La pollution au diesel augmente le risque de souffrir d’un Alzheimer

Une vaste étude Canadienne publiée dans la revue The Lancet affirme, après évaluation d’une population de 6,5 millions d’individus, que la pollution aux microparticules émises par les moteurs diesels favorisent la survenue d’une démence cérébrale du type de la maladie d’Alzheimer.

La démence, la maladie de Parkinson et la sclérose en plaque sont des maladies neurodégénératives de plus en plus fréquentes sans que la raison en soit clairement identifiée. Pourtant des preuves s’accumulent pour impliquer le trafic automobile dans la survenue de ces pathogies aux conséquences sanitaires dévastatrices. D’une part du fait du bruit généré et d’autre part du fait de la pollution des moteurs diesels producteurs de microparticules capables d’atteindre le cerveau après avoir été inhalés et circulé dans le sang.

Les résultats démontrent que les individus habitant à 50 mètres d’une route à fort trafic ont 7% de risque supplémentaire de souffrir d’une démence cérébrale en comparaison à ceux habitants à 300 mètres de distance.

Pour parvenir à valider ce résultat, les scientifiques ont sélectionné deux groupes d’habitants, un premier groupe jeune, âgé de 35 ans en moyenne, chez lequel était surveillé la survenue d’une sclérose en plaque, et un autre groupe, âgé de 66 ans en moyenne chez lequel était surveillé la survenue d’une démence sénile et/ou d’une maladie de parkinson.

50% des participants vivaient à moins de 200 mètres d’une route à fort trafic automobile et 95% à moins de 1000 mètres. La concentration en microparticules PM2.5 dans les habitations était en moyenne de 9·7 μg/m3 (range 1·3–19·8 μg/m3). A titre de comparaison, L’OMS a fixé un seuil de normalité à 10 μg/m3 et la France à 20 μg/m3 pour les microparticules 2.5.

Notons à ce stade que cette concentration moyenne de 9·7 μg/m3 pourraient paraitre très basse à un francais vivant dans une ville comme Paris ou Grenoble. Par exemple le lundi 30 janvier 2017, la concentration en particules 2.5 à Paris était de 47 à 5 heures du matin, un indice de pollution qualifié comme « bon » bien que témoignant d’une pollution plus de 5 fois plus élevée que celle relevée dans l’étude du Lancet. Les normes Francaises sont donc extrèmement mensongères et visent à camoufler l’impact réel de la pollution.

Pour preuve, les scientifiques montrent que, avec ce niveau de pollution aux particules PM2.5 inférieur à 10  μg/m3, le risque de souffrir d’une malaide d’Alzheimer est augmentée de 7% entre ceux vivant à moins de 50 mètres de la route, et ce n’est qu’après une distance de 300 mètres que le risque s’annule. Aucun lien n’a été retrouvé avec la maladie de parkinson ou la sclérose en plaque. Le risque accru de démence persistait après ajustement pour toute une série de facteur favorisant.

« Notre étude est la première à suggérer que les polluants provenant du traffic automobile favorise une démence. Nous savons par des recherches antérieures que les polluants atmosphériques peuvent entrer dans la circulation sanguine et conduire à une inflammation, qui est liée à des maladies cardiovasculaires et peut-être d’autres conditions telles que le diabète. Cette étude suggère que les polluants atmosphériques qui peuvent entrer dans le cerveau par le flux sanguin peut conduire à des problèmes neurologiques », explique le Dr Ray Copes, un des auteurs de l’étude. Nous pouvons aisément imaginer les conséquences  sur les habitants d’une ville comme Paris ou Grenoble,  baignés en continuité dans une pollution aux PM2.5 largement supérieure à 10 μg/m3.

Source

Living near major roads and the incidence of dementia, Parkinson’s disease, and multiple sclerosis: a population-based cohort study
Hong Chen et al
The Lancet, 2017 DOI: 10.1016/S0140-6736(16)32399-6

Crédit Photo site http://aqicn.org/city/paris/fr/

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