Le ministère de la santé a eu la peau de l’Office Français de Prévention du Tabagisme

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L’Office Français de Prévention du Tabagisme, cet organisme français de lutte contre le tabagisme présidé par le Professeur Dautzenberg  vient de déposer son bilan, exit la lutte « non officielle » contre le tabagisme en France. 

Comment cet organisme bien connu du public a t-il pu disparaitre sans que notre santé publique lui vienne en aide? C’est en fait le ministère de la santé qui a sonné l’arrêt de mort de cet organisme dédié à la lutte contre le tabagisme.

L’Office français de prévention du tabagisme tirait ses revenus du marché de la ligne « Tabac Info Service », la ligne téléphonique d’appel pour tous les fumeurs souhaitant arrêter de fumer. Or en juillet 2012, l’Inpes, l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé, un opérateur de l’Etat placé sous tutelle du ministère de la santé et donc aux ordres de ce ministère, retirait, après appel d’offre, ce marché à l’Office français de prévention du tabagisme et le confiait à une société privée, Direct Medica qui en assure depuis la maintenance. Mariolle Touraine était devenue Ministre des Affaires sociales et de la Santé en mai 2012.

Coincidence surement, Bertrand Dautzenberg publiait la même année, un livre accusateur, liant le pouvoir politique aux intérêts des cigarettiers, « La République enfumée : les lobbies du tabac sous Chirac et Sarkozy » (éditions OFTA, 2012- cf article Docbuzz).

Direct Medica est une société privée dont l’arrêt du tabac n’est pas un objectif prioritaire; elle se défini de la sorte «Direct Medica élabore et met en place des solutions opérationnelles novatrices pour optimiser les relations entre professionnels de santé, patients, industriels, établissements hospitaliers et payeurs», travaillant aussi bien pour l’Etat Français que pour des laboratoire pharmaceutiques. Direct Medica réalise un flux de 1 000 M€ de ventes directes et gère les ventes directes de plus de 50 laboratoires explique la société sur son site internet.

Ce changement d’attribution avait généré de la part de M. Osman, Directeur de l’Organisme Français de Prévention du Tabagisme, un courrier accusateur adressé au Ministère de la santé dénonçant une affaire politico-sanitaire. L’Inpes et Direct Medica s’étaient défendu par communiqué de presse.

L’utilité réelle de la ligne « Tabac Info Service » créé en 1998 par l’Inpes dans la lutte contre le tabagisme n’a pour l’instant jamais été évalué et personne ne sait si son fonctionnement depuis deux années est ou non amélioré. La ligne reste payante contrairement aux lignes crées dans de nombreux autres pays.

Mais dès 2012, la messe était dite. Après 30 mois d’agonie, l’Office Français de Prévention du Tabagisme disparait. La France n’a toujours pas de politique de lutte contre le tabac digne de ce nom. Le tabac est devenue la première cause de mortalité de la femme par cancer, le cancer du poumon devançant dorénavant celui du sein. Plus de 70 000 français décèdent du tabac chaque année et le tabagisme coûte à notre système de santé 10 fois plus que ses taxes ne rapportent à l’état.

Sources

La ligne d’aide à l’arrêt du tabagisme, Tabac Info Service, au cœur d’une affairepolitico-sanitaire
Office Français de Prévention du Tabagisme

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