Pesticides : la grande destruction. Faut-il fuir les campagnes ?

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Hommes et animaux, plantes et insectes, tous, nous souffrons des maux causés par les pesticides : nos enfants sont autistes, nos agriculteurs parkinsoniens ou cancéreux, les insectes disparaissent : l’élimination biologique vantée par les marchands de pesticides n’a rien de sélectif et toute régulation a jusqu’alors échoué du fait de la complaisance du politique face aux industriels des céréales et aux lobbies qui les fournissent. Il faut bien sûr se nourrir, il faut bien sur produire, mais quel prix veut-on payer ?

Veut-on qu’un enfant sur 60 naisse autiste en France ?

Une étude récente de génération future (voir article Docbuzz) montrait que nos enfants sont soumis à des centaines de pesticides perturbateurs endocriniens, substances chimiques capables de modifier le fonctionnement endocrinien. Et l’exposition aux pesticides vient à nouveau d’être  corrélée au risque d’autisme par les chercheurs de l’université de Davis en Californie. Leur étude publiée dans la revue Environnemental Health Perspective démontre que plus les femmes enceintes habitent à proximité de champs où des pesticides sont épandus, plus le risque d’autisme de leur enfant augmente : La pulvérisation d’organophosphates, quelque soit le moment de la grossesse accroit le risque d’autisme de 60%, de 330% s’il a lieu au cours du second trimestre et de 200% s’il a lieu au cours du troisième trimestre La pulvérisation d’un pyréthroide double également le risque d’autisme. Les femmes enceintes doivent éviter tout contact avec les pesticides agricoles recommandent les auteurs, ils faut donc fuir la campagne ?

Mais, malheureusement, l’autisme n’est pas tout. Ces perturbateurs endocriniens, dont font partie nombre de pesticides, comme le chlordécone ou le DDT, engendrent 31 milliards d’euros de dépenses de santé supplémentaires en Europe selon le rapport de l’association non gouvernementale Heal (Health and Environment Alliance) publié cette semaine, dont 4 milliards d’euros rien que pour la France.

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                     Les différentes pathologies favorisées par les perturbateurs endocriniens (extrait du rapport HEAL)

 

Veut-on que disparaissent les chants des cigales, les bourdonnements des abeilles, les bruissements des ailes de papillons et le gracieux vol des oiseaux ?

Le Groupe de travail sur les pesticides systémiques, (Task Force on Systemic Pesticides), un groupe constitué d’une cinquantaine de scientifiques de 15 nationalités, publie dans la revue Environmental Science and Pollution Research, une métanalyse de 800 publications démontrant combien l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes met en péril les pollinisateurs, ces insectes qui rendent possible l’agriculture. Les néonicotinoides (imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine, fipronil) des produits jusqu’à 10 000 fois plus destructeurs que le DDT, persistent dans les sols, polluent les nappes d’eau et migrent largement en dehors des zones initiallement traitées, détruisant la faune et la flore bien au-delà des terres agricoles. Pour les scientifiques, ces pollutions massives et extensives, cachées par les autorités et niées par l’agriculture, joue un rôle majeur dans la destruction des abeilles, des bourdons et des papillons, dont 50% de la population a disparue au cours des 20 dernières années, depuis que ces pesticides sont employés. Et ce n’est pas le potentiel arrêt à venir de l’épandage aérien, légalement déjà interdit, mais bénéficiant constamment de dérogations, qui améliorera les choses.Cette destruction des insectes entraine la destruction de ceux qui s’ en nourrissent, les oiseaux : sur les 30 dernières années, 50% des oiseaux des champs ont disparu, un massacre comparable à celui prôné par Mao lors du grand bon en avant.

Et pendant que les scientifiques compilent les données pour démontrer la destruction engendrée par les pesticides, la France poursuit sa consommation massive de ces produits dont elle est toujours la première utilisatrice Européenne. Hommes et femmes politiques, pouvoirs publics, agences de sécurité sanitaires, industriels et agriculteurs, tous possèdent une part de responsabilité non assumée dans cette grande destruction dont les conséquences sont déjà scientifiquement constatées.

Sources

Alexander P Keil, Julie L Daniels, Irva Hertz-Picciotto
Environ Health. 201413: 3. Published online 2014 January 23. doi: 10.1186/1476-069X-13-3
Janie F. Shelton, Irva Hertz-Picciotto, Isaac N. Pessah
Environ Health Perspect. 2012 July; 120(7): 944–951. Published online 2012 April 25. doi: 10.1289/ehp.1104553

3 thoughts on “Pesticides : la grande destruction. Faut-il fuir les campagnes ?

  1. organophosphates? Merci de citer les produits qui rentrent dans cette catégorie et qui sont autorisé en France. Aucune étude épidémiologique ne confirme ces lancements d’alerte destiné à vendre des bouquins, des films et des ramasser de douillets fauteuils au parlement européen.

    La review est bidon, ils n’apportent aucune donnée de terrain, seulement des suppositions en croisant des modèles et des études de labos. On sait très bien ce que valent ce genre de magouille.

  2. Très bon article. La France roule pour le lobbie chimico-pharmaceutique. La toxicité des produits phytosanitaire n’est plus à prouver tant sur la biodiversité que sur les humains. Il faut se débarraser de tout cela si on veut continuer de vivre.

    Quant à M. KARG SE : vous ête aveugle… pour rester poli.

  3. Pourquoi ne pas essayer d’obtenir le soutien de scientifiques, et de lancer une pétition pour changer les choses, sur avaaz, ou change.org
    Non pas dans le but de vraiment faire changer les choses avec une pétition, mais simplement pour faire réfléchir plus de monde sur cette question.

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