1,3 millions d’européens mourront d’un cancer cette année

Capture d’écran 2014-04-25 à 11.38.30

La revue Annals of Oncology publie une étude menée par une équipe Italienne évaluant le nombre de décès par cancer qui toucheront l’Europe : 1 323 600 Européens décèderont d’un cancer en 2014, 742 500 hommes et 581 100 femmes. 

Pour résumer la situation Européenne, on peut curieusement dire que depuis 2009, le cancer fait de plus en plus de morts mais tue de moins en moins : en effet, si le nombre de décès en valeur absolue s’accroit, probablement du fait du vieillissement de la population, la mortalité (pour 100 000 hab.) se réduit, de 7% chez l’homme (148 à 138/100 000) et de 5% chez La femme (89 à 84/100 000). De bon résultats certes, mais très contrastés en fonction des pays.

Mais il n’y a pas que des bonnes nouvelles : En Europe, un seul cancer poursuit son ascension au sein des deux sexes, le cancer du pancréas. Ce cancer dont est mort Steve Jobs, est particulièrement mortel et emportera 81 000 Européens cette année, le plus souvent rapidement puisque seulement 5% d’entre eux sont encore en vie au bout de 5 années après le diagnostic. Ce cancer est encore mal connu, comme d’ailleurs ses facteurs de risque, classiques et peu discriminants, souvent liés à l’excès, tabac, alcool, obésité, diabète, antécédents familiaux.

Les Européens mâles décèderont en premier lieu d’un cancer des poumons (merci le tabac et l’absence de politique de prévention), du colon (là aussi de nombreux cas seraient évitables avec une bonne politique de prévention) et de la prostate (idem).

Les Européennes décèderont elles principalement d’un cancer du sein mais le cancer du poumon l’a presque rejoint (merci le tabac et l’absence de politique de prévention), suivi par le cancer du côlon.

Capture d’écran 2014-04-25 à 11.38.36

En France, l’image est le corolaire de ces chiffres Européens : 22 800 hommes et 8600 femmes mourront d’un cancer du poumon, principalement lié au tabagisme : cela coutera à la France 400 000 millions d’euros de traitements et soins, en pure perte puisque seulement un patient sur 10 survit plus de 5 ans. Le nombre de décès féminin par cancer du poumon est en dramatique augmentation en correspondance avec l’augmentation du tabagisme féminin ; cible avérée du marketing cynique des producteurs de cigarettes.

Le cancer du côlon tuera 19 200 français, 10 200 hommes et 9000 femmes, un chiffre qui aurait pu être réduit de 3000 si l’administration française avait autorisé la mise en place d’un nouveau test de dépistage bien plus efficace (lire article Docbuzz),

 11.700 femmes mourront d’un cancer du sein, un chiffre qui se réduit peu dans notre pays à la différence de nos voisins (voir article Docbuzz). L’inutilité du dépistage et la lutte contre le sur diagnostic pourraient peut-être améliorer ce chiffre.

A noter encore 3.200 décès pour les cancers de l’utérus, un nombre en chute constante depuis les années 1970 grâce à la mise en place des frottis de détection, sans aucune accélération de la réduction depuis l’introduction du vaccin censé sauver les femmes du cancer du col utérin.

Le cancer de la prostate tuera encore 8.700 hommes.

Une analyse menée il y a 10 ans, estimait le cout du cancer en France à 10 milliards d’euros  pour l’assurance maladie, auquel on ajoute 24,4 milliards en perte totale de production : 50% des cancers sont liés à des comportements individuels à risque contre lesquels l’action publique pourrait tenter d’avoir un impact : tabac, alcool, obésité, sucre (sodas), graisses, diabète sont les cibles. Mais seulement 46 millions sont investi dans la lutte contre le tabac, 62 millions dans la lutte contre l’alcool, 10 millions dans l’amélioration de la nutrition et 200 millions dans la prévention du cancer du sein par mammographie (une technique probablement inutile, voir article Docbuzz), 53 millions dans le dépistage du cancer colorectal. Le déséquilibre d la répartition des dépenses de prévention, les deux tiers des hommes allant à la prévention du cancer du sein qui tue trois fois moins que le poumon et dont l’efficacité n’a jamais été démontrée en France pose question. Mais plus encore, c’est le faible investissement pour prévenir les cancers, environ 300 millions d’euros, en comparaisons à ce qu’ils coutent à la France, qui démontre l’incohérence du système.

Quand une véritable politique de santé publique verra-t-elle le jour? Prévenir est un investissement et le moyen de réduire au final les dépenses de la sécurité sociale, nos dépenses.

Source

European cancer mortality predictions for the year 2014
M. Malvezzi, P. Bertuccio, F. Levi, C. La Vecchia, E. Negri
Annals of Oncology 00: 1– , 2014

Le coût du cancer du poumon
Assureo
jeudi 06 mai 2010

ANALYSE ÉCONOMIQUE DES COÛTS DU CANCER EN FRANCE
Impact sur la qualité de vie,
prévention, dépistage, soins, recherche
SOUS LA DIRECTION DE FRANCK AMALRIC ÉTUDES ET EXPERTISES
l’Institut National du Cancer
2007

Crédit Photo European cancer mortality predictions for the year 2014

2 thoughts on “1,3 millions d’européens mourront d’un cancer cette année

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *