Comment les édulcorants favorisent diabète et obésité?

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Les édulcorants favoriseraient les modifications métaboliques conduisant à l’obésité et au diabète démontrent des expérimentations menées chez l’animal et chez l’homme. Les résultats sont publiés dans la prestigieuse revue Nature.

Les édulcorants utilisés pour tromper notre goût et offrir un goût sucré sans apporter les calories du sucre, pourraient donc avoir un effet totalement opposé à ce pour quoi ils sont utilisés, à savoir éviter la prise de calorie et d’onc l’apparition d’une obésité ou un diabète, ou encore éviter de les aggraver lorsque ces pathologies sont déjà présentes.Et bien, les édulcorants font exactement le contraire. Selon cette nouvelle publication, en modifiant les bactéries intestinales (microbiome), les édulcorants provoquent des modifications favorisant le diabète et l’obésité.

Les scientifiques démontrent que la prise d’édulcorants entraine une modification du microbiome, la flore intestinale. Ce changement entraine une modification du métabolisme du glucose entrainant à son tour une augmentation plus forte de la  concentration sanguine du sucre ( glycémie) après un  repas et un retour à la normal plus lent à distance des repas, deux phénomènes marqueurs habituels d’une insulinorésistance, un stade pré diabétique, également favorable au développement ‘une obésité.

Des études précédentes avaient déjà noté  chez des patients diabétique ou obèses des modifications du microbiome. Et chez des consommateurs de sodas, il avait été également noté une prise de poids plus importants chez les buveurs de sodas artificiellement sucrés (voir article Docbuzz « Les boissons lights font grossir »). En 2009, sur une cohorte multiethnique, une étude américaine établissait que la consommation de sodas “diet” augmentait le risque de syndrome métabolique de 36% et le risque de diabète de 67% (cf. article Docbuzz)

Les édulcorants utilisés dans l’étude étaient la  saccharine, le sucralose et aspartame. Des souris consommaient une eau sucrée avec ces édulcorants, d’autres une eau pure, d’autre une eau sucrée avec du glucose. Il a suffit d’une semaine pour que les signes d’intolérance au glucose apparaissent chez les souris, c’est à dire une montée importante de la glycémie sanguine après un repas suivi d’une redescente très lente. La prise d’antibiotique, qui détruisait le microbiome modifié, normalisait en même temps ces anomalies métaboliques immédiatement confirmant le lien entre les deux. Tous els édulcorants ont le même effet.

Pour affirmer de manière certaines que ces bactéries étaient le lien entre la prise d’édulcorant et l’intolérance au glucose, les chercheurs ont prélevé du microbiome chez un animal alimenté avec un édulcorant, pour le transplanter chez un animal normal ; très rapidement ce dernier a développé à son tour une intolérance au glucose, confirmant que les édulcorants modifient le type de bactéries intestinales et sélectionnent de bactéries ayant un effet délétère sur le métabolisme du glucose.

Pour évaluer les effets de ces édulcorants chez l’homme, les scientifiques ont ensuite suivi près de 400 personnes sans diabète, consommateurs ou non de soda light : ils démontrent une étroite corrélation entre la consommation de soda light et l’existence d’une intolérance au glucose, et confirment la modification de la flore intestinale déjà observée chez la souris, chez l’homme.

Pour confirmer l’effet direct et rapide des édulcorants sur le métabolisme du glucose, les scientifiques ont donné des édulcorants (saccharine) à des volontaires sains : après seulement 6 jours, quatre d’entre eux présentaient déjà els altérations métaboliques exactement retrouvées au cours des études animales.

Ces études confirment une suspicion grandissante vis-à-vis de l’effet contraire des édulcorants. Pourtant ceux-ci restent recommandés par de grandes institutions médicales y compris chez des patients souffrant déjà de diabète ou d’obésité, patients chez lesquels ils vont donc aggraver la pathologie.

A la lumière de ces résultats, la consommation d’édulcorants (et les produits en contenant) ne devrait plus être recommandée par le corps médical et devraient même être évitée par tous, mais en particulier par les enfants, et les personnes souffrant déjà d’une intolérance au glucose. Le marketing des produits contenant des édulcorants devrait également être adapté.

Sources

Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota
Jotham Suez, Tal Korem, David Zeevi, Gili Zilberman-Schapira, Christoph A. Thaiss, Ori Maza, David Israeli, Niv Zmora, Shlomit Gilad, Adina Weinberger, Yael Kuperman, Alon Harmelin, Ilana Kolodkin-Gal, Hagit Shapiro, Zamir Halpern, Eran Segal & Eran Elinav
Nature (2014) doi:10.1038/nature13793 Received 27 March 2014 Accepted 28 August 2014 Published online 17 September 2014

Health: The weighty costs of non-caloric sweeteners
Taylor Feehley & Cathryn R. Nagler
Nature (2014) doi:10.1038/nature13752 Published online 17 September 2014

Crédit Photo Creative Commons by FBellon classic_film

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