le premier pollueur en cadmium, chrome, plomb, et arsenic selon les données recueillies en 2011 par un groupe de recherche basé à Pékin. Cette année, la province est responsable de 41 pour cent de toute la pollution nationale au cadmium. Rejetés par les usines, le cadmium contamine les eaux usées, les eaux d’irrigation, les champs, les récoltes, l’ensemble de l’écosystème, avant de toucher l’homme. C’est un toxique puissant pour l’homme. Il s’accumule dans les os, provoquant ostéoporose et ostéomalacie, il est responsable d’anémie, d’insuffisance rénale et de cancers. En chine, le riz est extrêmement touché mais aussi les animaux nourris avec l’enveloppe du riz, extraite au cours du blanchiment. La viande des animaux est donc contaminée au cadmium.

De plus en plus, les agences de presse chinoises font état de villages où les taux de cancer s’élèvent. En Juillet, le centre chinois du contrôle des maladies et de la pollution a publié les résultats d’une étude qui établit un lien direct entre la pollution de la rivière Huai, qui traverse plusieurs provinces de la Chine centrale, et des taux élevés de cancer chez les personnes vivant sur les bords de la rivière.

Mais que faire? Les usines ne fermeront pas, les agriculteurs ne partiront pas. Certains s’enrichissent, d’autres meurent d’un cancer. Les exportations chinoises continuent de croitre et à travers elles la contamination de l’écosystème et de l’homme aux métaux lourds. De nombreuses alertes à des aliments chinois contaminés ont déjà touchés les Etats-Unis. Les autres produits manufacturés ne sont pas épargnés : les produits cosmétiques utilisés à travers le monde, presque tous fabriqués en Chine comme les rouges à lèvres, contiennent déjà tous de forts taux de cadmium, d’arsenic ou de plomb. Les femmes du monde entier les utilisent.

Source

Pollution Rising, Chinese Fear for Soil and Food
Edward Wood
New York Times 30 décembre 2013

Crédit Photo Creative Commons by  toehk

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