Comment la FNSEA et Stephane le Foll condamnent l’avenir de milliers d’enfants : le périmètre de protection des habitations vis-à-vis des pesticides doit être porté à 1 500 mètres

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A l’appel de la FNSEA, un nombre incertain d’agriculteurs, par des manifestations souvent agressives, ont voulu faire pression sur les députés avant l’examen du projet de loi sur l’avenir de l’agriculture : la FNSEA, probablement inspirée par quelques marchands de pesticides, dénonce essentiellement l’interdiction de l’épandage des pesticides à moins de deux cents mètres de lieux publics. Voilà à nouveau dévoilé le vrai visage de ce syndicalisme français.

Face à cette fronde modeste, Stéphane le Foll, en fier porteur de l’intérêt général s’est aussitôt exprimé sur RTL pour expliquer que ces « lieux publics » ne concerneraient que certains endroits comme les crèches, les écoles ou les maisons de retraites. Ainsi si votre maison borde un champ, l’épandage de pesticides restera autorisé. Les conséquences des épandages à proximité des lieux de vie sont bien connues et sont, hasard du calendrier, rappelés par deux études magistrales publiées au mois de juin 2014.

Déjà une petite étude française avait montré que les enfants vivant ou allant à l’école à proximité des zones agricoles sur lesquelles des pesticides étaient répandus, subissaient une exposition majeure et multiple aux pesticides perturbateurs endocriniens (voir article Docbuzz). Les conséquences de ces expositions étaient évoquées par deux autres publications : la première américaine démontre que l’utilisation d’un pesticide à proximité d’une habitation multiplie globalement le risque d’autisme de 60% (voir article Docbuzz) pour toutes les femmes enceintes au moment de l’épandage et vivant dans un rayon de 1,5 kilomètres (on est loin des 200 mètres!). Mais ce risque est multiplié par 300% au second trimestre et 200% au troisième trimestre. En refusant d’interdire l’épandage de pesticide, déjà dans un rayon de 200 mètres autour des maisons, la FNSEA et le ministre Stéphane le Foll condamnent l’avenir de milliers d’enfants français.

Mais pas seulement, car les pesticides entrainent bien d’autres complications, au-delà des cancers et de la maladie de Parkinson dont souffriront les agriculteurs pollueurs eux-mêmes (voir article Docbuzz): Selon l’organisation Européenne non gouvernementale HEAL (Alliance pour la santé et l’environnement), les perturbateurs endocriniens, dont font partie de nombreux pesticides, pourraient couter jusqu’à 31 milliards d’euros annuels à l’Union Européenne dont 4 milliards à la France, en provoquant des troubles de développement de l’enfant, des autismes, des troubles et déficits et de l’attention, une altération du QI, des cancers du sein et des testicules, des cryptorchidies, des troubles de la fertilité, une obésité ou un diabète (cf article Docbuzz).

Il apparait nécessaire de s’orienter vers une agriculture où l’utilisation des produits pesticides soit enfin mesurée afin, de non seulement préserver la flore et la faune, indispensables à la survie de l’agriculture, mais aussi de réduire l’incidence déjà trop élevée des pathologies provoquées par les pesticides. La rentabilité et l’hyperproduction en particulier celle destinée à l’exportation ne peut plus être un mot d’ordre ni un consensus puisque l’utilisateur de tels produits doit pouvoir en justifier l’intérêt, autre qu’économique, pour la communauté.

La France a besoin de mettre en place d’une santé publique responsable, capable de fixer des normes et des directives à l’ensemble des professionnels du pays, artisans, industriels, agriculteurs, et même syndicalistes. Il ne s’agit plus ici de principe de précaution, il s’agit de la santé humaine, de la vivacité de la flore et de la faune, objectifs auquel n’ont jamais répondu aucune des personnes rémunérés à la tête du ministère de la santé

Sources

Les agriculteurs mobilisés pour dénoncer les « contraintes » sur la profession
Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

Pesticides : Le Foll nie vouloir instaurer une zone de protection de 200 mètres

Pesticides : « Pas de zone d’exclusion de 200 mètres autour des habitations », dit Le Foll

Alexander P Keil, Julie L Daniels, Irva Hertz-Picciotto
Environ Health. 201413: 3. Published online 2014 January 23. doi: 10.1186/1476-069X-13-3
Crédit Photo Creative Commons by hepingting

2 thoughts on “Comment la FNSEA et Stephane le Foll condamnent l’avenir de milliers d’enfants : le périmètre de protection des habitations vis-à-vis des pesticides doit être porté à 1 500 mètres

  1. L’imidaclopride n’est autorisé que sur quelques cultures en pulvérisation.
    Les OD ne sont pas significatif, ils passent dessous de 1 et sont à 95%
    Un OD n’est pas un risque relatif, l’effet est plus faible qu’annoncé.
    Corrélation n’est pas causalité.
    Merci d’apprendre un rudiment de stat avant de polémiquer.

  2. Il faut remarquer qu’une interdiction d’épandage concernerait aussi les exploitants en bio (rappelons que l’épandage par temps venté qui avait atteint une école, provoquant à l’origine tout ce débat, était un exploitant bio de Gironde !).
    Ce qui ferait cesser l’agriculture sur une part importante du territoire national…

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