L’épidémie d’obésité a surtout pour cause l’absence d’activité physique

Capture d’écran 2014-07-08 à 16.50.50

C’est surtout la sédentarité, bien moins que les apports caloriques, qui serait en cause dans l’épidémie d’obésité enregistrée aux Etats-Unis au cours des 20 dernières années, selon une étude publiée dans la revue The American Journal of Medicine.

En effet, cette étude met en corrélation une très forte diminution de l’exercice physique au cours de ces 20 dernières années avec un accroissement important de l’Indice de masse corporelle (IMC) des américains et cela pour un apport calorique restant globalement stable. Pour maintenir un IMC constant, les américains auraient donc du décroitre leur apports caloriques afin de compenser cette diminution d’activité physique, chose qu’ils n’ont pas fait, d’où prise de poids.

Cette réduction de l’activité physique est particulièrement importante chez les femmes et encore plus chez les femmes afro-américaines et mexicaines, deux ethnies frappées de plein fouet par cette épidémie d’obésité : 70% d’entre elles ne font jamais la moindre activité physique.

Les scientifiques de Stanford ont analysé les données de la NHANES des 20 dernières années : sur cette période, les femmes rapportant une absence totale d’activité physique est passé de 19% dans les années 1990 à 52% en 2010. 11% des hommes rapportaient une absence totale d’activité physique au cours de ces années 1990, ils sont 43% en 2010. Sur cette période, l’IMC moyen a augmenté et de manière logique la plus importante augmentation d’indice de masse corporel touche les femmes de 18-39 ans, celles-là mêmes dont une sur deux ne fait jamais aucun exercice physique.

Les chercheurs constatent sur ces 20 dernières années que l’apport calorique moyen n’a pas évolué, que ce soit en sucres, en lipides ou en protéines. Les chercheurs ont en particulier examiné l’évolution de l’obésité androïde (obésité abdominale) caractérisée par un abdomen opulent et évalué par le tour de taille : une obésité abdominale se caractérise par un tour de taille supérieur à 88 centimètres pour les femmes et 102 centimètres chez les hommes. La moyenne du tour de taille des américains s’est accru annuellement de 0,37% chez les femmes et de 0,27% chez les hommes. L’obésité abdominale est un facteur de risque de mortalité précoce et les femmes sont dorénavant bien plus touchées que les hommes.

Cette étude ne disculpe pas les industriels de l’alimentation de leur implication dans la genèse de l’obésité et des maladies cardiovasculaires en mettant sur le marché des produits trop salés, trop sucrés et trop gras. Et si les apports caloriques d’un américain restent parmi les plus élevés de la planète, l’épidémie d’obésité ne sera pas vaincue en réduisant de quelques pourcent ces apports mais seulement en reconquérant un temps d’activité physique indispensable, ceci est particulièrement vrai pour la femme dans cette étude, qui peut très certainement s’appliquer aux autres pays industrialisés.

Sources

Move More, Eat Less:It’s Time for Americans to Get Serious about Exercise
Pamela Powers Hannley
The American Journal of Medicine, 2014; DOI: 10.1016/j.amjmed.2014.05.026

Obesity, Abdominal Obesity, Physical Activity, and Caloric Intake in U.S. Adults: 1988-2010.
Uri Ladabaum, Ajitha Mannalithara, Parvathi A. Myer, Gurkirpal Singh.
The American Journal of Medicine, 2014; DOI: 10.1016/j.amjmed.2014.02.026

Crédit Photo Creative Commons

One thought on “L’épidémie d’obésité a surtout pour cause l’absence d’activité physique

  1. Je confirme vos dits, les apports caloriques et l’absence des activités sportives induit à l’obésité et donc à certaines maladies graves ! Y en a qui arrivent à gérer cela en faisant des régimes intensifs et du sport régulièrement sinon s’ils n’y arrivent pas ils songent vers la chirurgie esthétique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *