Efficacité du vaccin contre la grippe A (H1N1)

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(Cas répertoriés de grippe H1N1-septembre 2009)

Deux études scientifiques sur l’efficacité d’un vaccin contre le  virus H1N1 et sur sa tolérance chez l’homme ont été publiées dans le New England Journal Of Medecine, l’un des plus respecté journal médical au monde.

Première étude (Clark, Etats-Unis) :

175 adultes  âgés de 18 à 50 ans, ont testé un vaccin monovalent avec adjuvant (MF59) et sans adjuvant. L’adjuvant est destiné à augmenter la réponse immunitaire. Ils ont reçu soit deux injections intramusculaires du vaccin (7,5 ug) le même jour, soit 4 injections (7,5 ug) à J0, J7, J14 et J21, soit 2 injections (3,5 ug+ adjuvant) le même jour, soit une première dose (7,5 ug) puis une seconde après 21 jour (3,5 ug).

L’étude n’était pas finie au jour de la publication (septembre 2009). On connaît les résultats après injection du vaccin 7,5 ug+adjuvant:

La réponse immunitaire est “consistante avec une séroprotection contre le virus responsable de l’épidémie de grippe 2009 (H1N1) dans les deux semaines qui suivent l’injection d’une dose de vaccin 7,5 ug +adjuvant“. A 21 jour il n’y a pas de différence significative de la réponse immunitaire entre ceux ayant reçu une seule dose de 7,5 ug+ adjuvant et ceux ayant reçu deux doses.

85% des patients rapportent un effet secondaire: douleur au site d’injection (70%), rougeur locale, douleurs musculaires générales (42%), malaise, maux de tête, nausées ou fièvres. 11% des patients ont eu recours à un antalgique. Trois patients ont fait état de diarrhée, deux sujet un rhume, un, 1 mal de dents, un dernier, un rash cutané au bras.

Il faudra connaitre l’efficacité chez les patients ayant reçu un vaccin sans adjuvant afin de voir si celui-ci est utile: “Alors que les adjuvants améliorent l’immunité, leurs effets sur le virus H1N1 sont inconnus” disent également les auteurs. (Etude supportée par Novartis fabriquant du vaccin testé dans cette étude)

Deuxième étude (Greenberg, Australie):

240 patients ont été recrutés. Les résultats préliminaires rapportent l’effet d’un vaccin monovalent contre la grippe A (sans adjuvant), 21 jours après la première injection (la seconde n’ayant pas encore eu lieu). Ils ont été séparés en deux groupes, le premier <50 ans, le second > 50 ans. Dans chacun des groupes, les patients recevaient soit un vaccin dosé soit à 15 ug, soit à 30 ug.

A 21 jours, 96,7% des patients qui ont reçu le vaccin dosé à 15 ug et 93,3% de ceux ayant reçu le vaccin dosé à 30 ug avaient un taux d’anticorps compatible avec une protection contre le virus H1N1. Selon les auteurs, ce résultat montre que la seconde dose de vaccin dosé à 15 ug n’est pas nécessaire et qu’il est même nécessaire d’explorer l’efficacité de doses plus faibles. Parmi les patients de plus de 50 ans, un certain nombre de patients présentaient déjà une immunité au H1N1, probablement du fait d’une exposition au virus avant 1957.

Les effets secondaires au point d’injection (douleur, rougeur, induration, ecchymoses étaient retrouvés chez 46% des patients. Des effets généraux (fièvre, maux de tête, malaise, douleurs musculaires, nausées, vomissement) chez 45 % des patients. (Etude supportée par CSL, fabriquant du Panvax).

Source

Response after One Dose of a Monovalent Influenza A (H1N1) 2009 Vaccine — Preliminary Report
Michael E. Greenberg, Michael H. Lai, Gunter F. Hartel, Christine H. Wichems, Charmaine Gittleson, Jillian Bennet, Gail Dawson, Wilson Hu, Connie Leggio, Diane Washington, Russell L. Basser
Published at www.nejm.org September 10, 2009 (10.1056/NEJMoa0907413)

Trial of Influenza A (H1N1) 2009 Monovalent MF59-Adjuvanted Vaccine — Preliminary Report
Tristan W. Clark, Manish Pareek, Katja Hoschler, Helen Dillon, Karl G. Nicholson, Nicola Groth, and Iain Stephenson,
Published at www.nejm.org September 10, 2009 (10.1056/NEJMoa0907650)

2 thoughts on “Efficacité du vaccin contre la grippe A (H1N1)

  1. quel est le pourcentage connu des personnes de plus de 50 ans présentant selon étude ci-dessus notifiée , une immuno-protection et pourquoi ne prend t-on alors pas leurs gènes pour réaliser une base de vaccin à grande échelle?

  2. Dans les études menées avec le vaccin antiH1N1 en Australie, environ 30% des sujets possédaient déjà une immunité contre le virus. Cependant, la titration des anticorps restait modeste. La vaccination a permis de les multiplier par 4 à 5. Les auteurs étaient surpris du nombre de patients de plus de 50 ans ayant une immunité et lient cette constatation à la pandémie mondiale de H1N1 de 1957. Cependant on retrouvait une immunité chez un taux équivalents de sujets de moins de cinquante ans. Il est possible que le H1N1 ait atteint par petite touches les pays et donc les populations avant que l’on identifie la pandémie. Par ailleurs, il semble que la vaccination contre la grippe saisonnière puisse créer une réaction croisée.

    Concernant les gènes, ils ne peuvent être utilisés pour fabriquer un vaccin, en tout cas pas pour l’instant. Le processus de fabrication des vaccins est aujourd’hui bien rodé: on capture un agresseur, on regarde les protéines qu’il porte en surface et on fabrique à partir de cela des copies qui injectées à un humain feront réagir son immunité…
    TM

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