Pour bien vieillir, il faut marcher!

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L’exercice physique et en particulier la marche à pied est la clef d’une longévité en bonne santé : pratiquer régulièrement repousse le risque pour une personne âgée de devenir physiquement dépendante : ces résultats de l’étude LIFE sont publiée dans la revue américaine JAMA

Tout le monde sait déjà que pratiquer une activité physique est bénéfique pour la santé ; toutefois y a t-il encore un bénéfice chez nos grands-parents âgés ou très âgés à faire de la marche quotidiennement, ou du yoga? Car si vivre plus longtemps peut être un objectif partagé par tous, il faut ajouter vivre plus longtemps mais en bonne santé, sans dépendre d’autrui dans son quotidien. En fait toute perte de mobilité est étroitement corrélée à un taux plus élevé de morbidité et de mortalité. Maintenir une autonomie de marche à 400 mètre est un élément central dans le maintien d’une indépendance et d’une bonne qualité de vie.

L’étude LIFE (Lifestyle Interventions and Independence for Elders) a voulu évaluer si la pratique régulière d’une activité physique comme la marche à pied permettait de retarder la perte d’autonomie chez les patients âgés. Cette limite de 400 mètre allait servir d’élément d’évaluation. Les participants recrutés avaient entre 70 et 89 ans (âge moyen 79 ans), marchaient moins de 20 minutes par semaine, étaient à haut risque de perte d’autonomie, étaient capables de marcher 400 mètres en moins de 15 minutes sans s’asseoir, et n’avaient pas d’atteinte cognitive. La moitié des participants (818) allaient suivre un réentrainement physique incluant 150 minutes de marche hebdomadaire (30 minutes /jour), avec des exercices destinés à augmenter la force musculaire, la souplesse et l’équilibre, d’une durée quotidienne de 10 minutes chacun. Un bilan de progression était réalisé tous les 6 mois. Les autres participants bénéficiaient d’un programme d’éducation sur la nutrition et la santé. L’étude a durée 2,6 ans, de 2010 à 2013.

Les résultats démontrent que les participants ayant bénéficié d’une reprise d’activité physiques avaient 18% de risque en moins d’avoir souffert d’un épisode de perte d’autonomie (35% des participants vs 30%) et 28% de risque en moins de devenir totalement dépendant, selon le critère prédéfini d’être capable de réaliser 400 mètres de marche seul.

Plus de participant ayant repris un entrainement physique ont été hospitalisés, parce qu’ils étaient mieux suivi médicament plaident les auteurs.

La différence de bénéfice peut paraître légère avec 35% du groupe éducation contre 30% du groupe exercice physique subissant au moins une perte d’autonomie : mais les auteurs expliquent qu’en fait le groupe contrôle n’en était plus vraiment un. Car dès que les conditions de l’étude furent expliquées, ceux n’ayant pas été tiré au sort dans le groupe exercice ont accru leur activité physique quotidienne et il n’aurait pas été éthique de leur interdire de le faire. Le groupe exercice réalisait 218 minutes d’exercice physique par semaine contre 138 au début de l’étude, et l’autre groupe 115 minutes d’exercice par semaine, une augmentation spontanée de 34 minutes. La différence d’exercice hebdomadaire moyenne était donc de 104 minutes. Si le groupe contrôle avait été un groupe totalement sédentaire, les résultats auraient été encore plus larges.

Il est donc possible de lutter efficacement contre la perte d’autonomie du sujet âgé, un problème de santé publique dans nos sociétés. Pourtant, aucune mesure concrète n’est mise en place pour tenter de reculer la perte d’autonomie des sujets âgés, des événements extrêmement couteux : en comparaison financer une reprise d’exercice physique telle que celle menée dans l’étude LIFE, coûte 1800 dollars par an et par participants, ce qui n’est même pas le coût d’une journée d’hospitalisation. Sans compter que la pratique de l’exercice aide également à maintenir les facultés cognitives et à réduire le risque de dépression, des bénéfices majeurs pour une pratique facile à mettre en œuvre. Alors, parlez- en à vos grands parents et tous à la marche! 

Source

Effect of Structured Physical Activity on Prevention of Major Mobility Disability in Older Adults. The LIFE Study Randomized Clinical TrialFREEONLINE FIRST
Marco Pahor, MD1; Jack M. Guralnik, MD, PHD1,2; Walter T. Ambrosius, PhD3; Steven Blair, PED4; Denise E. Bonds, MD5; Timothy S. Church, MD, PhD, MPH6; Mark A. Espeland, PhD3; Roger A. Fielding, PhD7; Thomas M. Gill, MD8; Erik J. Groessl, PhD9,10; Abby C. King, PhD11; Stephen B. Kritchevsky, PhD3; Todd M. Manini, PhD1; Mary M. McDermott, MD12; Michael E. Miller, PhD3; Anne B. Newman, MD, MPH13; W Jack Rejeski, PhD3; Kaycee M. Sink, MD, MAS3; Jeff D. Williamson, MD, MHS3 ; for the LIFE study investigators
JAMA. Published online May 27, 2014. doi:10.1001/jama.2014.5616

Crédit Photo Creative Commons by  cfrancken

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