Le sang des jeunes pourrait-il améliorer les maladies des vieux?

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Dans les prestigieuses revues scientifiques Nature et Science, plusieurs publications témoignent de l’effet de l’injection du sang de jeune souris pour améliorer les performances de vieilles souris. Pourtant cette information a déjà  plusieurs années : en fait, des scientifiques américains ont depuis travaillé à identifier la ou les protéines qui, dans le sang, pourraient expliquer cette amélioration des performances cognitives porté par un rajeunissement cérébral, et des performance physiques liées à une amélioration des capacités musculaire et cardiaque identifiées chez de vieilles souris. Cette nouvelle protéine pourrait être l’élixir de jouvence si souvent espéré par l’être humain : il s’agit en fait d’un facteur de croissance dont la concentration dans le sang décline avec l’âge. Serait-ce une bonne nouvelle si l’être humain parvenait à prolonger sa vie de quelques dizaines d’années ? Imaginez les conséquences : âge de la retraite repoussé à 95 ans, surpopulation, pénurie alimentaire, pollution accrue…

Le sang, fluide de vie : La fusion d’un sang jeune et d’un sang vieux pour améliorer le vieux a toujours appartenue à une certaine croyance mythique: le pape Innocent VIII (1432-1492), alors qu’il était mourant, aurait parait-il bu le sang de trois jeunes garçons qui en moururent sans que cela ne le sauve. Les travaux scientifiques sur le sujet ont débuté avec une expérience inédite il y a plus de dix ans, reproduisant une plus ancestrale réalisée il y a 150 ans, alors que la connaissance des groupe sanguins n’existait pas (le système ABO fut décrit en 1900, par Karl Landsteiner): des chercheurs avaient eu l’idée de relier les réseaux sanguins cutanés de deux souris, une jeune et une vieille, pour étudier les conséquences sur les organes de l’ancêtre du sang de la jeunesse ; cette fusion des circulation se dénomme Parabiosis.

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En l’an 2000 Amy Wagers de l’université Stanford revisite la méthode et étudie l’effet de l’apport d’un sang jeune sur la musculature cardiaque de souris âgées ; elle constate que les cellules souches sont revitalisées. Poursuivant ses travaux, Amy Wagers en collaboration avec d’autres scientifiques, identifie dans le sang la protéine GDF11 comme étant la pourvoyeuse de ce «rajeunissement». Il y a un an, dans la prestigieuse revue Cells, ils publient un travail montrant qu’administrer cette protéine à la souris permet de dramatiquement réduire l’hypertrophie cardiaque après seulement 4 semaine d’exposition, une efficacité jamais démontré par aucune thérapeutique actuelle.

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Dans la revue Science, Amy Wagers démontre que la protéine GDF11 fonctionne au moins aussi bien que le parabiosis sur l’amélioration musculaire et cognitive : soumises à des tests physiques (agripper, courir) et cognitif, les spoouris âgées font mieux. : les scientifiques constatent par ailleurs une amélioration fonctionnelle et structurelle des muscles striés

Science publie conjointement une autre étude menée par Lida Katsimpardi montrant que l’administratioon du GDF 11 favorise la pousse de vaisseaux et améliorerait l’olfaction de vieilles souris. Une troisième étude montrerait que l’hippocampe, le lieu de stockage de notre mémoire, verrait apparaitre de nouvelles connections neuronales. Les tests cognitifs s’améliorent. Mais cette étude menée par Wyss-Coray a été obtenue en injectant simplement du plasma de jeune souris

Selon les scientifiques qui ont découvert le GDF 11, celui-ci fonctionnerait en stimulant les cellules souches. Mais si cela peut améliorer temporairement des souris âgées, qu’en est-il de l’homme? En fait rien ne laisse supposer aujourd’hui que la protéine GDF11 permettent d‘améliorer quoi que ce soit chez l’être humain ; il a existé des précédents très efficaces chez la souris et sans effet chez l’homme. Par ailleurs, il y a peu de chance que des transfusions de sang jeunes commencent à être utilisées médicalement pour améliorer les performances physiques et cognitives d’un vieillard. Pourtant la dernière étude publiée dans Nature utilisant du plasma a ouvert une brèche dans laquelle des scientifiques s’engouffrent : les auteurs de cette troisième étude ont fondé une société et s’apprêtent à débuter une étude chez l’homme : injecter du plasma de jeunes êtres humain à des êtres humain souffrant l’alzheimer peut-il les améliorer ? La dérive pourrait naitre rapidement..

Sources

Nineteenth Century Technique Turns Old Mouse Hearts Young
Paul Gabrielsen
Science mag, 9 May 2013 12:15 p

Growth Differentiation Factor 11 Is a Circulating Factor that Reverses Age-Related Cardiac Hypertrophy
Francesco S. Loffredo & al
Cell Volume 153, Issue 4, 9 May 2013, Pages 828–839

Restoring Systemic GDF11 Levels Reverses Age-Related Dysfunction in Mouse Skeletal Muscle
Manisha Sinha& al,
Science: Published Online May 5 2014

Vascular and Neurogenic Rejuvenation of the Aging Mouse Brain by Young Systemic Factors
Lida Katsimpardi & al
Science Published Online May 5 2014

Young blood reverses age-related impairments in cognitive function and synaptic plasticity in mice
Saul A Villeda & al
Nature Medicine (2014) Published online 04 May 2014

 

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