L’amiante ou le sang contaminé n’étaient rien en comparaison au diesel : la pollution de l’air tue 50 000 français chaque année

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Presque 1 décès sur 10 en France est lié à la pollution de l’air, le plus grand scandale sanitaire de notre histoire? Selon une étude présentée par l’agence gouvernementale Santé Publique France, aux cours  de la journée Journée qualité de l’air et santé, 9% des décès annuels sont liés en France sont liés à la pollution de l’air qui tue donc prématurément 48 000 français chaque année. La pollution de l’air s’établit comme la troisième cause de mortalité la plus meurtrière après le tabac et l’alcool. Toutes les trois sont des causes de décès évitables par une politique de santé adéquate que nos gouvernements ont toujours éviter de mettre en place.

Pour évaluer ce taux de mortalité, les scientifiques de Santé Publique France ont cartographié la pollution nationale aux particules PM 2.5, celles émises par exemple par les moteurs diesels. Les plus grandes villes et agglomérations les plus polluées telles que Marseille, Paris ou Lyon sont celles ou les habitants subissent la plus grande perte d’espérance de vie, allant jusqu’à 15 mois en moyenne, 2 ans dans les grandes villes. Mais le diesel étant partout, la majorité des français sont touchés : l’étude estime à 47 millions, les français subissant ses effets négatifs, répartis sur plus de 36 000 communes.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la concentration en PM2.5 dans l’air ne devrait pas dépasser 10  µg/m3. A 40 µg/m3, elle reste considérée comme normale par les Autorités Françaises, les alertes débutant quant elle atteint 80 µg/m3. Si les normes de l’OMS étaient respectées plus de 17 000 décès seraient évités. Et l’étude confirme que les mesures d’urgence comme celles appliquées en cas de pic de pollution à Paris ne servent à rien, sinon à faire croire que l’on gère le problème : « La réduction des niveaux de polluants uniquement en cas de pic de pollution ne permet pas d’assurer une prévention efficace des impacts sanitaires » affirme l’agence Santé Publique France.

En Juillet 2015, un rapport sénatorial « Pollution de l’air, le coût de l’inaction » tirait la sonnette et pressait le gouvernement d’agir : non seulement le nombre de décès liés a la pollution étaient déjà estimé entre 42 et 45 000 décès mais coûtait à la France 100 milliards d’euros par an pour beaucoup en cout sanitaire de pathologies chroniques, en hospitalisation, en indemnités journalières, en absentéisme, etc. A cette époque, il y a donc un an, Ségolène Royale avait déclaré « Je vais rendre publiques les décisions que l’Etat va prendre. Il ne faut plus que les gens rouspètent, que les gens disent ’ce n’est pas le moment, on verra demain’. Il faut aussi que les maires des grandes villesprennent leurs responsabilités dès lors que la loi de transition énergétique va leur donner des moyens d’agir, notamment pour créer des zones de restriction de circulation »….une parfaite illustration des maux qu’affronte notre pays….

Réduire drastiquement la pollution en réduisant l’impact du diesel et en poursuivant une véritable action de prévention de santé publique contre le tabac et l’alcool, non seulement serait formidable en terme de réduction du nombre des décès et des pathologies chroniques qui y sont liées, mais serait aussi efficace en termes économiques. Cela permettrait sûrement d’économiser les 2,4 milliards d’euros nécessaires à financer les couteux médicaments innovants de « la liste en Sus » (lire article Docbuzz).

Sources

Journée qualité de l’air et santé
21 juin 2016

Session Polluants de l’air : réduire les expositions pour protéger la santé
Sylvia Medina,
Journée de la Prévention et de la Santé Publique, Juin 2015

Crédit Photo Creative Commons by  twicepix

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