dimanche 4 décembre 2016

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Les génériques tuent aussi l’emploi

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Le paracétamol, un antalgique très utilisé en France n’a pas encore de générique. Il est vendu sous le nom de doliprane par Sanofi (Laboratoire Français, siège à Paris), d’Efferalgan et Dafalgan par Bristol-Myers Squibb (Laboratoire Américain, siège à New York). Cette situation qui peut paraître curieuse à certain est en fait le résultat d’un accord entre les fabriquants du paracétamol sous leur forme princeps et le gouvernement d’alors, un accord signé en 2003 dans le but de préserver les emplois au sein des usines fabriquant ces médicaments et qui sont situées en France. Aucun autre industriel de la pharmacie n’a bénéficié d’un tel accord. Cet accord prévoyait en réponse une baisse du prix des médicaments princeps.

Mais en décembre 2013, L’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a annoncé son intention de dénoncer cet accord et de promouvoir l’arrivée des génériques du paracétamol.

Cette décision apporte une preuve supplémentaire des conséquences non chiffrées de la promotion des génériques dans notre pays (comme dans d’autres d’ailleurs), comme la destruction de l’outil industriel au profit d’un approvisionnement low-cost dans des pays à moindre coût de main d’œuvre tels que l’Inde ou la Chine. En effet, cette décision politique provoquera 550 suppressions d’emplois dans l’usine BMS d’Agen, et 580 dans les usines Sanofi de Lisieux et Compiègne sans occulter la destruction de près de 4000 emplois indirects dans d’autres usines également françaises. Une belle économie en perspective.

Si tout le monde pouvait imaginer qu’en choisissant d’approvisionner les pharmacies françaises avec des médicaments produits uniquement à l’étranger, les usines françaises fermeraient; personne jusqu’alors ne l’avait annoncé clairement, nos responsables politiques préférant claironner les quelques millions d’économies réalisées par l’assurance maladie.

Comme le répétait Marisol Touraine récemment «On peut se soigner très bien avec moins de médicaments ou avec des médicaments génériques. C’est de la responsabilité des médecins, c’est de la responsabilité des Français, c’est de la responsabilité des hôpitaux”.

Elle a par ailleurs annoncé que l’argent des contribuables serait utilisée prochainement pour faire à nouveau la promotion des génériques dans une grande campagne nationale afin que les français cessent d’être méfiants vis-à-vis des génériques. CQFD.

Source

Doliprane, Efferalgan et Dafalgan au cœur d’une terrible bataille pour l’emploi
Catherine Ducruet et Frank Niedercorn
Les Echos 22/01/2014

Lisieux : union sacrée autour du Doliprane, médicament fabriqué par l’usine Sanofi
F
rance 3 Basse Normandie, 24 Janvier 2014

Crédit Photo Creative Commons by Luc Galoppin

 

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